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Dans l’ombre de la destruction du bidonville de Calais ont aussi eu lieu des changements à une quarantaine de kilomètres de là, dans le Dunkerquois. Ils sont dans la droite ligne de ceux imposés par l’État lorsqu’à la fin du mois de mai il a décidé de financer le fonctionnement du camp de réfugiés de Grande-Synthe et d’en fixer les règles (voir ici et ).

Le camp avec alors été officiellement fermé aux nouveaux et nouvelles arrivant-e-s, à l’exception plus ou moins des personnes considérées comme vulnérables. Dans les faits, les nouvelles personnes arrivaient à entrer dans le camp et à s’y installer, et la population a même augmenté. Un système pervers s’est mis en place dans lequel l’association missionnée par l’État ne gérant pas les nouvelles arrivées ce sont les passeurs qui le faisaient.

Ce système a fonctionné pendant plusieurs mois, avec le démontage d’abris lorsque les occupant-e-s enregistré-e-s auprès de l’association gestionnaire étaient parti-e-s, et des conditions de plus en plus précaires comme de nouvelles personnes s’installaient en fait.

Au début du mois d’octobre, le camp a été fermé y compris aux personnes vulnérables, la présence policière augmentée, la clôture par des grilles décidée. L’objectif est de faire baisser la population à 300 personnes d’ici la fin de l’année, et probablement de fermer rapidement le camp. N’ayant pas pu empêcher la création de ce camp de réfugiés par Médecins Sans Frontières et la commune de Grande-Synthe, le gouvernement aura choisi de l’étouffer. Et de favoriser la réapparition de campements précaires dans le Dunkerquois.

 

Vous pouvez lire le communiqué de Médecins Sans Frontières ici :

http://www.msf.fr/presse/communiques/msf-denonce-disparition-annoncee-camp-grande-synthe

et le communiqué inter-associatif :

« GRANDE-SYNTHE : LE DEMANTELEMENT QUI NE DIT PAS SON NOM

Le 7 mars 2016 ouvrait à Grande-Synthe le premier camp en France dédié à l’accueil digne des exilé.e.s. L’ouverture de ce camp semblait constituer un pas significatif vers l’élaboration d’une politique d’accueil humaine pour ces personnes victimes de multiples violences et traumatismes dans leur pays d’origine et au cours de leur parcours migratoire.

Au cours de ces derniers mois, les associations actives sur ce camp constatent cependant que les principes d’accueil inconditionnel et de libre circulation posés lors de l’ouverture ne sont plus respectés et que les conditions d’accueil n’ont fait que se dégrader. Depuis trois mois, les hommes seuls arrivant à Grande-Synthe ne sont plus accueillis sur le camp, sans qu’il ne leur soit proposé de solution alternative. Depuis une semaine, nous sommes témoins d’un refus d’accueillir toute personne, y compris les femmes et les enfants, qui recherchent un abri à Grande-Synthe où il reste de la capacité d’accueil, toujours sans qu’il ne leur soit proposé aucune autre solution d’hébergement. Ce refus de nouvelles arrivées est reconnu par la mairie de Grande-Synthe. Les dispositifs évoqués par les autorités comme des solutions possibles sont saturés : qu’il s’agisse du dispositif du 115 ou des Centres d’Accueil et d’Orientation, aucune prise en charge n’est possible dans l’urgence.

Laisser ces familles sans aucune solution d’hébergement constitue une mise en danger de personnes objectivement vulnérables : femmes, enfants, nourrissons. Cette situation apporte une nouvelle fois la preuve de l’incapacité de l’Etat français à prendre ses responsabilités vis-à-vis des personnes exilées, y compris de celles en situation d’extrême vulnérabilité.

La situation à Grande-Synthe est une situation d’urgence humanitaire qui doit être prise en charge comme telle par l’Etat français. Nous dénonçons la politique actuelle mise en place par l’Etat sur l’ensemble du littoral Nord et dont l’objectif est de démanteler des camps sans qu’il ne soit proposé de solution alternative adaptée à leur projet migratoire. Nous refusons que les exilé.e.s paient le prix du calendrier électoral français.

SIGNATAIRES : Médecins du Monde Hauts-de-France, UNICEF France, Utopia 56, Auberge des Migrants, Terre d’Errance, ECNou, ADRA Dunkerque, ACCMV, SWK – Verein für eine Schonere Willkommenskultur, MRAP – Littoral Dunkerquois, Association Apprentissage des Adultes (Dunkirk Adult Learning), Elise Care, Cabane Juridique, Réveil Voyageur, Life For Gaza, Charity Refugees, UFAL Lille CCFD Terre Solidaire – Diocèse de Lille, Fraternité Migrants Bassin Minier 62 »

 

gilbert-garcin-les-bienfaits-de-l-ignoGilbert Garcin : Les Bienfaits de l’ignorance.