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Alors que les violences policières s’aggravent à Calais, les mobilisations continuent (voir ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et ) contre l’expulsion des demandeur-se-s d’asile hébergées en Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO – voir ici, ici, ici et ) et placé-e-s en procédure Dublin (le règlement européen Dublin III sert à déterminer le pays européen responsable du traitement d’une demande d’asile, et prévoit le plus souvent le renvoi de la personne vers le pays d’entrée dans l’Union européenne).

À Bordeaux : vous pouvez lire ici le compte-rendu des mobilisations des 5 et 6 juin :

http://mcinformactions.net/Devant-le-Centre-de-Retention-de-Bordeaux-episode-du-5-juin-solidarite-avec-les

http://mcinformactions.net/Devant-le-Centre-de-Retention-de-Bordeaux-episode-du-5-juin-solidarite-avec-les

À Brest : suite à l’arrestation en préfecture et au placement en rétention de deux demandeurs d’asile en procédure Dublin, un rassemblement est organisé samedi 10 juin place de la Liberté.

https://zeropersonnealaruebrest.noblogs.org/post/2017/06/07/samedi-10-juin-rassemblement-stop-dublin/

À Briançon : les demandeurs d’asile en procédure Dublin se donnent plus de visibilité en s’installant mardi dernier devant la MJC. Un appel à un rassemblement de solidarité hier mercredi a été lancé.

http://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2017/06/07/le-ras-le-bol-des-demandeurs-d-asile

À Tours : trois demandeurs d’asile hébergés en CAO ont entamé une grève de la faim face à la menace de l’association gestionnaire de mettre à la rue les personnes en procédure Dublin ou déboutées de leur demande d’asile.

http://larotative.info/greves-de-la-faim-et-menaces-d-2280.html

 


 

À Brest :

https://www.facebook.com/ZeropersonnealarueBrest/

https://zeropersonnealaruebrest.noblogs.org/post/2017/06/07/samedi-10-juin-rassemblement-stop-dublin/

« GUET-APENS!!

A Rennes, Suite à des notifications de décisions administratives des amis Irakiens se présentent en préfecture , sont arrêtés , placés au CRA (centre de détention administrative) à 17h .Ils seront dans l’avion à 10h demain , direction la Finlande .
pas de possibilité de défendre leurs droits : pas le temps de saisir le tribunal pour convocation déloyale

6 juin 2017
Ami O. raflé a Rennes Où es-tu?
Au CRA? Dans l’avion?
Où t’emmènent-ils?
En Italie? Certainement …!
Comme prévoient les accords de Khartoum : retour au Soudan?(la mort)

On dénonce .
On imprime .
On affiche partout .
Inondons ici, en France, en Europe
les empreintes du genre humain…dans un monde étranger d’humanité .

Rendez-vous ce samedi 10 juin à 11h
place de la « Liberté » Ici, Brest. »

 

 


 

À Briançon :

« Depuis hier matin, 6 juin 2017, quinze migrants ont entamé une grève de la faim à Briançon (Hautes-Alpes). Désertant les foyers des Centre d’Accueil et d’Orientation qui les hébergeaient depuis six mois, ils se sont installés avec toutes leurs affaires devant les portes de la MJC.
Menacés depuis plusieurs semaines de renvoi en Italie par la préfecture, ils veulent pouvoir déposer leur demande d’asile en France. Si cette demande n’est pas entendue, ils ont fait savoir qu’ils récupéreraient leur dossier et repartiraient à Paris, d’où le gouvernement était venu les chercher six mois plus tôt.
 
Leur histoire illustre la gestion absurde des migrants par l’Europe, et notamment les aberrations des accords de Dublin qui créent des situations d’attentes insoutenables, des parcours d’errance infinie et fabriquent des clandestins.

Ils sont arrivés à Briançon le 5 novembre. De Paris, en car, la nuit.
24 jeunes hommes apeurés sont descendus devant nous, qui avions préparé à manger pour les accueillir. Ils n’ont rien mangé, ils étaient fatigués, ils étaient inquiets.
Sur la carte ils avaient vu que Briançon est aux portes de l’Italie. Mais avant qu’ils ne montent dans le car, à Paris, on les avait tranquillisés :
« Nous ne vous renverrons pas en Italie. Vous allez être accueillis dans des petites villes des Hautes-Alpes où les maires et leurs habitants vont vous soutenir, vous aider. N’ayez pas peur. Et si vous acceptez de partir là-bas, vous pourrez déposer votre demande d’asile en France, les accords de Dublin ne pèseront plus sur vous. »
Ils sont montés dans le bus, avec de l’espoir.
Pour la première fois depuis de longs mois, ils auraient un toit, de quoi manger chaque jour, et surtout la possibilité d’une protection réelle, l’asile, qui semblait enfin tangible.
Nous, habitants des Hautes-Alpes qui nous sommes impliqués auprès d’eux, nous étions pleins d’espoir aussi. Heureux et fiers d’accueillir ces rescapés dans nos montagnes paisibles. Il fallait mettre de la gaieté, de la chaleur, de la légèreté dans ces vies naufragées. Nous avons fait tout notre possible, le cœur plein d’assurance, réjouis des liens d’amitié que nous approfondissions ensemble. Hassan, Abdallah, Ahmed, Ossoul, Adam, Hussein. Soudan, Erythrée, Tchad.
Tout était possible. Ils arriveraient à se remettre debout tout doucement, à regagner confiance en eux et en les autres.

