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Depuis le mois de février, Calais vit dans un état d’exception – ou encore plus d’exception qu’avant, la violence de l’État ayant déjà bien fait reculer l’État de droit. Toute manifestation critique par rapport à la politique migratoire du gouvernement est interdite au nom de l’état d’urgence (voir par exemple ici, ici et ).

La manifestation organisée par différents collectifs, dont la Coordination Internationale des Sans-Papiers et Migrants (CISPM), le 1er octobre à Calais n’a pas fait exception (voir ici, ici et ).

Refusant cette abolition de fait de la démocratie, la CISPM appelle à un rassemblement vendredi 14 octobre à 16h, place d’Armes à Calais.

Le rassemblement a fait l’objet d’un arrêté d’interdiction, que les organisateur-trice-s ont contesté devant le tribunal administratif, qui rendra sa décision ce soir ou demain matin. Dans l’attente, la CISPM annonce le maintien du rassemblement.

 

Voici l’appel qui a été publié :

https://www.facebook.com/events/547048075478450/

« APPEL A RASSEMBLEMENT


LE 14 OCTOBRE 2016 à 16h, PLACE D’ARMES à CALAIS

La CISPM (Coalition internationale des Sans Papiers et Migrants) lance un appel à rassemblement Place d’Armes à Calais le 14 octobre 2016 à 16h à tous les habitants présents à Calais ainsi qu’à toutes les forces sociales, pour dénoncer :

* l’isolement social et économique des populations du Calaisis, y compris pour ceux qui sont contraints par les institutions de l’Etat à vivre dans « la jungle », à savoir les migrants ;

* des mesures qui ont pour finalité de nous entrainer dans une guerre entre pauvres de toutes origines culturelles mais ayant les mêmes besoins (santé, éducation, logement, alimentation saine, transports, environnement, …) et imposées par les choix politiques cyniques de la Troïka (CE, FMI et BCE) à l’ensemble des peuples vivant en Europe ;

* la politique du « diviser pour mieux régner » sur le dos des migrants, utilisée par les hommes politiques à des fins uniquement électoralistes, sans aucun souci des conséquences à long terme que cela va causer dans la société et par les clivages haineux créés entre les populations. Il en va de l’avenir de nos propres enfants et des générations futures.

Nous voulons :

* qu’une solution pérenne d’accueil, en France ou en Angleterre, soit offerte aux migrants de Calais mais aussi de Paris, comme partout ailleurs en France, et également pour ceux de Vintimille,

* que leurs dossiers soient traités humainement avant que la jungle ne soit rasée,

* que le démantèlement devant débuter le 17 octobre, se passe en toute transparence, sans expulsions et sans violence : ces femmes, ces hommes et ces nombreux mineurs en ont suffisamment subis avant et pendant leur parcours migratoire, y compris à Calais. A 55 ans d’écart, un « remake » du 17 octobre 1961 ne doit en aucun cas se produire.

Nous continuerons la lutte contre les politiques anti-migrants et antisociales menées en France et partout en Europe et plus que jamais déterminés, en lien avec tous les forces sociales animées par les valeurs de solidarité et de justice sociale, pour la liberté de circulation et d’installation de tous partout, comme alternative aux dispositifs répressifs et politiques d’austérité antisociales et contre une Europe des murs, des barbelés et des exclusions en tout genre. »

 

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