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Au moment où la préfète du Pas-de-Calais annonce à BFMTV qu’il n’y a plus personne dans le bidonville, plusieurs centaines de personnes au moins y sont encore. De nombreux SMS on circulé dans la nuit et la matinée disant que ce sont des « Blancs » (comprendre des Européens) qui ont allumé les incendies qui se multiplient, mettant dans cette période de tension les militant-e-s qui sont resté-e-s sur place en danger. Beaucoup ont donc quitté les lieux dans la matinée, ce qui correspond à l’objectif des autorités : pas de témoins. De même, annoncer que le bidonville est vide, c’est dire aux journalistes « vous pouvez partir, il n’y a plus rien à voir ».

Des fourgons utilisés pour les arrestations ont été vus roulant dans la direction du bidonville. L’expulsion musclée commence donc, les regards extérieurs ne sont pas souhaités. Déjà hier, au moment où les journalistes ont été interdits d’entrée au bidonville, et ce matin, l’expulsion s’est faite au gaz lacrymogène. Des arrestations sont maintenant probables.

Chacun cherche à avoir des nouvelles d’ami-e-s ou de connaissances restées à l’intérieur, et l’inquiétude est grande.

Ce matin, un exilé soudanais devait être expulsé vers le Soudan à partir du centre de rétention de Metz. Il était à son 45e (et dernier selon la loi) jour de rétention. Il a été arrêté bien avant que l’expulsion du bidonville de Calais ne commence, mais c’est un signal d’alerte qu’il faut prendre en compte.

Avec la fin de l’évacuation du bidonville, peut-être aujourd’hui ou demain, commenceront sans doute les rafles dans et autour de Calais, un nombre indéterminé de personnes s’étant dispersées aux alentours.

Les choses donc ne font que commencer.

 

calaisaction1Photo Calais Action https://www.facebook.com/calaisaction/