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Les différences d’attitudes entre les préfectures, le caractère individualisé des procédures, la difficulté de certains acteurs humanitaires à considérer les exilé-e-s comme des sujets politiques porteur-se-s de revendications, rendent peu visibles l’effervescence qui se poursuit atour des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO – voir ici, ici, ici et ) où ont été envoyé-e-s notamment les expulsé-e-s du bidonville de Calais et des campements parisiens, et autour de l’application du règlement européen Dublin III (voir ici, ici, ici, ici, ici et ).

À la « promesse de Cazeneuve », d’abord de ne pas placer les expulsé-e-s du bidonville de Calais en procédure Dublin, qui prévoit l’expulsion vers un autre pays européen lorsque celui-ci est responsable de la demande d’asile selon le règlement Dublin III, puis de ne pas utiliser la contrainte pour expulser, a succédé la « promesse de Leroux » de ne pas user de contrainte. Celle-ci a été suivie d’attitudes contrastées des préfectures, certaines renonçant à la procédure Dublin, d’autres multipliant au contraire les assignations à résidence pour préparer les expulsions. S’ajoutent dans certains centres des pressions psychologiques du personnel pour décourager toute forme de résistance collective de la part des personnes hébergées.

La situation dans les CAO a fait ressortir plus largement la question de ce règlement Dublin III, qui a généralement pour effet de permettre l’expulsion vers les pays d’entrée dans l’Union européenne (Hongrie, Bulgarie, Italie, la reprise des expulsions vers la Grèce est prévue pour le 15 mars) qui ne respectent pas les droits des demandeur-se-s d’asile et réfugié-e-s.

 

À titre d’exemples, voici une pétition de soutien à un exilé afghan qui risque d’être expulsé en Bulgarie, et que nous vous invitons à signer :

https://www.change.org/p/michel-lalande-non-au-renvoi-de-zafar-khan-en-bulgarie

 

Ou cet appel à un rassemblement de soutien qui nous vient de l’Ardèche :

 

« Trois jeunes soudanais résidents à Lamastre menacés d’expulsion

 

Appel à rassemblement de soutien mardi 7 Mars de 9h à 11h devant la préfecture de Privas

 

Mardi 7 Mars au matin, Adam, Mohammed et Taher, trois jeunes adultes d’origine soudanaise sont convoqués par la préfecture, qui leur délivrera lors de ces entretiens les notifications de transfert ouvrant la possibilité de leurs reconduites en Italie, pays où ils ont déposés leurs empreintes, et qui est donc d’après le règlement Dublin III le pays responsable de leurs demandes d’asiles.

Il n’y a pas vraiment de recours à envisager, même si la loi le permet. En effet, l’Italie est considérée comme un « pays sur » pour les demandeurs d’asile, et ils n’ont en France aucune famille. Dans ces conditions, un recours en justice risquerait d’être une préjudiciable perte de temps pour eux.

Ils ne veulent pas retourner en Italie, où les conditions matérielles d’accueil, quoi qu’en dise le gouvernement et l’Europe, étaient exécrables. Ils ont pris le risque de passer en France, où ils ont pu trouver un peu de répit, d’abord dans le nord, et maintenant ici en Ardèche. Ils commencent à souffler un peu, à apprendre le Français, à se faire des ami.e.s… Dans ce contexte, il serait catastrophique pour eux d’être envoyé en Italie, où ils ne connaissent personne, ne parle pas la langue, n’ont nul part où aller, et où l’afflux de demandeurs rend très improbable leur possibilités réelles de demander l’asile dans de bonnes conditions. Ils ont besoin de se reconstruire, et pour cela ont besoin de stabilité, pas d’être renvoyés d’un pays à l’autre comme des balles sur un cours de tennis.

Nous appelons donc à venir le plus nombreux.ses possible devant la préfecture le 7 Mars à 9h, afin de faire savoir aux services de l’État qu’ils ne sont pas seul, et que si expulsion du territoire français il doit y avoir, elle ne se fera pas en silence.

Le comité de soutien d’Adam, Mohammed et Taher… et des autres »

 

tahitian-mountains-1893Paul Gauguin : Paysage tahitien.

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