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La question s’est posée dès que la création d’un centre de jour sur le site du centre de loisir Jules Ferry a été annoncée, et plus encore quand il a été question de concentrer les exilé-e-s sur le terrain voisin : pourquoi à cet endroit ? Si près d’un lieu de passage, le port, juste sous la rocade y conduisant, qui plus est à une époque où plusieurs fois par semaine avaient lieu de bouchons de camions remontant sur plusieurs kilomètres sur la rocade.

Pour le centre Jules Ferry, la réponse a été vite trouvée : la mairie souhaitait déménager le centre de loisir, les associations qui l’utilisaient ne le voulaient pas. À l’occasion des tractations pour installer les exilé-e-s sur le site, la municipalité a négocié un financement de l’État pour construire un nouveau centre de loisir à l’autre bout de la ville.

Pour le terrain, un article de La Voix du Nord pose la question suite à une déclaration de la maire de Calais : il existait depuis longtemps un projet d’extension non réalisé de la Zone industrielle des Dunes, non réalisé, et le site avait entre temps été classé Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF). On installe quelques milliers de personnes, puis on nivelle tout au bulldozer, l’intérêt écologique, faunistique et floristique disparaît, et on a un terrain prêt à aménager.

http://www.lavoixdunord.fr/68994/article/2016-11-03/une-zone-d-activite-economique-la-place-de-l-ex-jungle

Les choses doivent toutefois être prises avec prudence. La maire de Calais aime se mettre en scène comme luttant contre les entraves à la prospérité de la ville, dont feraient partie les « migrants », semblant oublier le contexte général de crise économique et la tendance lourde de la désindustrialisation. Elle n’est pas avare non plus de projet mirobolants dont la concrétisation est souvent hasardeuse.

L’argument d’un projet immobilier ou économique a d’autre part souvent été utilisé pour justifier la destruction de squats ou de campements. Comme par exemple la « Jungle des Afghans » en 2009, située à l’intérieur de la zone industrielle des Dunes : moins de 10% du terrain est aujourd’hui occupé par une entreprise. Et les exemples sont multiples de destructions laissant la place à des terrains vagues pendant plusieurs années.

Mais rien n’exclut en effet que les habitant-e-s du plus grand bidonville de France aient simplement été les jouets d’enjeux fonciers.

 

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