De Calais à la ZAD, et vice versa

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Il y a une histoire de solidarité entre ces deux lieux, bien que n’ayant que peu en commun à première vue. Des gens qui bougent et qui se mélangent, de luttes différentes mais liées.
Voici le communiqué de Nantes Révoltées sur la manif de dimanche dernier:

« 10 février : feu de joie contre l’aéroport et son monde

10 février 2018 : la Déclaration d’Utilité Publique du projet d’aéroport, décidée 10 ans plus tôt par le préfet de Nantes, est officiellement périmée. Il n’y aura jamais d’avions à Notre-Dames-des-Landes. Il est midi. Au Gourbi et à Saint-Jean du Tertre, deux lieux de la ZAD, deux points de départ pour converger vers la ferme de Bellevue, et fêter comme il se doit la victoire de ce combat de longue haleine, la foule grossit.

La foule est dense, le froid mordant. On patauge dans la boue. Une déclaration commune du mouvement est lue. Puis un tracteur bardé de fortifications en bois fend la multitude, suivi d’un gigantesque triton mobile, de 20 mètres de long. Un cortège s’étire derrière eux, piétinant sur les routes trop étroites pour une telle affluence. Il y a 40 000 personnes sur la ZAD. La foule des grands jours. On peut y croiser des gens de tous horizons, arborant souvent de larges sourires, ou les costumes les plus audacieux.

Arrivés à destination, les cortèges fusionnent, puis se dispersent sur trois champs adjacents. Un dragon aux narines fumantes fait son apparition. Un crocodile géant à la mâchoire acérée, vient également tenir compagnie au triton. Les trois géants se baladent dans la foule, se querellent dans un ballet surréaliste pendant qu’un speaker commente les événements. Au milieu du champ, un monticule de constructions représentant les grands projets destructeurs : l’extraction de sable, la poubelle nucléaire de Bure, le Center Parc de Roybon … et un avion en bois, massif. Les monstres virevoltent autour des symboles, avant d’y mettre le feu sous les acclamations. Une effigie de paille au visage de Gérard Colomb se consume. Mieux que Royal de Luxe, sans les subventions. L’immense brasier réchauffe quelques instants les premiers rangs, avant de diminuer. Des fanfares continuent à jouer, et les dizaines de milliers de personnes se répartissent autour des concerts, discussions, et autres stands. Malgré la pluie, des milliers de personnes resteront bien après la nuit tombée, autour d’un fest-noz et d’autres réjouissances.

Il y a toujours quelque chose de prodigieux, dans une période où il est si difficile de se mobiliser, de voir des dizaines de milliers de personnes, parfois venues de l’autre bout de la France, voire de l’Europe, venir se perdre au milieu d’un bocage, dans une lande trempée, par un temps glacial, après avoir tâtonné le long de routes sinueuses pour partager quelques heures ensemble. Quoiqu’on en dise, la ZAD porte en elle cette magie. Et beaucoup semblent y tenir. Aujourd’hui, c’est certain, cette magie ne s’éteindra pas. « 

 

Ici un appel à soutien pour l’ambulance venue aussi à Calais lors du démantèlement du bidonville, en 2016 avec des street medics solidaires de la ZAD.

 

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Brochure ambu def

Photos d’une frontière

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La frontière avec l’Angleterre peut être un concept flou.
Il n’y a pas que Calais, comme port, même si ça reste là ou il y a plus de trafic vers outre-Manche. Et avant d’être a Calais, ce trafic est ailleurs. Avec endurcissement de la frontière, plus d’infrastructures, grilles et contrôles, des exile.es tentent le passage d’autres lieux, le long des routes vers Calais, dans d’autres villes.
Avec les contrôles de la police aux frontières anglaises sur l’Euro star au départ de Paris et Bruxelles, par exemple, la frontière anglaise est située bien a l’intérieur de l’Europe continentale.

