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La distribution de repas d’hier soir lundi s’était terminée par l’intervention policière quotidienne (voir ici, ici et ) entrave à l’activité humanitaire mais aussi entrave à l’application d’une décision de justice, celle du tribunal administratif de Lille suspendant les arrêtés municipaux antI-repas. Mais elle s’est aussi terminée sur des bagarres entre adolescents ayant consommé trop d’alcool. La police s’est prudemment repliée et a laissé les bénévoles et les exilés gérer la situation.

Les bagarre se sont amplifiées pendant la nuit. Les bénévoles présent-e-s, d’Utopia 56, de Salam et de la Cabane juridique, n’ont pas pu faire grand’ chose d’autre que de véhiculer les premiers blessés vers l’hôpital en attendant l’arrivée tardive des pompiers. La police est essentiellement intervenue à distance, en tirant des grenades lacrymogènes (et des grenades assourdissantes selon certains témoins).

Ces bagarres ont principalement impliqué des adolescents. Plusieurs dizaines de mineurs vivent dehors, dans des conditions extrêmement précaires, dans un environnement de violence, et sont confinés dans les interstices péri-urbains par l’action même des associations sensées les aider.

L’Aide Sociale à l’Enfance, qui est sous la responsabilité du président du conseil départemental, et qui a l’obligation de protéger les mineur-e-s en danger, est aux abonnés absents. France Terre d’Asile, qui est missionné par le département pour aller à la rencontre de ces jeunes, est invisible.

La consommation d’alcool a augmenté ces derniers temps, tandis que l’augmentation du nombre de personnes rend plus problématique l’accès à des services de base, douches, accueil de jour. La situation était donc devenue explosive, elle a explosé la nuit dernière, pour les plus jeunes.

 

Goya : Saturne dévorant un de ses enfants.

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