Étiquettes

, , , , ,

Caen, ville de cent mille habitant-e-s, deux cents mille pour l’agglomération, chef-lieu de la région Normandie, une ville française comme beaucoup d’autres, où des personnes demandent l’asile, où des personnes mineures isolées devraient accéder à une protection, et où elles sont confrontées aux politiques de non-accueil.

Ville située aussi à quinze kilomètres, trois heures de marche, de Ouistreham, port ferry, trois liaisons quotidiennes vers Portsmouth au Royaume-uni, et donc lieu de passage pour les personnes qui s’y rendent en se cachant dans des camions qui embarquent sur les ferries.

Volonté d’éloigner les exilé-e-s de Calais, Paris et Grande-Synthe, près de Dunkerque, destruction du bidonville de Calais, expulsions de campements et création d’un centre de tri et d’orientation à Paris, il y aussi à Caen des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO – voir ici, ici, ici et ).

Si les délais d’enregistrement de la demande d’asile sont loin d’être les pires de la politique française de non-accueil – une dizaine de jours, ce qui permettrait à la préfecture de respecter la loi s’il y avait un afflux exceptionnel de demandes, ce qui n’est pas le cas et la loi dit bien trois jours maximum – l’hébergement, qui fait partie des obligations de l’État reste problématique.

D’où l’existence de cinq squats où habitent principalement des personnes en demande d’asile, mais aussi des personnes essayant de passer au Royaume-uni. Une importante implication bénévole fait que les conditions y sont moins indignes qu’ailleurs. Mais tout cela reste précaire, des jugements d’expulsion ont déjà été prononcés contre deux des squats, qui sont donc expulsables à tout moment, tandis qu’un autre est en cours de procédure. L’eau et l’électricité ne tiennent aussi qu’à un fil.

La situation dans les CAO est très contrastée. L’un pour les familles est ouvert et le personnel disponible pour résoudre les difficultés que rencontrent les personnes accueillies. L’autre accueillant des hommes seuls est complètement chapeauté par la préfecture et opaque. Sur quatre-vingts personnes accueillies, trente sont parties. Les autres CAO des environs, gérés par l’ADOMA (ex-SONACOTRA) sont fermés et opaques.

Pour ce qui est de la question litigieuse de l’application du règlement Dublin III aux personnes en CAO (voir ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et ), à l’exception d’une famille la procédure qui prévoit le renvoi dans le pays responsable de l’examen de la demande d’asile et qui est généralement le pays d’entrée dans l’Union européenne (Bulgarie, Hongrie, Italie…) est appliquée. De manière générale sans assignation à résidence ni placement en rétention, les personnes concernées ayant le bon goût de disparaître.

Le dispositif géré par France Terre d’Asile pour tenir les mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s à l’écart de leurs droits est particulièrement efficace, au point que Médecin du Monde, dont la logique d’intervention est pourtant de ne pas se substituer aux dispositifs de droit commun, en fait sont principal sujet d’intervention à Caen, à l’échelle d’une centaine de mineur-e-s concerné-e-s.

http://www.medecinsdumonde.org/fr/contact/normandie-0

 

britsoldiercaenCaen, 10 juillet 1944.

Advertisements