Paris sous la neige depuis le début de la semaine dernière. Toujours beaucoup de gens autour de la Bulle, cote Porte de la Chapelle. Jaures et Stalingrad habitées.
Des exile.es de passage, qui viennent d’arriver, certain.e.s dont ça fait trois ans qui sont la, dubliné.es, débouté.e.s de l’asile, d’autres avec statut de réfugié.e mais pas d’accès a un logement…
Avant les exile.es (et pas que) s’abritaient sous les ponts de transport public, maintenant grillage, il y a des tentes sous la neige. Avant les exile.es s’abritaient sous le pont du canal, maintenant grillage, il y a des tentes sous la neige. Un jours les exilé.es seront considéré.es comme des êtres humains, il n’y aura plus ni de grillage ni des gens contraints a habiter a la rue.
Le bâtiment A de l’Université de Paris St-Denis est toujours occupe, les habitants font un appel a dons que vous pouvez trouver ici. Plus d’infos sur cette page FB.
Depuis le début de la semaine, plusieurs travailleur.se.s sans papiers sont en grève et occupent six entreprises en Ile-De-France (Défi Technology ; Event Thaï ; STLG et Sepur; Chronopost et GLS) demandant leur régularisation, et en lutte contre le projet de loi Asile et Immigration.
La CNDA à Monteuil en grève reconductible, jusqu’au 21 février au moins, contre le même projet de loi. Ils dénoncent « une logique comptable de l’asile qui fait primer le raccourcissement des délais de jugement sur la qualité de l’instruction des demandes et des décisions rendues ».

ICI plus d’info sur la reforme du Droit d’Asile, sur le site du Gisti.

A Bruxelles, des centaines de citoyen.nes solidaires ouvrent leur maison aux exile.es , nombreuses entre la gare du nord et le parc St Maximilien. La répression augmente, de nombreuse.s personnes sont enferme.e.s et il y a risque réel pour plusieurs de déportations vers le Soudan.
Sur le site de Getting the Voice Out plus d’info sur les centres fermes en Belgique.
« Update de ce 10/02/2018 : Les arrestations vont bon train, et les cibles préférées actuellement de l’office ces derniers temps sont les mineurs et les femmes. D’après plusieurs témoignages provenant d’hébergeurs qui cherchent leurs hébergés dans les centres, l’information n’est plus donnée depuis plusieurs jours par l’accueil de ces centres. Une des réponses reçue : « weet het niet mevrouw » et clac, ça raccroche…  »

Ouistreham, port de la manche et porte vers l’Angleterre. Ici le récit de la manif du 3 fevrier, contre un rassemblement fasciste. A Caen, des squats qui tiennent, des squats qui tiennent pas, des gens a la rue et une frontière toujours là
Le matin du 8 fevrier les exilées s’abritant dans la salle paroissiale de Steenvorde ont été invites par des policiers a monte dans des bus direction CAES, et a ne jamais revenir.
A Tattenghem, expulse.e.s il y a quelque semaines avec la même invitation, les exilées reviennent habiter a quelque mètres du terrain ou ils étaient installe.e.s précédemment, car la frontière et ses infrastructures, eux, n’ont pas bougées.
A Angres, la semaine dernière, opération anti passeurs avec une vingtaine de personnes exilées arrêtées, pas que des suspect passeurs…
A Grande Synthe continuent les interpellations des exilées sur leurs lieux de vie, contrôle d’identité, pas de papiers égale souvent Coquelles. Parfois c’est la rétention, parfois on te garde, parfois on te libère dans la rue de la cite Europe, et la on te dit de te démerder pour trouver la gare -si il y a encore des bus ou trains- et rentrer « chez toi ».
A Calais, le jeudi 2 février, expulsion d’une zone de campement entre rue des Verrotieres et route de Gravelines, avec plus de 100 gardiens de la paix. Pour récupérer ses propres affaires, il fallait être déjà la, et ensuite montrer ses papiers… Plus proche de l’hôpital, baston avec des tirs, des blessés, le ministre Collomb qui débarque et les médias surexcites. Mais ce était ni la première baston ni la première expulsion: il y en a quasiment chaque jour, entre autre sur le terrain cote rue des Verrotieres et a la « Lidl Jungle », cote de Marck. Les exile.es perdent la plupart du temps toutes leurs affaires.
Dans ce deuxième endroit, au moins 13 interpellations lundi dernier. Les interpellés étant en majorité afghane, et le CRA de Coquelles n’ayant pas beaucoup de places, les personnes vont probablement être envoyées dans d’autres centre des rétention ici et la, avec différentes jurisprudences en terme d’application du Dublin ou de déportation vers un pays tel que l’Afghanistan (car la France, oui, déporte vers l’Afghanistan).
Entre temps l’État annonce la reprise en charge de la distribution de repas…

Et ce n’est sûrement que la pointe de l’iceberg de la frontière anglaise de ces dernières semaines…

Un peu plus au sud, sur la frontière franco-italienne, se poursuit l’acharnement contre les aidant.e.s solidaires. Cette fois-ci contre une militante d’Amnesty International. D’autres écrits sur le délit de solidarité, ici.

