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Les personnes présentes ont parlé d’arrestation : les mineurs qui ont dormi devant le camp de container, à côté du bidonville, dans le bidonville lui-même et dans les cabanes de l’École Laïque du Chemin des Dunes, qui a survécu à la destruction de la partie sud bidonville, ont été emmenés ce matin de gré ou de force par la police, comme le montre cette vidéo de Help Refugees :

 

Il semble qu’ils soient envoyés dans les CAOMIE, les Centres d’Accueil et d’Orientation (voir ici, ici, ici et ) pour les Mineurs Isolés Étrangers, un peu partout en France.

Alors, c’est bien, sauf la manière dont ils ont été embarqués, sauf que… sauf que au départ les mineurs devaient être répartis entre ceux qui disent avoir de la famille au Royaume-uni, hébergés dans le camp de containers (et pas dormant devant) dans l’attente du traitement de leur demande de réunification familiale par les autorités britanniques, et les autres, envoyés dans les CAOMIE.

Ni le camp de containers ni les CAOMIE ne sont des structures habilitées à recevoir des mineurs, et tout cela se passe dans la plus grande illégalité. Mais au moins il y avait un semblant de cohérence. Là on remplit les containers, puis on expédie les autres mineurs dans des centres partout en France, sans aucune information quant à la suite.

Ce matin, les choses ont l’air chaotiques. Des pelleteuses détruisent les abris. Des personnes attendent à l’extérieur de partir en CAO, la fatigue et le désespoir au visage. Un groupe de mineurs circule à bicyclette, l’air à la rigolade. D’autres cherchent où aller dans la grande friche qu’est devenue l’ancienne zone sud du bidonville. D’autres arrivent avec leur bagage, de Paris ou d’ailleurs.

Au moment où la police a raflé les mineurs qui dormaient à l’École Laïque du Chemin des Dunes, deux bénévoles qui étaient présents ont aussi été arrêté-e-s. Un peu plus tard dans la matinée, un point presse a eu lieu près du bidonville, notamment sur le thème de l’interdiction d’accès au périmètre des opérations. Plusieurs personnes ont essayé d’entrer dans le périmètre, trois ont été arrêtées.

Ce matin également, la police a informé les quelques centaines de personnes qui ont dormi dans le bidonville qu’elles avaient le choix entre partir en CAO et être arrêtées et envoyées en rétention. Un groupe a déjà été transféré du centre de rétention de Coquelles vers celui de Strasbourg, et un autre envoyé directement vers celui de Vincennes.

Les arrestations ont également commencé en ville.

 

coquellesCoquelles, sa zone commerciale, son commissariat de la police aux frontières, sa salle de tribunal pour les audiences liées au centre de rétention, son centre de rétention, ses grilles autour du périmètre du tunnel.