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Les expulsions des personnes hébergées dans les Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO – voir ici, ici, ici et ) vers le pays responsable de leur demande d’asile selon le règlement européen Dublin III se multiplient. Les résistances aussi (voir ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici et ).

À Bordeaux, face aux expulsions et à de nouveaux placements en rétention ou en assignation à résidence, une cyberaction est diffusée et une action prévue le 14 juin à 17h30 place de la Bourse.

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/soutienauxmigrants-1495.html

Dans le Calvados, une pétition est diffusée en soutien aux demandeurs d’asile hébergés au CAO de Bretteville-sur-Laize en instance d’expulsion vers l’Italie.

https://www.change.org/p/pr%C3%A9fet-du-calvados-soutenir-le-cao-de-bretteville-sur-laize

Dans le Gard, en plus des demandeurs d’asile du CAO du Vigan, ceux de Saint-Hippolyte-du-Fort sont menacés d’expulsion. Une pétition circule.

https://www.change.org/p/soutien-aux-r%C3%A9fugi%C3%A9s-soudanais-de-st-hippolyte-du-fort-et-le-vigan-30

 


 

À Bordeaux :

Une cyberaction : https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/soutienauxmigrants-1495.html

« Soutien aux migrants

Le site « Passeurs d’hospitalités » collecte les informations sur les mobilisations en cours en soutien aux demandeurs d’asile . Enfermés dans les CRA avant d’être mis dans des avions à destination d’une Italie où rien n’est prévu pour eux, condamnés de nouveau à l’errance, ils sont traumatisés.
De tous les coins de France montent – jusqu’au Président de la République nos protestations et nos appels.
Le silence des responsables est assourdissant. Sont-ils sourds ?
Faisons résonner nos voix encore plus fort.

Collectif de Défense du Droit d’Asile Bordeaux vendredi 2 juin 2017 des migrants du CAO de Mérignac.

Monsieur le Président de la République Français,

Nous sommes un collectif de citoyens, soutenus par de nombreuses organisations, apportant notre soutien aux migrants qui ont vécu six mois au Centre d’Accueil et d’Orientation de Mérignac. Tous sont en grande détresse psychologique depuis qu’il leur a été signifié pour la plupart d’entre eux que, n’étant passés par Calais, il leur est appliqué la Procédure « Dublin » comme le stipule « le règlement Dublin III ».

Nous sommes habitants de deux communes de la Métropole bordelaise : Talence et Mérignac. Fin 2016, le Préfet de la Gironde est venu personnellement nous demander de réserver le meilleur accueil à des migrants qui seraient incessamment hébergés dans nos communes jusqu’au printemps 2017, via deux CAO, celui de Talence géré par ADOMA et celui de Mérignac géré par le Diaconat.

Un grand nombre de bénévoles se sont organisés rapidement, ont mis à disposition leurs compétences, se sont fait un devoir et un plaisir de les accueillir, de les entourer, de les accompagner, de leur enseigner le français, en étant attentifs à tous et à chacun. A Talence il a même fallu une mobilisation citoyenne vigoureuse et massive pour contrer une offensive du Front National particulièrement haineuse. Les jeunes gens de ces deux CAO ont pu se reposer, créer des liens, faire des démarches administratives, progresser dans l’apprentissage de la langue française et s’intégrer sans le moindre heurt.

En mars 2017, Monsieur le Préfet de la Gironde Pierre DARTOUT est venu dire combien il était satisfait de la qualité de l’accueil que nous avions mis en place et a annoncé la fermeture des CAO de nos deux communes, dont celui de Mérignac le 10 mai.

Les jeunes du CAO de Talence ont été « dédublinés » et ont pu demander l’asile en France et y accomplir toutes leurs démarches. Le CAO de Mérignac accueillait lui 48 migrants qui n’étaient pas, pour la plupart, dans leur périple ô combien problématique (ce que vous n’ignorez pas), passés par Calais. Ils sont à ce jour, encore sous la Procédure « Dublin », hébergés pour quelques semaines dans un foyer, situé à Bordeaux et géré par ADOMA et Le Diaconat pour leur suivi administratif.

Depuis mars 2017, une grande majorité d’entre eux a reçu une lettre d’Information de la Préfecture, les informant de leur prochaine mise en Centre de Rétention Administrative et de leur prochain transfert en Italie. Depuis leur arrivée, tous se rendent à chacune de leur convocation à la Préfecture de Bordeaux, afin d’aller y signer leur récépissé attestant ainsi leur non-délit de fuite et leur adresse administrative. Ils doivent s’y présenter de façon régulière, néanmoins pour 11 d’entre eux, leur dernière convocation à la Préfecture leur a été fatale dans la mesure où ils ont été interpellés et placés au Centre de Rétention Administrative de Bordeaux. A ce jour, ils ont été notifiés d’’un arrêté préfectoral « Transfert Dublin » et sont menacés d’être expulsés vers l’Italie dans les tous prochains jours. Tous souhaitent déposer une demande d’asile en France.