En France, des nombreuses circulaires sont sorties ces derniers temps, visant a ouvrir partout une chasse aux exilé.es et a faciliter leurs expulsions du territoire français. Vous pouvez en trouver ici et ici.
Le harcèlement étatique et policier qui mène a l’éloignement des gens les un.es des autres (et de la frontière), ça complique le suivi des personnes, brisant les liens créés entre les gens, parfois en en créant de nouveaux, parfois fragilisant encore plus les personnes.

 

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photo prise de Facebook, credit Pierre Linguanotto

MISE A JOUR: expulsions vers le Soudan

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I. , enfermé au centre de rétention de Coquelles, à coté de Calais, est passé face à son dernier juge samedi dernier. Celle-ci a décidé de prolonger sa détention, qui va donc atteindre la durée maximale (soit 45 jours).
Mais il n’y a pas de quoi s’inquiéter : la juge nous informe qu’il n’y a pas de déportation vers le Soudan. Et puis, finalement elle admet qu’il y en a, mais bon, de toute façon, très rarement…

M., déjà déporté depuis les Pays Bas pour être enfermé à Metz, est toujours en détention. Il a été emmené pour voir l’Ambassade à Paris mercredi dernier, mais finalement la voiture n’a pas pu partir à cause de la neige (sic).
Il est malade, dubliné et débouté de l’asile, et un recours à la Cour Européenne a été lancé la semaine dernière.
Pendant ce temps, il reste à la merci d’une déportation imminente, ne manquant pour se faire que le laisser-passer.

On a reçu et on publie ici le communiqué écrit par les personnes chez qui il vivait jusqu’à son arrestation:

« Mohamed BALLAH Amhed abdelhamid, né le 17.12.1985 va être transféré demain (aujourd’hui, le 14 fevrier) à Paris en vue de son expulsion vers le Soudan!
Écrivez au Ministre de l’Intérieur français, Monsieur Gérard Collomb… S’il vous plaît!
Il n’est pas encore dans l’avion!
Copiez, collez!
Aidez-le…
sec.immigration@i
nterieur.gouv.fr

« Monsieur le ministre,
Je voudrais que vous puissiez connaître cet homme…..
Il s’appelle Mohamed BALLAH Amhed abdelhamid… il est né le 17.12.1985 et ne veut pas mourir.
Il est incarcéré au centre de rétention de Metz et a presque épuisé tous ses recours… il risque de se faire expulser au Soudan… Son état de santé et les raisons qui l’ont poussé à fuir son pays le renverraient vers la mort!
Ce mercredi 14.02.2018 il doit se rendre à l’ambassade à Paris… son envol est imminent…
Mais tant qu’il y aura de l’espoir, nous nous battrons à ses côtés… Nous ne l’abandonnerons pas…
Par ce mail, je vous demande de toutes mes forces de faire ce qui est en votre pouvoir pour interdire l’expulsion vers le Soudan de Mohamed BALLAH Amhed abdelhamid, né le 17.12.1985.
J’en appelle à votre humanité…

G. D., née en Belgique et citoyenne du monde.  »

 

Alerte

Pour un vrai droit d’asile en Europe

Appel des collectifs, associations, citoyens solidaires à sortir de la politique du ni-ni : ni accueil des réfugiés, ni rejet du droit d’asile

« Depuis mai 2017, la nouvelle majorité présidentielle a défini les axes de la politique d’accueil de la France à l’égard des réfugiés.

