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De manière visible, les « migrants » sont « de retour » à Calais. On peut les voir en ville, et notamment dans les parcs publics. La répression à leur encontre est elle devenue moins visible en centre ville. S’il y a deux semaines encore les CRS chassaient les personnes d’apparence étrangère des parcs, la police nationale y circule maintenant en voiture et les gendarmes mobiles à pied sans effectuer de contrôles. De même, si les gendarmes mobiles sont encore en faction à la gare, c’est sur le côté, plus loin de l’entrée, et les contrôles au faciès systématiques ont cessé (voir ici, ici et ).

Dans le temps, ce changement succède immédiatement à la formation du nouveau gouvernement. Rien ne présage s’il durera au-delà des élections législatives, dont le résultat est incertain.

Mais au-delà de cette visibilité au centre-ville, la répression à l’encontre des exilé-e-s continue de manière identique, et peut-être aggravée. La plupart des exilé-e-s dorment en effet dans des conditions extrêmement précaires à la périphérie de la ville, sans pouvoir construire de cabanes, sans tentes ni bâches puisque les associations ayant le plus de moyens logistiques refusent d’en distribuer.

Là, loin du regard de la population, les forces de police et de gendarmerie chassent, arrêtent, détruisent les effets personnels, gazent. Que ce soit dans le bois Dubrulle, près du lieu où se font les distributions de repas dans la zone industrielle des Dunes, près du parc Chico Mendes, entre la ZUP du Beau Marais et la zone industrielle Marcel Doret, dans les terrains parsemés d’étangs entre la route de Saint-Omer et l’échangeur autoroutier, ou à la limite entre les communes de Marck et de Calais, près des parkings sécurisés où se garent les camions pour le Royaume-uni.

 

Charles-Olivier de Penne : Scène de chasse à courre.

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