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Les exilé-e-s et leurs soutiens continuent de se mobiliser contre les placements en procédure Dublin et les expulsions vers le pays responsable de la demande d’asile selon le règlement européen Dublin III, et concernant les personnes hébergées en Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO – voir ici, ici, ici et ).

Au Vigan et à Nîmes (Gard), une manifestation est prévue le jour où un demandeur d’asile est convoqué en préfecture : vendredi 19 mai, à 10h à la sous-préfecture du Vigan, à 14h à la préfecture de Nîmes. Et une pétition de soutien continue à circuler.

https://www.change.org/p/préfet-non-au-transfert-en-italie-de-nour-eddin

D’autres mobilisations sont prévues le 15 mai à Mende, le 20 à Saint-Jean–du-Gard, Alès et Nîmes, le 21 à Nîmes, le 27 à Alès.

À Auxerre (Yonne) une manifestation est également prévue le 19 mai à 17h devant la préfecture. Les exilés avaient publié en janvier une Lettre à l’intention des autorités françaises.

À Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence), le Collectif de Solidarité avec les Réfugiés diffuse une lettre publique au préfet.

On nous signale par ailleurs que des exilés qui avaient été envoyés en CAO dans le département du Nord suite à l’incendie du camp de réfugié-e-s de Grande-Synthe commencent à recevoir des arrêtés de transfert, prélude à leur expulsion vers d’autres pays européens dans le cadre du règlement Dublin III.

 


 

Le Vigan et Nîmes :

https://www.change.org/p/pr%C3%A9fet-non-au-transfert-en-italie-de-nour-eddin/u/20282327

« GRANDE JOURNEE DE MOBILISATION
VENDREDI 19 MAI 2017

Nour Eddin ne peut pas repartir en Italie
Alors qu’il en vient et souhaite rester ici.

10 H Sous-Préfecture du Vigan
Rassemblement de soutien
Remise des pétitions signées

12 H 15 départ groupé du Vigan
depuis l’ancienne gare (com.com.)

14 H Préfecture de Nîmes
accompagnement de NourEddin

C’est la première tentative d’application
de la procédure Dublin au CAO du Vigan

Notre mobilisation peut faire en sorte
qu’il n’y en ait plus jamais d’autre

signez la pétition :

https://www.change.org/p/préfet-non-au-transfert-en-italie-de-nour-eddin »

 


 

« Mobilisations Gard / Cévennes : amplifions la lutte contre les expulsions !

https://cevennessansfrontieres.noblogs.org/post/2017/05/10/journees-de-soutien-en-cevennes/

Alors que sur l’ensemble du territoire les procédures d’expulsion des personnes en Centres d’accueil et d’orientation (CAO) se multiplient, de nombreuses actions sont organisées pour s’y opposer : courriers à destination des préfectures, rassemblements, manifestations, ou grèves de la faim (1)…

C’est le cas dans le Gard et les Cévennes où différents collectifs agissent et se mettent en lien afin de renforcer le mouvement de soutien contre les expulsions.

Plusieurs initiatives sont prévues dans les prochains jours, d’autres sont à venir :

Mercredi 17 mai : Rassemblement à Mende pour protester contre l’expulsion d’Hafizullah Safi, rendez-vous devant la Cathédrale à 17h30

Vendredi 19 mai : Rassemblement à 10h devant la Sous-préfecture du Vigan en soutien à Nour Eddin, menacé d’être expulsé depuis le Cao du Vigan

Samedi 20 mai :
– à Saint Jean du Gard de 8h30 à 12h30 : Petit déjeuner de soutien aux familles accueillies, échanges et table d’infos sur la place du marché
– à Alès : Foire aux livres en soutien à Resf : de 10h à 18h à la bourse du Travail, quartier Rochebelle
– à Nîmes : Marche de soutien à tous les réfugiés, de la place Séverine jusqu’à la préfecture, départ 14h

Dimanche 21 mai : Fête afghane à Nîmes dès 12h (fraternité protestante – 7 rue Antoine Delon)

Samedi 27 mai : Cantine sans frontières à Alès dès 12h à la Rétive

(1) : 21 jeunes demandeurs d’asile du CAO d’Embrun (Hautes Alpes) se sont mis en grève de la faim pour protester contre l’ expulsion prochaine de deux de leurs camarades (voir ici : https://blogs.mediapart.fr/serge-betton/blog/120517/menace-dexpulsion-de-migrants-dans-les-hautes-alpes) »

 


 

Auxerre :