Malgré des promesses et l’affichage de mesures pour l’accueil (ouverture de nombreux centres d’hébergement, promesse d’accélérer la procédure d’asile..), la politique menée par la France n’est pas à la hauteur. Cet affichage se double d’une politique de répression très dure à Calais, de poursuite des sans-papiers dans les centres d’hébergement d’urgence, et d’une politique d’expulsion massive de ses demandeurs d’asile grâce aux rouages du règlement Dublin III.

Les collectifs, associations et citoyens solidaires, atterrés de ce double discours et dénonçant avec force le règlement Dublin, appellent à un changement radical de politique. »

En lire plus sur http://www.stopdublin.fr/

« Le Soudan, c’est pas bien » – risque deportation CRA Coquelles

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Nouvelles du 10 fevrier: I est prolongé en rétention pour 15 jours. On reste vigilant-e-s!

Ceci c’est une histoire imaginaire. Toute référence éventuelle à des choses, faits, lieux ou personnes ayant réellement existé ou réellement existantes est purement fortuite.

Barbelés, barbelés, grilles et voitures des forces de l’ordre.
Pas loin, le contrôle des passeports de l’Euro-tunnel. Un peu plus loin, l’Angleterre.

A l’accueil du CRA de Coquelles, quelques questions.
Officier de police, dorénavant appelée  P: « C’est pour quoi? »
personne X, dorénavant appelée X:  « une visite, pour I. »
P: « on vient vous ouvrir, préparez votre carte d’identité »

La conversation se poursuit à l’intérieur, avant la fouille.
P: « C’est votre compagnon? »
X: « pardon?! »
P: »… »
X: « … »
P: « Il est bien de la Cote d’Ivoire, non? »
X: »non, il est soudanais. »
P: à mi voix « bref, il est noir je veut dire »
X: « pardon?!?! »
P: à voix haute « bref ouais bah ça fait longtemps? »
X: « baah oui vous devriez l’avoir vu en fait, depuis le 9 janvier »
P: « Ah oui?! bah c’est bizarre, si il est soudanais, car normalement ça sort au bout de quelque jours maxi… ils le gardent pour quoi, je ne comprend pas, ils peuvent pas le renvoyer au Soudan quand même..! »
X: « …. »
P: « vous avez dit quoi? »
X: « bah ouais en fait il craint une déportation vers le Soudan »
P: « mais non! mais vous êtes sure? mais franchement, non, vers d’autres pays oui c’est bon mais il n’y a pas de déportation vers le soudan, non? Le Soudan, c’est pas bien … »
X: « ……………… »
I., lui, reste toujours enfermé au centre de rétention de Coquelles.
Il ne comprend pas, tout comme l’officier de police de la petite histoire, comment c’est même possible de risquer d’être expulsé vers le Soudan.

Nous non plus.

« Le Soudan, c’est pas bien », dans un rapport d’Amnesty International du 2017.
M.,  risque toujours une déportation depuis le CRA de Metz vers le Soudan.
D’autres déportations essayées, parfois réussies, parfois pas, France-Soudan, voir ici, ici, ici, ici, ici, ici , et .

 

Ce que vous pouvez faire :

Interpeller le ministre de l’intérieur pour demander de stopper l’expulsion de I.:

sec.immigration@interieur.gouv.fr

Interpeller la préfète du Pas-de-Calais pour lui demander d’annuler toutes les OQTF pour le Soudan :

http://pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous

fabien.sudry@pas-de-calais.pref.gouv.fr

 

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Un bâtiment occupé à Paris 8

Depuis mardi, un bâtiment de l’université Paris-Vincennes-Saint-Denis (bâtiment A) est occupé jour et nuit.  Y vivent ensemble des étudiants et des migrants. L’occupation de ce bâtiment a été réalisé par un regroupement de collectifs parisiens  mardi 30 janvier après des initiatives similaires a Nantes et Lyon..

