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Dans un contexte de harcèlement policier, les lieux où on puisse se poser en étant un tant soit peu en sécurité sont importants. C’est la raison pour laquelle des militant-e-s proches du mouvement No Border avaient ouvert des squats en donnant leur identité, ce qui permettait à la fois d’entrer dans une procédure d’expulsion contradictoire et lisible en terme d’échéances, d’autre part que le lieu soit reconnu comme leur domicile et que la police n’y entre pas à toute heure du jour et de la nuit. Les exilé-e-s qui y étaient accueilli-e-s y jouissaient donc d’une certaine sécurité.

Le bidonville de Calais, où les incursions policières étaient rares, avait aussi cette dimension-là – même si d’autres violences pouvaient y avoir lieu. D’où une stratégie d’insécurisation reposant sur le contrôle des accès, plusieurs destructions partielles du bidonville (voir ici et ), des bombardements parfois quotidiens à la grenade lacrymogène (voir ici, ici, ici, ici et ).

Pendant la journée, des lieux comme l’accueil de jour du Secours catholique apportent aussi cette sécurité d’un endroit où se poser sans craindre les arrestations et les violences. Les personnes hébergées chez des particuliers, en dehors de conditions matérielles incomparablement meilleures que dormir dehors roulé-e dans une couverture, sont aussi protégées du harcèlement et de la violence.

Chaque matin, rafle dans la zone industrielle des Dunes, où des exilé-e-s dorment dans des conditions extrêmement précaires, sans tentes ni abris.

Le week-end, l’accueil de jour du Secours catholique est fermé, il n’y a pas d’autre lieu où se reposer en sécurité le matin, il y a donc plus de monde qui est encore à dormir dehors. Ce matin dimanche, effectifs policiers plus importants, pour une plus grosse rafle.

Quel beau dimanche.

 

Turner : L’Aube après le naufrage.

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