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L’autocar qui fait la liaison entre la ville portuaire de Roscoff et la gare de Morlaix fait halte devant la gare de Saint-Pol-de-Léon. Sur le parking, deux voitures de gendarmerie mobile sont garées. Les gendarmes procèdent à un contrôle d’identité dans l’autocar avant de faire ouvrir la soute à bagage. Commentaire d’un passager : « C’est des mobiles, c’est pour les migrants. C’est notre époque. » Les gendarmes repartis, le chauffeur fait remarquer que ces contrôles d’identité sont fréquents, mais que c’est la première fois qu’on lui fait ouvrir les soutes.

https://goo.gl/maps/WbgubsYPdN72

Là comme ailleurs, les contrôles ont été renforcés depuis la destruction du bidonville de Calais. Une unité de renfort de gendarmerie mobile est venue s’installer à Roscoff, à l’hôtel, la générosité des contribuables étant infinie. Contrôles dans le port, contrôles autour du port, avec des fourgons de gendarmerie sur les hauteurs lors de l’embarquement des ferries, contrôles dans les transports comme nous venons de le voir.

Il y a en effet des liaisons ferry de Roscoff vers le Royaume-uni (Plymouth) et vers l’Irlande (Cork et Rosslare). En basse saison, trois liaisons par semaine vers le Royaume-uni, en haute saison deux par jour, donc beaucoup moins d’opportunités de passage que par exemple Calais, avec une traversée toutes les 20 minutes. Un lieu de passage occasionnel depuis longtemps, mais qui est devenu plus attractif avec l’augmentation du nombre d’exilé-e-s bloqué-e-s à la frontière britannique en 2014, des personnes s’y installant avec la destruction de la partie sud du bidonville de Calais en mars 2016.

L’histoire de la solidarité rappelle des choses qui se sont aussi passées dans le Nord – Pas-de-Calais. Un jour, un membre du Collectif de solidarité avec les migrants de Morlaix, qui habite Roscoff, voit une fumée qui sort d’un bâtiment abandonné. Le lendemain, des membres du collectif viennent voir, et découvrent un groupe d’exilés qui se sont installés là, dans un dénuement complet. Le collectif les soutiendra jusqu’à l’évacuation de ce squat en décembre dernier. Un hébergement solidaire est mis en place dès le mois de juin par une communauté religieuse.

Aujourd’hui, visibles ne restent plus que quelques personnes ayant entamé des démarches pour demander l’asile. Invisibles on ne sait pas, mais à la morte-saison, les opportunités de passage sont rares.

 

the-pointe-de-per-kiridec-at-roscoff-jpglargeThéo van Rysselberghe : La pointe de Per Kiridec, Roscoff.

 

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