Communiqué des migrant.e.s du bâtiment A de l’Université Paris 8

« Nous sommes des exilé.e.s du monde entier, des dubliné.e.s, des réfugié.e.s statutaires à la rue. Nous sommes débouté.e.s de l’asile, nous venons de traverser la mer, nous sommes des mineurs sans papiers. Nous occupons l’ IUniversité Paris 8 depuis le 30 janvier 2018.
Nous sommes des exilé.e.s du monde entier, des dubliné.e.s, des réfugié.e.s statutaires à la rue. Nous sommes débouté.e.s de l’asile, nous venons de traverser la mer, nous sommes des mineurs sans papiers. Nous occupons l’Université Paris 8 depuis le 30 janvier 2018. Pourquoi avons-nous du faire cette action ? Ces derniers mois, la France a déporté de nombreuses personnes. Nombre d’entre nous se sont suicidés. Il y a trois mois, un ami sous le coup du règlement de Dublin, déprimé, s’est allongé sur les rails d’un train qui l’a percuté. Il y a dix jours à Calais, la police a frappé et gazé des éxilé.e.s dormant dans la rue. Un jeune a eu la moitié du visage arrachée par un tir policier. Un ami qui avait rendez-vous à la préfecture y a été arrêté et mis en centre de rétention administrative (CRA), avant d’être déporté en Italie. La police française a ses gyrophares, ses sirènes et ses gaz, mais ni foi ni loi. Ce que le système d’immigration français attend de nous, ce sont nos empreintes, pas nous. L’arbitraire et l’aléatoire sont notre quotidien, à l’OFPRA, à la CNDA, à la préfecture. A l’issue des démarches, certain.e.s sont refusé.e.s, d’autres dubliné.e.s indéfiniment, assigné.e.s à résidence, déporté.e.s, et ce sans aucune logique.

Nous revendiquons les choses suivantes :

Des papiers pour tou.te.s
Des logements décents et pérennes
Pouvoir apprendre le français et continuer nos études
La fin des refus au Dispositif d’Evaluation des Mineurs Isolés Etrangers (DEMIE)
L’arrêt immédiat des déportations vers tous les pays, en Europe comme ailleurs.
Nous attendons de tou.te.s les exilé.e.s qu’ils et elles luttent partout en France contre l’oppression et l’injustice et contre les pratiques de la police dans la rue. A la population française : vous qui avez fait cette révolution que l’on étudie dans les livres d’histoires, reprenez-la ! Nous remercions la population de son soutien, qui, contrairement à son gouvernement, nous montre sa solidarité. L’administration de la fac utilise la carotte et le bâton dans les négociations. Les un.e.s disent qu’ils vont nous donner un autre endroit dans la fac, les autres nous menacent à mots couverts de faire entrer la police. Nous demandons aux étudiant.e.s et aux professeur.e.s de l’Université Paris 8 de nous soutenir dans nos revendications. Nous les remercions et leur demandons de rester totalement avec nous, jusqu’au bout. Nous nous joignons à la lutte des étudiants sans-papiers de l’Université.

A nos ami.e.s mort.e.s en traversant la mer,
A nos ami.e.s suicidé.e.s,
A nos ami.e.s mort.e.s à cause des frontières,
A nos ami.e.s mort.e.s dans le désert,
A nos amies violées en Libye,
Nous ne vous oublions pas. »

Les migrant.e.s de Paris 8

 

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Risque d’expulsion vers le Soudan / CRA de Metz

La politique d’expulsion vers le Soudan continue (voir ici, ici, ici, ici, ici, ici , et ). Il s’agit cette fois d’une personne enfermée au centre de rétention de Metz.

M. a été renvoyé de Hollande, car demandeur d’asile en France. Sa demande rejeté, mais peu importe, Dublin est appliquée.
Ils se trouve maintenant en rétention depuis quelque jours, il risque l’expulsion a tout moment.

 

Ce que vous pouvez faire :

Interpeller le ministre de l’intérieur pour demander de stopper l’expulsion :

sec.immigration@interieur.gouv.fr

Écrire un message ou téléphoner au préfet de la Moselle, Didier Martin, auteur de la décision d’expulsion, pour lui demander de l’annuler :

formulaire de contact : http://www.moselle.gouv.fr/Contactez-nous

pref-webmestre@moselle.gouv.fr

Téléphone : +33 3 87 34 87 34

E-mail : didier.martin@moselle.pref.gouv.fr

 

Voici le communiqué de ses ami.es:

« Notre ami n’est pas un cas isolé… Mais pour nous, ce n’est pas un numéro… A son arrivée en France il y a près de deux ans, il demande l’asile… Il se fait opérer parce qu’il souffre d’une défaillance rénale… Mais sa demande d’asile est refusée et accompagnée d’un oqtf… Il quitte la France et interrompt les soins dont il a besoin… Il débarque alors en Belgique, il ne connaît toujours pas ses droits… Il souhaite plus que jamais rejoindre l’Angleterre où il pense pouvoir trouver refuge et protection… une terre d’asile qui serait bien méritée… Il dort chez nous et partage notre vie familiale tout en courant après le bonheur… il revient à chaque fois épuisé, parfois meurtri, battu par la police ou par la mafia qui sévit sur les parkings… Il se refait opérer d’urgence, après bien des bataiĺles, parce qu’il risque une septicémie… il aurait fallu lui retirer la sonde placée plus d’un an avant. On lui en replace une provisoire… Ses ennuis avec la police belge et la peur d’être expulsé si une nouvelle demande d’asile n’aboutit pas lui font continuer sa course vers un rêve de plus en plus inaccessible! Il se fait arrêter en Hollande et est incarcéré à Rotterdam… pendant un mois… il souffre et développe une nouvelle infection mais avec ce qu’il lui reste de dignité, il refuse d’être emmené aux urgences menotté… il a mal… il est beau… il est digne… Il ne se nourrit plus comme il devrait… il perd des forces et doucement baisse les bras… Lors de nos visites, il nous sourit pour faire bonne figure mais nous voyons les larmes qu’il essaie de cacher… Aujourd’hui il a été renvoyé en France et est incarcéré au centre de rétention de Metz… Il a introduit une nouvelle demande d’asile qui a très peu de chance d’aboutir parait-il… Préparons-nous au pire nous dit-on! Un retour au Soudan signifierait pour lui la mort… … parce qu’il est très malade et parce que si il a quitté son pays, sa famille, ses racines c’est à cause des menaces qui pesaient sur lui, d’un danger réel de mort, il est activement recherché sous la dictature! … et certainement pas pour profiter d’une Europe bien lamentable… Mais tant qu’il y aura de l’espoir, nous nous battrons à ses côtés… Nous ne l’abandonnerons pas… « 

Encore un mort.

Un homme est mort lundi soir à Jabbeke (Belgique) suite à une interpellation de police sur un parking. Il a dû traverser l’autoroute E40 et a été percuté par un véhicule.

Un temps de commémoration est prévu ce soir à 18h30 au parc Richelieu à Calais.

C’est le deuxième mort de la frontière britannique en janvier 2018.

« Ce n’est pas un compte, c’est à chaque fois une personne qui est morte. »

 

A cause de la politique frontalière sont morts également depuis janvier 2017 :
S.,  un érythréen, meurt percuté sur la voie rapide à côté de Marck le 9 janvier 2018.

Jabar, un afghan père de deux enfants, meurt dans l’accident du camion dans lequel il se trouvait le 29 décembre 2017. Il essayait de rejoindre sa famille.

Abdullah, un mineur afghan de 15 ans meurt écrasé sur l’A16 à Calais le 21 décembre 2017.

Fisha, 22 ans, venu d’Érythrée, est mort le 3 aout 2017, écrasé sur l’autoroute par plusieurs véhicules après avoir sauté de la camionnette dans laquelle il était.

Omar, un mineur soudanais de 17 ans, a été écrasé le 22 juillet 2017 par le bus auquel il s’était accroché à Bruxelles.

Un conducteur polonais, est mort après avoir percuté un barrage sur l’autoroute, le 20 juin 2017.

Kim Le, exilé venu du Vietnam, s’est suicidé à l’hôpital, le mercredi 31 mai 2017.

Le mardi 2 mai 2017, un exilé est mort gare du Nord à Paris, brûlé par l’arc électrique formé par les caténaires sur le toit de l’Eurostar où il avait réussi à monter.

Un exilé afghan est mort suite à une tentative de passage le 11 mars 2017.

Johnsina, 20 ans, venu d’Éthiopie, est mort samedi  21 janvier 2017 vers 8h du matin, écrasé sur l’autoroute par plusieurs camions.

ALERTE à Norrent-Fontes

Un appel à soutien est lancé, devant la menace imminente d’expulsion du campement de Norrent – Fontes.