L’appel à manifester le 19 mai :

http://demandeursdasileen89.over-blog.com/2017/05/manifestation-le-19-mai-a-auxerre-contre-les-oqtf-et-dublin-dans-l-yonne.html

La lettre des demandeurs d’asile soudanais :

http://demandeursdasileen89.over-blog.com/2017/03/un-appel-des-demandeurs-d-asile-soudanais-d-auxerre.html

« Lettre à l’intention des autorités françaises,

Des demandeurs d’asile soudanais d’Auxerre, janvier 2017

Avant la guerre civile, nous vivions tranquillement dans notre pays. Puis les guerres se sont déclenchées partout dans notre province du Darfour et nous sommes devenus les victimes à la fois du gouvernement et des milices armées, et jusqu’à ce jour nous n’avons pas trouvé la paix car, malgré tous les appels au secours que nous avons lancés, nous avons perdu nos familles, nos proches.

Nous avons dû quitter la terre de nos aïeux en laissant derrière nous tous nos biens, tout ce qui nous est cher pour trouver un endroit pour continuer à vivre comme des êtres humains et nous sommes parvenus en Libye avec l’espoir d’y trouver refuge, de pouvoir y vivre et y travailler.

Mais là-bas aussi, la vie s’est révélée impossible du fait de la guerre entre les milices qui n’ont aucun sens de l’humanité. La vie y était tellement terrible que même dire les souffrances que nous avons endurées nous est impossible.

Alors, nous avons tenté de venir en Europe où nous avions l’espoir de trouver protection, la possibilité de vivre, et le respect des droits de l’Homme dont nous avions toujours entendu parler.

Mais venir en Europe est très dangereux, il faut prendre des risques, parcourir plus d’un millier de kilomètres en barque. Nous n’avions donc qu’une alternative : soit rester en Libye dans ces terribles conditions, soit prendre le risque de traverser la Méditerranée avec des chances infimes de survie.

Nous avons décidé d’aller en Italie. Après une dizaine d’heures de navigation, où nous avons frôlé la mort, nous avons été récupérés par les équipes de sauvetage et emmenés dans des camps. Mais là, nous avons été battus et privés de nourriture parce que nous refusions de donner nos empreintes!

Du fait de cette attitude de l’Italie envers nous, nous ne pouvions imaginer quel avenir nous aurions dans ce pays et pouvoir y trouver la protection et la vie que nous recherchions, c’est pourquoi nous avons décidé de nouveau de partir vers un autre pays qui serait certainement mieux pour nous, et ce pays était pour nous la France.

Après plusieurs tentatives, nous sommes parvenus sur le sol français, espérant y trouver la protection et la possibilité de vivre. La France nous a bien acceptés et beaucoup aidés et nous avons retrouvé ici des gens de tous les pays d’Afrique.

Nous avons effectué toutes les démarches nécessaires pour bénéficier de l’asile et pendant ces sept mois d’attente, nous avons fait tout notre possible pour apprendre le français, dans des conditions difficiles, sans activité et sans accompagnement.

Alors, nous avons été désespérés par la décision de nous renvoyer en Italie alors même que nos empreintes y avaient été prises de force.

Nous demandons la protection de la France. Nous espérons que l’Etat réexaminera nos dossiers et nous viendra en aide. »

 


 

Sisteron :

https://refugiescollectifsdromesud.wordpress.com/2017/05/14/lettre-publique-au-prefet-des-alpes-de-haute-provence-04/

« Lettre publique au préfet des Alpes de Haute Provence.

Sisteron le 14 mai 2017.

Monsieur le préfet,

Nous souhaitons par la présente vous alerter sur la situation des demandeurs d’asile de notre département, placés en procédure «Dublin», et pour une large majorité d’entre eux sous le coup d’un arrêté de transfert vers un autre État membre pris à leur encontre par la préfecture de Digne Les Bains.

Tout d’abord nous vous demandons, comme vous y autorise le règlement 604/2013 en son article 17, de bien vouloir suspendre cette procédure et accéder à la demande d’asile qu’ont adressée ces personnes à la France. Cette mesure dérogatoire a déjà été mise en oeuvre dans un passé récent pour les réfugiés venant de Calais par exemple. Nous soulignons ici une rupture d’égalité de traitement entre tel ou tel autre demandeur d’asile selon qu’il vivait à la rue à Calais, Paris ou Marseille.

Ces demandeurs d’asile sont arrivés dans les CAO du département confiants en les promesses de la France de ne pas y mettre en oeuvre de mesures coercitives, or ces arrêtés de transfert le sont clairement. Présents en France depuis de longs mois et souhaitant y rester, ces demandeurs d’asile sont pleinement intégrés à la vie locale et nous témoignons de leur profond désir de l’être plus encore.

