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Un groupe d’une huitaine d’Afghans tourne au coin du boulevard. Le plus vieux peut avoir dans les dix-huit ans, les autres semblent la quinzaine ou moins, difficile à dire, la route carre les statures et burines précocément les visages.

Parmi les exilé-e-s qui arrivent à Calais, ou qui reviennent après la destruction du bidonville, les mineur-e-s sont nombreux-ses. La police les contrôle et ne sait pas trop bien quoi en faire. Parfois, l’un atterrit au centre de rétention, pour être libéré par le juge, puisque tout-e mineur-e est en situation régulière sur le territoire. Parfois la police contacte l’Aide Sociale à l’Enfance, qui apprécie peu et incite la police à faire un tri au faciès entre « vrai-e-s » et « faux et fausses » mineur-e-s, en toute illégalité. France Terre d’Asile, missionnée par le département pour l’accueil des mineur-e-s isolé-e-s étranger-ère-s, est le plus souvent aux abonnés absents, plus de place, parfois plus d’équipe de maraude.

Bref, c’est grâce à la solidarité des association et des Calaisien-ne-s qui beaucoup de mineur-e-s ne dorment pas à la rue. Mais on ne peut pas trouver tout le monde quand tout le monde se cache, et puis beaucoup tentent le passage pendant la nuit.

Alors il y en a qui dorment autour de l’accueil de jour du Secours catholique, situé à l’écart de la ville – cette position extra-muros était une exigence de la municipalité pour cesser sa guérilla juridique contre l’ouverture d’un accueil de jour pour les exilé-e-s. Et parmi ces personnes qui dorment là une majorité sont mineures.

Comme le terrain est municipal, la municipalité porte plainte contre les « squatteurs ». Histoire de montrer qu’il ne fait pas bon être à la rue à Calais, surtout quand on est mineur.

https://francais.rt.com/france/33717-calais-mairie-soupconne-migrants-organiser-squat-et-porte-plainte-contre-x

http://www.secours-catholique.org/actualites/mineurs-en-danger-la-solidarite-bafouee

 

belle-ile_153La colonie pénitentiaire pour enfants de Belle-Île, dont la révolte en 1934 avait inspiré le poème de Prévert « La Chasse aux enfants ». Une battue avait été organisée pour rattraper les enfants évadés mais bloqués dans l’île, avec une prime pour chaque enfant attrapé.

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