Un arrêté municipal a été affiché samedi matin par le maire et des gendarmes et
un recours a été déposé au Tribunal Administratif de Lille le jour même, mais les 79 personnes qui vivent là risquent d’être chassées dès lundi matin, sans qu’aucune solution adaptée leur soit proposée. Le bidonville est sous menace imminente de destruction.

Besoin de mobilisation :
Venez au campement soutenir les exilé-e-s !

Vous pouvez aussi eppeler et demander des comptes par téléphone, par fax ou par mail

Mairie de Norrent-Fontes (9h-12h / 14h-17h)
Téléphone: 03.21.02.04.23
Fax: 03.21.02.02.54
Mail: contact@norrent-fontes.fr
Bertrand Cocq, maire: 06.46.91.92.16.

Préfecture du Pas de Calais, Arras (9h-16h30)
préfet: Fabien Sudry
Téléphone: 03.21.21.20.00.
Fax: 03.21.55.30.30.

Sous Préfecture de Béthune (9h-12h / 13h30-16h)
Téléphone: 03 21 61 50 50
fax: 03 21 61 79 79
secrétariat du sous-préfet (Nicolas Honoré): 03.21.61.79.60.

Pour rappel:
Il y a des exilé-e-s de passage autour de l’aire de repos depuis la fin des années 90 (ils et elles tentent de monter dans les camions qui vont en Grande-Bretagne)
Le campement de Norrent-Fontes existe à cet endroit précis depuis 2008 d’après les autorités et fait l’objet d’un suivi de la prefecture et des services de polices.

Après une destruction préfectorale irrégulière en 2012, le campement a été reconstruit avec l’aide de Médecins du Monde, de feu la région Nord pas de Calais et bien sûr des femmes et des hommes habitant le campement ou les environs.

Le bidonville est très précaire mais il est relativement paisible. Depuis 1 an l’aire de repos est surveillée nuit et jour, si les passages par cet endroit sont moins nombreux, c’est l’un des rares lieux de vie où les exilés ne se font pas gazer, frapper, humilier.
(Calais, Paris, Bruxelles,…)

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Vers une accélération du « tri » des personnes

Le soleil est revenu. Il sèche les affaires détrempées, celles qui n’ont pas été jetées dans la benne municipale mercredi 31 Aout, lors de l’opération policière sous le pont Mollien.
Le soir même, certains exilés étaient déjà revenus du lieu où ils avaient été emmenés, une destination inconnue d’eux même à 2h de Calais. Ils rapportent : « pas dans une ville, mais un lieu au milieu de nulle part ».

Il s’agit en fait d’un CAES : un Centre d’Accueil et d’Etude des Situations administratives, en périphérie de Bailleul ou de Belval. Ce nouveau dispositif d’état constitue une 1ère étape dans le « tri » des exilés avec examen accéléré de leur situation administrative. Un séjour à la durée limitée avant un transfert vers un CAO 
ou un PRAHDA.  L’état n’est pas clair sur les motifs qui conditionne le placement dans l’un ou l’autre de ces centres.
Des mobilisations existaient déjà autour des CAO (voir ici).
De nombreuses inquiétudes se forment autour des PRAHDA, ces centres semi-ouverts destinés aux Dublinés qui pourraient y être assignés à résidence avec l’obligation de pointages, facilitant ainsi leur renvois vers d’autres pays Européens ou vers le pays d’origine.
Voir l’article de Passeurs d’hospitalités : des CAO au PRAHDA
Voir l’article de La Cimade DUBLIN : vers un durcissement.

Dans la continuité du président Macron, le Préfet du Pas de Calais a annoncé vendredi 25 Août qu’il n’y aurait plus d’exilés à la rue cet hiver. En Septembre, l’état semble prêt à nous offrir quelques surprises.

On peut donc s’attendre à une accélération des rafles et des procédures de « tri ».

Aux exilés raflés, on avait pourtant donné le choix entre le CAES et le centre de rétention. Avant hier soir, ils étaient au moins une petite dizaine à avoir quitté le dispositif, pour revenir dormir dans les rues sans même un sac de couchage, confisqué par la police.
Ça n’est donc pas la perspective de déposer une demande d’asile en France qui motive nos voyageurs, mais certainement le fait de pouvoir prendre une douche à #Calais. #Douchespourtous #appeldair

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