Enfin, comme vous le savez, dans un rapport du 3 novembre 2016 Amnesty International dénonçait les conditions d’accueil et d’examen des demandes d’asile dans plusieurs États membres de l’UE, l’Italie notamment, qui n’hésite pas à expulser des demandeurs d’asile vers le Soudan — dont nous ne rappelons pas ici la situation catastrophique — au nom d’un accord inique entre ces deux pays.

Comptant sur votre célérité à réparer l’injustice qui pèse sur les demandeurs d’asile «dublinés» de notre département, et nous tenant à votre disposition pour vous rencontrer, nous vous adressons Monsieur le préfet nos respectueuses salutations.

Collectif de Solidarité avec les Réfugiés de Sisteron.

 

Témoignages des réfugiés «dublinés» de Sisteron.

Nous sommes arrivés du Soudan ou d’Afghanistan après un terrible parcours. Dans nos pays les problèmes sont grands et nos vies menacées. Pendant le voyage nous avions peur de mourir, en Libye ou ailleurs où nous avons été maltraités et emprisonnés, en mer où les traversées duraient parfois une semaine. Arrivés en Italie certains étaient malades ou blessés, laissés sans soins, battus parfois à coup de pied. Dans les camps italiens on a pris nos empreintes de force ; si on ne les donnait pas on ne pouvait pas sortir. Nous avions peu à manger, pas de vêtements chauds, beaucoup d’entre nous vivaient dans la rue. C’est pour cela que nous sommes venus en France, à Calais ou Paris, puis à Sisteron. Ici nous avons été bien accueillis, nous remercions la France pour cela. Nous avons commencé à apprendre le français, nous avons des amis, nous avons rencontré des lycéens à qui nous avons raconté nos histoires ; nous voulons rester ici. Avec la procédure Dublin nous sommes en grande insécurité, nous avons peur de retourner en Italie, en Allemagne ou en Norvège, nous avons peur qu’ils nous renvoient dans nos pays. Nous dormons mal.

S.M.R : Quand je suis arrivé en Italie la police italienne m’a arrêté et m’a emmené au camp de réfugiés le plus proche ; elle m’a demandé de déposer mes empreintes digitales. Je leur ai dit que je ne voulais pas rester en Italie, que je souhaitais aller en France, et ils m’ont précisé que cette prise d’empreintes était une mesure de sécurité, pas une démarche de demande d’asile. J’ai donc donné mes empreintes aux autorités italiennes. Ils m’ont gardé plusieurs jours dans le camp, j’étais malade, j’ai demandé à être soigné mais on ne m’a même pas donné un cachet. Le problème en Italie c’est l’énorme quantité de réfugiés qui y résident, dormant dans les rues, sur les routes ; et donc ils ne peuvent pas s’occuper de chacun de nous. Je suis heureux en France et je ne veux pas retourner en Italie.

H.S : Je suis arrivé d’Allemagne en 2015 ; là-bas j’étais resté 18 mois sans que l’on m’accorde l’asile et les autorités voulaient me renvoyer en Afghanistan. En Afghanistan la situation est très mauvaise sur le plan de la sécurité et dangereuse pour moi qui étais menacé de mort par les Talibans. C’est pourquoi j’ai fui l’Allemagne et suis arrivé en France pour y demander l’asile. Je suis heureux ici, en France et je ne veux pas retourner en Allemagne où l’on veut me déporter en Afghanistan.

O.U : Quand j’ai traversé la frontière italo-française la police italienne m’a arrêté et reconduit dans un camp italien. Quand je suis arrivé au camp ils ont pris mes empreintes de force en me disant que c’était pour des raisons de sécurité, pas pour l’asile. J’y suis resté une semaine, les conditions d’hébergement étaient très mauvaises, il faisait tellement froid, ils nous ont juste donné une couverture, la nourriture était très mauvaise. Après une semaine ils nous ont expulsés ; j’ai dormi dans la rue pendant sept jours et je suis entré en France. Je suis heureux en France et ne veux pas retourner en Italie.

G : Je suis arrivé d’Afghanistan en 2015 ; j’arrivais de Norvège où j’ai passé deux ans sans que l’on m’accorde l’asile. La Norvège voulait me renvoyer en Afghanistan, c’est pour cela que je suis venu en France.

et lien vers le film «lettre à Mr le préfet» tourné à Briançon :

https://vimeo.com/213479324 »

 

Chaïm Soutine : Jour de vent à Auxerre.

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