Les accords de « Dublin » sont invoqués par les Préfets de nos départements, malgré la marge de manœuvre dont ils disposent légalement (art 17 Règlement « Dublin III »). Nous ne comprenons pas cette inégalité de traitements entre les demandeurs d’asile. Ils sont tous démunis, tous désireux de s’intégrer, tous effrayés à l’idée d’être renvoyés à l’errance et au danger dans des pays tels que l’Italie, porte d’entrée de l’UE, débordés par les demandes d’asile.

Certains Préfets, dont le notre, refusent de tirer les conséquences de l’arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne du 17 mars dernier, en faisant un usage accru et injustifié de placement en rétention de demandeurs d’asile qui n’ont jamais tenté de fuir, se sont toujours rendus aux convocations et ont une adresse réelle.

L’Italie, actuellement principal pays d’entrée européen, a adopté un décret le 28 mars 2017 qui remet profondément en cause les possibilités d’obtenir l’asile. Il prévoit entre autre pour les personnes ayant transité ou venant de pays considérés comme sûrs (par exemple la Turquie) de voir leur demande simplement rejetée ou traitée en procédure accélérée, des contrôles accrus pour les personnes ayant obtenu le statut de réfugié, et des limitations dans les possibilités de défense et de recours.

Nous nous associons à l’appel de l’Inter Collectifs Migrants Alpins auquel nous souscrivons intégralement : Vous avez annoncé, lors de votre élection, qu’il est de votre « responsabilité d’entendre la colère, l’anxiété et les doutes… exprimés ». Vous semblez aussi avoir pris la mesure du drame qui se joue aujourd’hui en Méditerranée et dans les pays d’Afrique dont sont issus ces rescapés qui viennent chercher chez nous la paix. Nous vous demandons que « la France fraternelle » accueille sur nos territoires les migrants « dublinés » tel que l’Allemagne a su le faire. Cela permettrait aux migrants qui le souhaitent de déposer leur demande d’asile en France là où ils sont accompagnés dans leurs démarches administratives et là où ils ont déjà montré leur capacité à s’intégrer. Leurs témoignages racontent mieux que nos mots combien leurs vies sont en mises en danger par ces retours en arrière…

L’effort de l’Italie est déjà considérable. Il représente le double de celui de la France si nous tenons compte des PIB par habitant et du nombre de demandeurs d’asile !

Monsieur le Président, nous vous invitons à prendre une mesure forte et exemplaire dès le début de votre mandat en annulant et en faisant cesser les demandes de transferts de « dublinés » que la France a formulées auprès d’un état voisin (11657 en 2015, puis 25963 en 2016… ). Nous serons à vos côtés pour montrer que la France a la capacité d’accueillir dignement ceux qui sont venus chercher la protection et la sûreté chez nous.

Le règlement européen du 26 juin 2013, dit « Dublin III », prévoit qu’un pays peut « dédubliner » les demandeurs d’asile en les autorisant à faire leur demande dans un pays européen autre que celui de leur entrée dans l’Union Européenne. L’Allemagne vient de suspendre le renvoi vers la Hongrie des réfugiés passés sur son territoire. La France peut également suspendre le « dublinage », d’autant que notre pays est très loin d’avoir rempli les engagements pris à l’égard de l’Union Européenne, puisque nous avons relocalisé environ 3000 demandeurs d’asile, au lieu des 30000 annoncés.

L’Etat doit agir pour donner, à toute personne contrainte de fuir son pays, le droit de trouver asile dans le pays de son choix.

Monsieur le Président nous voulons croire que vous aurez à cœur de faire ce geste d’humanité que nous attendons tous, citoyens de Talence et Mérignac, mais aussi d’Embrun dans les Hautes- Alpes, de Marseille, de Paris… et de bien d’autres. Mettez votre quinquennat sous le signe de la foi en l’Humanité. Les Migrants en ont le plus grand besoin. Et nous en tant que Citoyens en avons également terriblement besoin.

