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Un débat à l’autre bout de la France. Une personne qui a vu sur le net une vidéo montrant des policiers gazant de la nourriture s’indigne : un pas vient d’être franchit dans l’inacceptable, il faut réagir pour que cette limite ne soit plus franchie.

Saine réaction face à une violence inacceptable. Réaction nécessaire : la question n’est pas simplement locale, s’exercent à Calais des politiques nationales, bilatérales (franco-britanniques), européennes. Les acteurs locaux, déjà confrontés à l’urgence de la situation, n’ont pas les forces seuls pour infléchir les politiques aux niveaux national, bi-national et européen.

Réaction saine, mais ô combien décalée par rapport à la réalité locale. Dans la saisine adressée au Défenseur des Droits en 2011 (voir ici et ) il est déjà question de gazage de nourriture, de récipients d’eau, de couvertures, parmi d’autres choses, faits remontant jusqu’en 2009 – et les associations locales parlaient de fait similaires dans les années antérieures.

Mais bien sûr quand le ministre de l’intérieur lâche cent cinquante policier-ère-s et gendarmes sur les exilé-e-s à Calais, tandis que le président de la république se répand en plaisanteries grasses sur les exilé-e-s mort-e-s en mer (voir ici, ici et ), le niveau de violence augmente.

Et reste au-delà de la police un effet de système. Quand la mairie (Les Républicains) bloque physiquement l’accès aux douches mises en place par le Secours catholique et se voit condamnée par le tribunal administratif, l’État – la police nationale – prend le relais pour arrêter les exilé-e-s qui viennent se doucher (voir ici, ici, ici, ici, ici et ). Quand la mairie publie des arrêtés municipaux pour interdire les distributions de repas aux exilé-e-s et que le tribunal administratif en suspend l’application, c’est l’État – la police nationale – qui intervient et disperse les distributions quand bon lui semble (voir ici, ici, ici, ici, ici et ).

L’escalade, c’est quand la mairie clôture l’espace où se font les principales distributions de repas, que celles-ci doivent donc se déplacer, et que des « riverains en colère » bloquent la route pour les empêcher, et que la police (ou la gendarmerie) intervient alors pour disperser non les « riverains en colère » mais les exilé-e-s qui viennent simplement s’alimenter. Comme à l’époque du bidonville se complètent et se confortent mutuellement pouvoir d’État, notables locaux et quasi-milices cachant leurs liens avec l’extrême-droite derrière l’image de « riverains en colère » (voir ici, ici, ici, ici, ici et ).

http://www.francetvinfo.fr/france/hauts-de-france/migrants-a-calais/calais-2-associations-humanitaires-denoncent-des-violences-policieres-contre-des-migrants-y-compris-mineurs_2216840.html

http://mobile.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/06/05/le-ministre-de-l-interieur-envoie-des-policiers-supplementaires-a-calais-et-adopte-une-ligne-dure-anti-migrants_5139128_1654200.html

http://www.liberation.fr/france/2017/06/07/a-calais-il-n-y-a-plus-rien-a-part-la-repression-et-le-tout-securitaire_1574914

http://www.nordlittoral.fr/32826/article/2017-06-06/les-migrants-n-ont-plus-rien-faire-calais

http://www.nordlittoral.fr/32822/article/2017-06-06/des-riverains-de-la-rue-du-pont-trouille-mobilises-pour-empecher-la-distribution

 

Édouard Manet : Pertuiset, le chasseur de lions.

 

 

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