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Même lieu, trois mois plus tard : la porte de la Chapelle à Paris, aux alentours du « camp humanitaire » mis en place par la mairie et l’État (voir ici et ).

https://goo.gl/maps/qSyu4mkN9AK2

Pousser un peu plus loin semble la devise des politiques publiques.

À l’ouest de la porte de la Chapelle, tout a disparu, cabanes et bivouacs, notamment sous les voies de la gare du Nord. Les blocs de pierre qui avaient été installés pour empêcher les gens de dormir là ont aussi disparu.

Le bidonville habité par des personnes rromes est par contre toujours là, sur le chemin de fer de ceinture, de vicissitudes en pressions, d’incendie en tentative d’expulsion.

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À l’est, des tentes installées sur le terre-plein au milieu du boulevard. Là, des blocs de pierre anti-dormir-là sont restés, surtout pour empêcher de s’installer à l’abri du pont d’une bretelle ferroviaire.

Et il y a cet espace sous le périphérique et les viaducs qui s’envolent au débouché de l’autoroute du nord. Là les tentes et quelques cabanes se sont installés dans les interstices libres, sur les aplats et montent le long des voies.

C’est là que poussé-e-s de quelques centaines de mètres les exilé-e-s s’installent maintenant.

Donnant sur la porte de Chapelle, la bulle d’entrée du « camp humanitaire », gigantesque baudruche figurant la politique de non-accueil masquée de promesses mielleuses, ouvrant sur un camp ridiculement sous-dimensionné, engorgé faute de capacité d’hébergement suffisante en aval. Dissimulé sous le périphérique, le campement qui s’allonge le long des bretelles autoroutières dit avec sincérité la réalité crue du non-accueil.

 

Victor Hugo : Ville au pont rompu.

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