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L’expulsion de Ahmed Ali vers le Soudan depuis Marseille via Paris est en cours. Il avait été arrêté à la gare de Marseille Saint-Charles dès son arrivée en France sans avoir le temps de demander l’asile, et a été enfermé au centre de rétention du Canet.

Il doit embarquer aujourd’hui à 12h40 de Marseille vers Paris – Charles De Gaulle, arrivée 14h10. Une mobilisation est en cours à l’aéroport de Marseille Marignane.

Il doit repartir de Paris – Charles De Gaulle vers Doha soit par le vol Qatar Aiways de 15h15 :

http://www.parisaeroport.fr/passagers/les-vols/vols-depart/D_C11?ckey=20170322CDQR%20040%20%2020170322DOH

Soit plus probablement par celui de 21h20 :

http://www.parisaeroport.fr/passagers/les-vols/vols-depart/D_C11?ckey=20170322CDQR%20038%20%2020170322DOH

Il sera ensuite transféré de Doha vers Khartoum par Qatar Airways, qui est un acteur majeur des expulsions de la France vers le Soudan en tant que transporteur de confiance.

 

Une bonne nouvelle par contre, Mohammed Yacoub, mineur qui risquait d’être expulsé vers le Soudan, a été libéré hier.

 

Voici le texte distribué à Marseille en soutien à Ahmed Ali :

« VOUS POUVEZ AGIR

CONTRE L’EXPULSION DE AHMED ALI AU SOUDAN !

Le 13 février Ahmed Ali, réfugié Soudanais, a été arrêté à la gare Saint Charles en descendant du train quelques heures à peine après son arrivée en France. Il a emprisonné au centre de rétention administrative de Marseille, avant même d’avoir pu déposer une demande d’asile. Celle-ci a été traitée de manière expéditive depuis le centre de rétention, sans assistance d’un avocat. Il s’est déjà opposé à une première tentative d’expulsion vers le Soudan. Une 2nde tentative a lieu aujourd’hui sur votre vol.

Ahmed Ali est issu d’une minorité persécutée par le régime de Khartoum et il risque la mort s’il est remis aux mains des autorités de ce pays. Le dictateur de ce pays, Omar Al Bachir, est poursuivi pour crimes contre l’humanité, génocide et crimes de guerre. Ahmed Ali a dû quitter son pays, considéré comme l’une des pires dictatures du moment, pour échapper au pire.

Le sort réservé aux personnes expulsées d’Europe à leur arrivée à l’aéroport de Khartoum est connu : elles disparaissent systématiquement dans les geôles du régime.

La France a été condamnée à plusieurs reprises par la CEDH en 2015 pour des tentatives d’expulsions similaires et elle y avait mis un terme. Mais le gouvernement a repris les expulsions vers le Soudan depuis quelques mois et a signé pour cela des accords avec le régime de Khartoum : plusieurs personnes viennent d’être expulsées de Calais, et c’est une première depuis Marseille !

La reprise et les tentatives de banalisation des expulsions vers le Soudan ne sont pas anodines : les Soudanais composent l’une des principales communautés qui demandent le plus l’Asile en France. Refuser de leur accorder la protection de l’asile, banaliser les expulsions, c’est délégitimer le principe même du droit d’asile en Europe. Il faut lever le tabou !

Ne laissez pas Ahmed Ali seul face à ses tortionnaires !

Si Ahmed Ali s’oppose physiquement à cette expulsion, il risque d’être jugé pour « refus d’obtempérer à une décision de justice ». Et condamné à la prison en France, avant une nouvelle tentative d’expulsion (double peine). Si Ahmed Ali s’incline, il va être remis aux autorités soudanaises. A la mort.

Faut-il choisir entre la prison en France ou la torture au Soudan ?

Vous pouvez agir :

Soyez solidaires en vous opposant vous-mêmes au départ de cet avion, afin de lui éviter la condamnation pour « refus d’obtempérer ». Vous pouvez refuser le décollage d’un avion qui mène quelqu’un à la torture ou au pire. Le simple fait de refuser de vous asseoir sur votre siège pourrait éviter cette expulsion.

Un ami Erythréen : «  Ils feraient mieux de nous tuer ici, directement, que de nous renvoyer là bas. » Surpris, on demande pourquoi, et l’ami répond : « Parce que là-bas, la mort, c’est certain. S’ils nous tuaient ici, au moins, les familles, elles sauraient ce qui est arrivé, elles pourraient retrouver le corps, faire le deuil. Là-bas, tu ne sauras jamais comment. » »

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