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L’instruction donnée par le ministère de l’intérieur aux préfets, qui faisait suite à des promesses verbales des ministres successifs, de ne pas placer en procédure Dublin (prévoyant le renvoi de la personne vers un autre pays européen responsable de l’examen de sa demande d’asile) les exilé-e-s emmené-e-s du bidonville de Calais vers des Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO – voir ici, ici, ici et ), est appliquée de manière variable selon les préfectures.

Certaines « dédublinent », c’est-à-dire décident que les autorités françaises vont examiner la demande d’asile de personnes qui avaient auparavant été placées en procédure Dublin. D’autres au contraire ne tiennent pas compte de l’instruction du ministère et préparent l’expulsion des demandeur-se-s d’asile en procédure Dublin vers le pays responsable de leur demande d’asile selon le règlement européen Dublin III.

La situation s’est encore compliquée : le ministère de l’intérieur a aussi donné pour consigne d’expulser les personnes en procédure Dublin qui sont dans les CAO mais ne viennent pas de Calais. Il s’agit principalement de personnes venant de Paris, et plus marginalement de Grande-Synthe, près de Dunkerque. Les CAO étant engorgés, le « camp humanitaire » de Pari s (voir ici, ici, ici et ), qui oriente principalement vers les CAO, l’est à son tour.

Témoignages de cette situation dans laquelle certaines préfectures veulent expulser tous azimuts : la lutte des associations du Gard contre les expulsions de personnes dublinées continue, avec un rassemblement quotidien devant la préfecture et un appel à des rassemblements devant la sous-préfecture :

· Tous les soirs de 18h00 à 19h00, à partir du lundi 3 avril, la banderole de la manifestation « Refugees Welcome – Stop aux expulsions » sera dressée devant la préfecture.

· Toutes les associations qui ont des locaux sont invitées également à afficher une banderole avec ce même slogan : « Refugees Welcome – Stop aux expulsions »

· Nous sollicitons les comités locaux du Gard pour rejoindre notre action en enclenchant des initiatives similaires devant les sous-préfectures du Vigan et d’Alès notamment.

Vous pouvez télécharger le communiqué inter-associatif ici.

En Moselle, le Collectif Citoyen Solidarité Migrants Languimberg appelle à se mobiliser en soutien à deux personnes qui étaient hébergées dans le CAO de ce village près de Sarrebourg, qui sont toutes deux enfermées au centre de rétention du Mesnil Amelot, près de Paris.

L’une a fait un refus d’embarquement à l’occasion d’une première tentative d’expulsion, et a un nouveau vol programmé mercredi 5 avril à 13h pour Lisbonne. Elle risque un renvoi en chaîne du Portugal vers son pays d’origine, l’Angola.

L’autre a un vol programmé mercredi 5 avril à 9h40 vers la Norvège, d’où elle risque d’être renvoyée en Afghanistan.

Il est probable que ces deux personnes soient enfermées au Mesnil-Amelot, outre la proximité de l’aéroport de Roissy – Charles-de-Gaulle, parce que les tribunaux parisiens n’ont pas encore intégré à leur jurisprudence l’avis de la Cour de Justice de l’Union Européenne qui précise que le placement en rétention des personnes en procédure Dublin est illégal au regard du droit européen dans les pays comme la France dont la législation ne définit pas les critères permettant cet enfermement.

 

Jacques Callot : Les Misères et les malheurs de la guerre – Distribution des récompenses.

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