Aujourd’hui, six mois plus tard, ils reçoivent les uns après les autres des avis d’expulsion vers l’Italie, au nom des Accords de Dublin.
Ils se sentent trahis, comme nous, perdus dans l’absurdité d’un système qui leur confère le statut d’errants perpétuels. Ils ont fui la mort, ont tout sacrifié et nous disent leur peur panique d’être renvoyés en Italie puis dans leur pays en guerre.

Ils se reconstruisaient, on les remet à terre.
Eux comme nous sont sans réponse :
Pourquoi les avoir accueillis pendant six mois dans des Centres d’Accueil et d’Orientation pour finalement les renvoyer à la rue en Italie ?
Hassan est l’un des premiers qui sera expulsé, début juin.
Il dit :
« Ici, on me propose un lit, mais aussi tous les cauchemars d’expulsion et de violence. Je ne peux pas dormir dans ce lit, je n’y trouve aucun repos. »
Il continue :
« Je ne suis pas venu chercher un toit et un peu de nourriture. La seule chose que j’attends est la protection de la France, le répit dans la guerre de ma vie. »

Pour mieux les écouter, je vous propose de lire le blog que nous avons créé pour eux et qui recueille leurs sentiments jour après jour. 

 

En automne 2016, le gouvernement français décide de démanteler deux camps de migrants devenus trop importants : Calais et Stalingrad. On propose à tous ces migrants d’être redirigés à travers la France en échange de quoi on leur promet de les dédubliner. (les accords de Dublin stipulent que c’est uniquement dans le premier pays européen traversé par le migrant que celui-ci a le droit de faire sa demande d’asile. Italie, Bulgarie et Grèce sont ainsi débordés par l’hypocrisie des autres pays européens qui refusent d’accueillir réellement les réfugiés.)
Les migrants venant de Calais ont tous été dédublinés et ont pu faire leur demande d’asile en France, ceux venant de Stalingrad ont attendu près de six mois, pleins d’espoir, avant de recevoir des notifications de renvoi en Italie. »

 


 

À Tours :

http://larotative.info/greves-de-la-faim-et-menaces-d-2280.html

Grèves de la faim et menaces d’expulsion au CAO Grandmont de Tours

Depuis le samedi 3 juin, trois résidents du CAO de Grandmont, géré par ADOMA, sont en grève de la faim. ADOMA a annoncé à quinze résidents dublinés ou déboutés qu’ils doivent quitter le CAO sous peine d’être évacués par la police, sans pour autant leur proposer de solution d’hébergement, alors que le 115 est saturé de demandes et laisse tous les jours des personnes à la rue.

C’est Sylvain Olivier, directeur local d’ADOMA, qui a réuni la semaine dernière les résidents lors d’une réunion extraordinaire. Selon ses mots, la quinzaine de résidents déboutés du droit d’asile ou sous le régime dit « de Dublin » devront quitter les lieux dans les semaines à venir, ou c’est la police qui viendra les expulser. Ces menaces arrivent en plein Ramadan et ne sont pas sans rappeler la fermeture du foyer Albert Thomas qui était survenue en pleines fêtes de fin d’année…

Refusant cette injonction, trois ressortissants du Soudan actuellement sous le régime de Dublin ont entamé une grève de la faim [1]. 60 personnes environ sont actuellement hébergées au CAO Grandmont de Tours, dont certains ont été orientés depuis Calais ou le quartier de la Chapelle, à Paris.

Tout comme à Saint-Pierre-des-Corps, c’est l’entreprise ADOMA qui gère le CAO mais pour autant, les règles n’y sont pas les mêmes : interdiction de se réunir pour prier, interdiction de faire des réunions, pas de salle télé, aucune convention avec une association pour les loisirs ou les cours de français contrairement à Saint-Pierre, des agents de sécurité qui tournent jour et nuit dans les couloirs… les résidents se sentent laissés pour compte et tenus à l’écart. Il leur a même été interdit d’installer un congélateur alors que les réfrigérateurs mis à disposition ne permettent pas de stocker la viande nécessaire, d’autant plus lors du Ramadan.

Il avait été annoncé que le CAO fermerait le 30 juin et aucune précision n’a été apportée depuis aux résidents, laissés dans un flou quotidien supplémentaire. Depuis les menaces d’expulsions par la police, les résidents ne dorment plus sereinement et la tension monte.

Les collectifs Albert Thomas ou de Saint Pierre se mobilisent pour soutenir les résidents et annoncent des manifestations courant juin.

contact : collectifalbertthomas@gmail.com

P.-S.
Deux anciens résidents du foyer Albert Thomas, relogés au CAO Grandmont, ont récemment été sortis de la procédure Dublin, pouvant ainsi déposer leur demande d’asile en France. Pour les autres résidents, cela prouve qu’il est possible de sortir de cette procédure.

Notes
[1] Pour la plupart des résidents concernés, le motif de cette menace d’expulsion est qu’ils ne se sont pas présentés à leur second rendez-vous en préfecture. Si ils se rendent à ce rendez-vous (comme précisé sur la convocation), cela signifie qu’ils acceptent d’être renvoyés dans le premier pays par lequel ils sont entrés en Europe. Les réfugiés ne se rendent donc pas à ce second rendez-vous car ils refusent simplement d’être expulsés.
Menacés d’expulsion dans tous les cas, les trois ressortissants Soudanais refusent cet étau qu’ils dénoncent en entamant une grève de la faim. »

 

 

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