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Il y a encore deux semaines, ont pouvait voir les CRS chasser des parcs du centre de Calais toute personne d’apparence étrangère. Les personnes ayant des papiers refusaient généralement de partir, et les CRS étaient bien obligés de les laisser. Les autres devaient partir sous la menace de la gazeuse et de la matraque. Le précédent gouvernement appointait ces policiers et ces policières pour que les personnes non-européennes devient invisible dans l’espace public.

La pression semble s’être levée. La police circule en voiture dans les allées des parcs, des patrouilles à pied de la gendarmerie mobile aussi, sans intervenir.

Assez rapidement, la présence des exilé-e-s, souvent très jeunes, de nombreux-ses adolescent-e-s, celle des associations maraudant ou distribuant des repas, deviennent familières. Calaisien-ne-s de longue ou de fraîche et exilé-e-s de passage se côtoient, se croisent, se mêlent.  Le Calais qui vit avec les exilé-e-s depuis tant d’année, au-delà de toute action associative, se retrouve là, et donne l’image d’une ville cosmopolite et multiculturelle, où l’on se métisse, qui existe et se renforce malgré la politique de traque.

La mairie appointe toutefois, sur argent public, deux agents de sécurité par parc, un parc de chaque côté de la gare, pour montrer qu’il y a du danger, puisqu’il y a des agents de sécurité.

Calais n’a pas connu une forte immigration au cours des décennies de l’après-guerre. D’où aussi le caractère singulier, visible, de la population exilé-e-s. Mais au fil des demandes d’asile, des papiers obtenus ou pas et selon des statuts divers, les frontières s’estompent. Face à cette remise en cause des catégories établies, certaines personnes des associations ont inventé le terme « ancien migrant », catégorie de personnes qui ne seraient plus tout-à-fait de l’ailleurs tout en lui restant relié.

Mais qui est quoi sur ce territoire, si on considère que chacun-e a légitimité à être là ? Et quelle forme auront Calais et sa population dans vingt ans ?

 

 

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