15 jours après la séquence médiatique autour de la venue de Gerald Darmanin et de son homologue Britannique Priti Patel, les exile.e.s sont de retour à Calais. 

Si au moins 500 personnes ont été éloignées de force, la plupart sont revenues ou bien ne sont jamais parties. Les Centres d’Accueil et d’Examen des Situations (CAES) – structures présentées par les autorités comme “LA solution” pour délocaliser les personnes – servent avant tout à donner l’illusion d’opportunités administratives. 
Mais les personnes y étant emmenées de force, elles ne s’y sentent pas en confiance ni en sécurité pour prendre des décisions importantes pour elles, et reviennent donc systématiquement dans les jungles de Calais et Grande Synthe.

Chassées des précédents lieux depuis la « grande expulsion » mise en scène pour la visite des ministres, la situation est aujourd’hui sordide, indigne. 
Plusieurs centaines de personnes se voient nier l’accès aux ressources primaires que sont l’accès à l’eau et à des sanitaires décents. Des distributions d’eau sur certains lieux de vie notamment la zone industrielle des Dunes ont cessé et les latrines ne sont plus accessibles, ni les navettes pour les douches. Certaines rapportent ne pas avoir pu prendre de douches depuis plusieurs jours voire plusieurs semaines.

Pareille situation s’était déjà produite en juillet 2017 et 2018, les associations avaient saisi la justice. Le Conseil d’État avait alors confirmé que « l’absence de latrines, de points d’eau potable et de douches dans ce secteur révèlent une carence de nature à porter une atteinte grave et manifestement illégale à la dignité des personnes présentes dans les campements » ce qui avait obligé l’état et la mairie de Calais à mettre en place un minima de services.

Par ailleurs les destructions de campements se poursuivent à raison de plusieurs fois par semaine, les rendant extrêmement précaires, les tentes et sacs de couchages étant toujours en nombre insuffisant. tttt

Ces actions ne font pas pour autant disparaître les personnes du territoire, mais les place dans des conditions de survie déshumanisantes, affectant leur état de santé physique et mentale. Cette traque est la seule stratégie adoptée par l’état français depuis 30 ans, quitte à s’asseoir sur les droits humains les plus élémentaires. 

Ou peut-être que les autorités ne considèrent simplement pas ces personnes comme appartenant encore au genre humain ?

Photo d’un campement saccagé, au retour d’une famille sur les lieux