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Face aux arrêtés pris par la mairie de Calais pour interdire les distributions de repas aux exilé-e-s à la périphérie de Calais, des distributions de nourritures avaient commencé ce lundi à l’extérieur du hangar Paul Dévot, près du centre de Calais (voir ici et ). Par ailleurs un recours en référé (procédure d’urgence) a été déposé lundi soir et doit être audiencé demain jeudi au tribunal administratif de Lille.

Les distributions de lundi et d’hier mardi soir se sont bien passées, sous l’œil plus inquisiteur le premier jour, plus distant le second, d’un fourgon de CRS et d’une voiture de la police municipale.

Ce soir, le hangar Paul Dévot était entouré de fourgons de CRS et de voitures de police, des personnes des associations qui s’approchaient ont été contrôlées, la distribution n’a pas pu y avoir lieu, il y avait ont dit les policiers une réquisition du procureur (donc en principe pour des contrôles d’identité, et on serait intéressé pour la voir et savoir comment le procureur motive des contrôles d’identité qui visent à empêcher que des gens mangent).

La distribution a eu lieu un peu plus loin, devant l’ancien Bureau Calaisien de la Main d’Œuvre, qui était aussi le lieu de mise à l’abri des exilé-e-s dans le cadre du plan grand froid entre 2007 et 2014, et que la mairie de Calais aujourd’hui laisse à l’abandon comme de nombreux bâtiments dont elle est propriétaire.

En fin de distribution, des fourgons de CRS se déploient et un contrôle d’identité est annoncé au mégaphone (sur quelle base légale ?) Deux exilés ne s’enfuient pas, un mineur, et un adulte qui a le bras en écharpe et ne peut pas courir. Tous deux sont embarqués par la BAC (Brigade Anti-Criminalité – il est donc criminel de manger). Et les bénévoles sont contrôlé-e-s avant d’être laissé-e-s libres d’aller et de venir.

C’est ainsi qu’il en va à Calais, de Calais à la Roya via Paris, tout au long du corridor d’inhospitalité d’État qui va de la frontière italienne à la frontière britannique – et après sur tout le territoire ?

En tout cas, toujours nous serons là.

 

Paul Signac : Petit déjeuner.

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