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Il y a eu, tant pour la maire de Calais que pour les représentant-e-s de l’État, les No Border, présentés comme de dangereux activistes d’ultragauche semant le désordre et la désolation par tout le Calaisis (voir ici, ici, ici ou ), argument utilisé comme justification à des arrêtés préfectoraux pris au nom de l’état d’urgence (relire à ce titre les considérant de l’arrêté instituant « une zone de protection » en vue de la destruction du bidonville de Calais, véritable morceau d’anthologie). Le ridicule ne tuant pas cet épouvantail semblait pouvoir durer toujours, mais l’absence de concrétisation de cette terrible menace devait commencer à devenir gênante.

Alors, la municipalité s’attaque maintenant au nouveau démon, le Secours catholique. Après les poursuites engagées contre les « squatteurs », principalement des mineurs, s’abritant autour de l’accueil de jour géré par cette association, On a le blocage des douches.

Le Secours catholique est propriétaire d’un hangar dans Calais, qui sert pour les distributions de vêtements et pour ses bureaux. Mercredi 8 février, l’association se fait livrer deux modulaires de quatre douches chacun et un pour l’accueil, pour les personnes à la rue, dans un contexte où des cas de gale ont été rencontrés. Un membre du cabinet de la maire gare sa voiture devant l’entrée, bloquant l’arrivée du dernier modulaire, puis la mairie fait installer un conteneur à ordures pour continuer à bloquer l’accès – l’accès du modulaire, mais aussi celui des secours en cas d’incendie.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/02/09/migrants-a-calais-la-municipalite-bloque-l-entree-d-un-batiment-du-secours-catholique_5077132_3224.html#

Le Secours catholique a saisi le tribunal administratif de cette voie de fait, l’audience aura lieu demain lundi 13 février à 10h au tribunal administratif de Lille.

Ce glissement n’est pas sans nous rappeler un texte connu du pasteur Martin Niemöller, qui s’était opposé à la persécution des Juifs par le régime nazi et avait été enfermé dans les camps de concentration de Sachsenhausen, puis de Dachau. Il existe plusieurs versions de ce texte, dont le sens global est le même, en voici une :

« Quand ils sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit.
je n’étais pas communiste
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit.
je n’étais pas syndicaliste
Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n’ai rien dit.
je n’étais pas juif
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n’ai rien dit.
je n’étais pas catholique
Et, puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait plus personne pour protester

Als die Nazis die Kommunisten holten,
Habe ich geschwiegen ;
Ich war ja kein kommunist.
Als sie die Sozialdemokraten einsperrten,
habe ich geschwiegen ;
ich war ja kein Sozialdemokrat.
Als sir di Juden holten,
Habe ich geschwiegen ;
Ich war ja kein Jude.
Als sie die Katholiken holten,
habe ich nicht protestiert ;
Ich war ja kein Katholik.
Als sie mich holten, gab es keinen mehr,
der protestieren konnte. »

 

duerer_-_ritter_tod_und_teufel_der_reutherAlbrecht Dürer : La chevalier, la mort et le diable.

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