Dans l’attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Collectif de Défense du Droit d’Asile des migrants du CAO de Mérignac et ses soutiens
RESF33, Association ARTS (Accueil Réfugiés Talence Solidarité), Mouvement des bénévoles du CAO de Mérignac, EELV Aquitaine, LDH33, AC !Gironde, Association AREVE (Accueil des Réfugiés en Val de l’Eyre), FSU 33, ASTI, Réseau universitaire bordelais AIME(Accueil et Insertion des Migrant-e-s et Exilé-e-s), Rénovation, Collectif pour l’égalité des droits, Tremplin (alphabétisation et soutien scolaire pour les mineurs isolés étrangers 33), La Cimade Bordeaux…
Collectif de Défense du Droit d’Asile des migrants du CAO de Mérignac
Bourse du travail, 44 cours Aristide Briand Resf 33 33075 Bordeaux Cedex

Possibilité de trouver le message à mettre directement sur le site de la Présidence :
http://mcinformactions.net/Lettre-ouverte-au-President-de-la-Republique-du-collectif-de-soutien-aux   »

 

Une action le 14 juin :

 


 

Dans le Calvados :

https://www.change.org/p/pr%C3%A9fet-du-calvados-soutenir-le-cao-de-bretteville-sur-laize

« soutenir le CAO de Bretteville sur Laize

Le collectif ACDA (Accueil Cingalais Demandeurs d’Asile) a besoin de votre aide. Les erythréens, accueillis au CAO de Bretteville sur Laize, risquent d’être reconduits en Italie selon la procédure de Dublin. Nous souhaitons qu’ils puissent rester en France aussi longtemps qu’ils seront en danger de mort dans leur pays. Ils se sont particulièrement bien intégrés, participant à toutes les actions menées par le collectif (cours de français, équipe de foot, sorties culturelles,…) et leur départ compromettrait gravement l’intégration de tous les demandeurs d’asile. »

 


 

Dans le Gard :

« Soutien aux réfugiés Soudanais de St Hippolyte du Fort et Le Vigan (30)

Lettre ouverte au Président de la République et aux élus,

Depuis le 21 décembre 2016 Mohamed, Oussam, Abdou ,Omar, Muqahsim, Abdallah, Hussain, Abdselkasin, Soulayman, Osman, Muhanad et Nour Eddine sont accueillis sur notre territoire cévenol. Durant ces cinq mois ils ont suivi des cours de français dispensés par des bénévoles, ont été invités à des repas, des promenades, des fêtes… Ils ont participé à la vie locale.

Il y a deux ans, ils avaient quitté leur pays en guerre. Des parents, des frères, des sœurs, des cousins, étaient morts. Eux voulaient VIVRE. Ils ont traversé plusieurs pays, se sont embarqués dans des bateaux de fortune. Entassés, ils ont survécu à la traversée. D’autres n’ont pas eu cette chance et font pleurer dans les chaumières au journal de 20h00. Ils ont débarqué en Italie et pénétrant dans l’espace européen ont reçu un coup de tampon. Ils ont traversé l’Italie, la France, et sont arrivés dans un squat à Stalingrad, Paris. La jungle a été démantelée, le squat de Stalingrad évacué . On leur a dit de monter dans des cars. Des centaines de cars…Avec une promesse : leur demande d’asile ne serait pas étudiée par l’Italie (rappelez-vous : le coup de tampon) mais par la France. Eux hésitaient : et si on leur mentait ? Mais ils ont cru aux promesses… Ils sont montés dans le car sans savoir où ils allaient. Ils ont vu défiler bien des paysages… Plus de 750 kilomètres… Ils se sont endormis… On leur avait promis…

Finalement, leur accueil dans nos petites villes cévenoles s’est fait tranquillement, entre l’indifférence de certains et la solidarité de dizaines d’autres. Ils ont appris le français, noué des liens d’amitié. Liberté, égalité, fraternité ;

Ils ont cru que ce n’était pas que des mots… Jusqu’au vendredi 2 juin 2017…

Ils ont reçu une décision de la préfecture les renvoyant en Italie. Liberté, égalité, fraternité, les promesses n’engagent que ceux qui y croient. L’Italie, là où des dizaines de milliers de réfugiés débarquent… Une chance sur 10000 d’obtenir l’asile ; 9999 risques sur 10000 d’être renvoyés vers le Soudan, vers la guerre, vers la mort.

Ils ont fait appel de cette décision.

Pour que continuent à vivre les valeurs qui ont fait de la France le pays des Droits de l’Homme.

Liberté, égalité, fraternité, redonnons du sens à ces mots, redonnons du sens à la fraternité. Pour que la demande d’asile de Mohamed, Oussam, Abdou ,Omar, Muqahsim, Abdallah, Hussain, Abdselkasin, Soulayman, Osman, Muhanad et Nour Eddine soit étudiée par la France, pour que la promesse de la France soit respectée, soutenez notre démarche.

Les collectifs de soutien aux réfugiés de St Hippolyte du Fort et Le Vigan. »

 

Seurat : Port-en-Bessin, avant-port (marée haute).

 

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