Étiquettes

, ,

Pour les personnes qui ont connu Calais avant la création du bidonville sous la pression des pouvoirs publics en mars – avril 2015, la scène a un air familier. Le quai de chargement des camions, abrité par un auvent, du hangar Paul Dévot a été l’un des lieux de distributions de repas jusqu’à ce que les pouvoirs publics concèdent un lieu aménagé rue de Moscou, en 2009. Puis à nouveau de manière occasionnelle après l’évacuation du lieu aménagé pour la distribution des repas occupé par les exilés le 2 juillet 2014. L’autre lieu de distribution était un terrain vague quai de la Moselle, qui n’est plus praticable puisqu’un bâtiment y est en cours de construction.

C’est au hangar Paul Dévot que les associations ont décidé d’organiser la distribution de repas hier soir, en réponse aux arrêtés municipaux les interdisant dans différents secteurs de la ville. Des personnes de tous les horizons de la solidarité avec les exilé-e-s sont venues, au-delà des divergences qui ont été fortes ces deux dernières années, dans une unité au moins provisoirement retrouvée.

À des personnes plus anciennes à Calais, la situation rappelle sans doute la période qui a suivi la fermeture du Centre de Sangatte à l’automne 2002, quand il a fallu remettre en place sous le harcèlement de la police une solidarité répondant aux besoins de base, manger, se laver, se vêtir. À défaut d’avoir ne serait-ce qu’un abri, à défaut de pouvoir accéder à ses droits fondamentaux.

 

Salomon Koninck : Philosophe au livre ouvert.

Advertisements