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Qu’y a-t-il de commun entre Calais et Notre-Dame-des-Landes ? Au moins l’expulsion annoncée pour l’automne, dans un cas du plus grand bidonville de France, dans l’autre de la Zone À Défendre emblématique d’une lutte écologique de longue durée, ce dans un contexte de pré-campagne présidentielle.

Dans un moment où plus encore tout choix politique est affaire de communication, le choix est fait d’envoyer ces deux « signaux forts » à « l’opinion publique » (visiblement la seule légitime est celle que fascine l’usage de la force), liquider avant l’élection des symboles de ce qui résiste.

Un symbole de la réalité du mouvement social qui résiste aux intérêts financiers et politiques mêlés. Un symbole de la réalité des mouvements migratoires qui résiste aux entraves que veulent y mettre les États.

Côté campagne, Nicolas Sarkozy sera à Calais demain 21 septembre, François Hollande lundi prochain 26 septembre. Étrange visites jumelles des deux politiciens sur le lieu de leur échec – Calais est minée par le chômage, la pauvreté et le mal-logement – et de leur réussite – détourner l’attention, faire croire que le problème, c’est « les migrants ».

Visites alors que l’opposition de droite appelle les maires à s’opposer à la création de centres d’hébergement pour les expulsé-e-s de Calais à travers toute la France, qu’elle qualifie de « mini-Calais », tandis que le gouvernement prépare le déplacement forcé de milliers de personnes, chose peu courante en temps de paix (la France n’a sans doute pas pratiqué de tels déplacements depuis la fin de la guerre d’Algérie, et en métropole depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale), et cherche à le faire passer pour une opération humanitaire.

Si « mini-Calais » il y aura bien dans toute la France, ce n’est pas à cause des lieux d’hébergements, mais des contrôles au faciès et des arrestations dans les gares et les nœuds de communication pour empêcher les personnes expulsées, dont le projet sera toujours d’aller au Royaume-uni, de revenir à Calais.

Pour empêcher que l’échec de l’opération, sensible en cette période pré-électorale, n’éclate au grand jour, le gouvernement n’aura pas d’autre choix que de dilater à l’échelle du territoire national les violations des droits qui font le quotidien de Calais.

Vision de l’avenir proche : mini-Calais, maxi-karcher. Super, cette élection présidentielle.

 

homme-neandertal-prehistoireLes premiers humains habitant l’Europe sont les hommes et les femmes de néandertal. Toutes les autres personnes arrivées depuis sont migrantes. Ça n’a rien de dépréciatif, il s’agit juste de choisir le passé ou l’avenir.