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Fahrad, qui devait d’être expulsé lundi dernier pour la Norvège dans le cadre du règlement Dublin III qui a pour fonction de déterminer le pays européen responsable d’une demande d’asile, et risquait de là d’être expulsé vers l’Afghanistan, a refusé d’embarquer. Une centaine de personnes s’étaient mobilisées à l’aéroport contre son expulsion. Il n’a donc pas été expulsé, mais il est toujours enfermé au centre de rétention du Mesnil-Amelot, juste au bord des pistes de l’aéroport de Roissy – Charles De Gaulle. Précisons d’autres personnes renvoyées vers la Norvège dans les mêmes circonstances y avaient été placées dans un centre pour préparer leur expulsion, sans accès à un soutien juridique indépendant, et avaient été expulsées vers l’Afghanistan en quelques jours, sans pouvoir déposer de recours. Peut-être va-t-il par contre bénéficier du récent arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne déclarant illégal au vu du règlement Dublin III le placement en rétention de demandeur-se-s d’asile sans motivation précise (voir ici et ).

Mohammed Moussa, qui était lui aussi enfermé au centre de rétention du Mesnil Amelot, a lui été expulsé vers le Soudan hier jeudi. Selon certains témoins, il était dans un état léthargique au moment de son embarquement, ce qui signifierait que des somnifères lui auraient été administrés, empêchant toute résistance.

Ce n’est pas la seule pratique déloyale concernant son expulsion. Il avait reçu au centre de rétention la visite de personnes se présentant au nom d’une soit-disant « organisation humanitaire », et c’est suite à cette visite que l’ambassade du Soudan a délivré le laissez-passer nécessaire à son expulsion. Deux autres personnes elles aussi arrêtées à Calais et expulsées au Soudan à partir du centre de rétention de Oissel, près de Rouen (voir ici et ), avaient rencontré alors qu’elles étaient encore au commissariat de la police aux frontière à Calais des représentants d’une soit-disant « organisation humanitaire américaine ». Ceci témoigne de la collaboration étroite entre la police française et les autorités soudanaises en vue de faciliter les expulsions.

D’autres personnes sont enfermée au centre de rétention du Mesnil-Amelot en vue de leur expulsion vers l’Érythrée, l’Irak, la Somalie, ainsi que des personnes malades qui risquent d’être renvoyées dans un pays où elles n’auront pas accès au traitement dont elles ont besoin :

http://www.lacimade.org/exiles-de-pays-en-crise-ou-gravement-malades-en-instance-dexpulsion-au-mesnil-amelot/

 

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