Pour un vrai droit d’asile en Europe

Appel des collectifs, associations, citoyens solidaires à sortir de la politique du ni-ni : ni accueil des réfugiés, ni rejet du droit d’asile

« Depuis mai 2017, la nouvelle majorité présidentielle a défini les axes de la politique d’accueil de la France à l’égard des réfugiés.

Malgré des promesses et l’affichage de mesures pour l’accueil (ouverture de nombreux centres d’hébergement, promesse d’accélérer la procédure d’asile..), la politique menée par la France n’est pas à la hauteur. Cet affichage se double d’une politique de répression très dure à Calais, de poursuite des sans-papiers dans les centres d’hébergement d’urgence, et d’une politique d’expulsion massive de ses demandeurs d’asile grâce aux rouages du règlement Dublin III.

Les collectifs, associations et citoyens solidaires, atterrés de ce double discours et dénonçant avec force le règlement Dublin, appellent à un changement radical de politique. »

En lire plus sur http://www.stopdublin.fr/

Publicités

« Le Soudan, c’est pas bien » – risque deportation CRA Coquelles

Étiquettes

, , , ,

Nouvelles du 10 fevrier: I est prolongé en rétention pour 15 jours. On reste vigilant-e-s!

Ceci c’est une histoire imaginaire. Toute référence éventuelle à des choses, faits, lieux ou personnes ayant réellement existé ou réellement existantes est purement fortuite.

Barbelés, barbelés, grilles et voitures des forces de l’ordre.
Pas loin, le contrôle des passeports de l’Euro-tunnel. Un peu plus loin, l’Angleterre.

A l’accueil du CRA de Coquelles, quelques questions.
Officier de police, dorénavant appelée  P: « C’est pour quoi? »
personne X, dorénavant appelée X:  « une visite, pour I. »
P: « on vient vous ouvrir, préparez votre carte d’identité »

La conversation se poursuit à l’intérieur, avant la fouille.
P: « C’est votre compagnon? »
X: « pardon?! »
P: »… »
X: « … »
P: « Il est bien de la Cote d’Ivoire, non? »
X: »non, il est soudanais. »
P: à mi voix « bref, il est noir je veut dire »
X: « pardon?!?! »
P: à voix haute « bref ouais bah ça fait longtemps? »
X: « baah oui vous devriez l’avoir vu en fait, depuis le 9 janvier »
P: « Ah oui?! bah c’est bizarre, si il est soudanais, car normalement ça sort au bout de quelque jours maxi… ils le gardent pour quoi, je ne comprend pas, ils peuvent pas le renvoyer au Soudan quand même..! »
X: « …. »
P: « vous avez dit quoi? »
X: « bah ouais en fait il craint une déportation vers le Soudan »
P: « mais non! mais vous êtes sure? mais franchement, non, vers d’autres pays oui c’est bon mais il n’y a pas de déportation vers le soudan, non? Le Soudan, c’est pas bien … »
X: « ……………… »
I., lui, reste toujours enfermé au centre de rétention de Coquelles.
Il ne comprend pas, tout comme l’officier de police de la petite histoire, comment c’est même possible de risquer d’être expulsé vers le Soudan.

Nous non plus.

« Le Soudan, c’est pas bien », dans un rapport d’Amnesty International du 2017.
M.,  risque toujours une déportation depuis le CRA de Metz vers le Soudan.
D’autres déportations essayées, parfois réussies, parfois pas, France-Soudan, voir ici, ici, ici, ici, ici, ici , et .

 

Ce que vous pouvez faire :

Interpeller le ministre de l’intérieur pour demander de stopper l’expulsion de I.:

sec.immigration@interieur.gouv.fr

Interpeller la préfète du Pas-de-Calais pour lui demander d’annuler toutes les OQTF pour le Soudan :

http://pas-de-calais.gouv.fr/Contactez-nous

fabien.sudry@pas-de-calais.pref.gouv.fr

 

10859945.jpg

Un bâtiment occupé à Paris 8

Depuis mardi, un bâtiment de l’université Paris-Vincennes-Saint-Denis (bâtiment A) est occupé jour et nuit.  Y vivent ensemble des étudiants et des migrants. L’occupation de ce bâtiment a été réalisé par un regroupement de collectifs parisiens  mardi 30 janvier après des initiatives similaires a Nantes et Lyon..

Communiqué des migrant.e.s du bâtiment A de l’Université Paris 8

« Nous sommes des exilé.e.s du monde entier, des dubliné.e.s, des réfugié.e.s statutaires à la rue. Nous sommes débouté.e.s de l’asile, nous venons de traverser la mer, nous sommes des mineurs sans papiers. Nous occupons l’ IUniversité Paris 8 depuis le 30 janvier 2018.
Nous sommes des exilé.e.s du monde entier, des dubliné.e.s, des réfugié.e.s statutaires à la rue. Nous sommes débouté.e.s de l’asile, nous venons de traverser la mer, nous sommes des mineurs sans papiers. Nous occupons l’Université Paris 8 depuis le 30 janvier 2018. Pourquoi avons-nous du faire cette action ? Ces derniers mois, la France a déporté de nombreuses personnes. Nombre d’entre nous se sont suicidés. Il y a trois mois, un ami sous le coup du règlement de Dublin, déprimé, s’est allongé sur les rails d’un train qui l’a percuté. Il y a dix jours à Calais, la police a frappé et gazé des éxilé.e.s dormant dans la rue. Un jeune a eu la moitié du visage arrachée par un tir policier. Un ami qui avait rendez-vous à la préfecture y a été arrêté et mis en centre de rétention administrative (CRA), avant d’être déporté en Italie. La police française a ses gyrophares, ses sirènes et ses gaz, mais ni foi ni loi. Ce que le système d’immigration français attend de nous, ce sont nos empreintes, pas nous. L’arbitraire et l’aléatoire sont notre quotidien, à l’OFPRA, à la CNDA, à la préfecture. A l’issue des démarches, certain.e.s sont refusé.e.s, d’autres dubliné.e.s indéfiniment, assigné.e.s à résidence, déporté.e.s, et ce sans aucune logique.

Nous revendiquons les choses suivantes :

Des papiers pour tou.te.s
Des logements décents et pérennes
Pouvoir apprendre le français et continuer nos études
La fin des refus au Dispositif d’Evaluation des Mineurs Isolés Etrangers (DEMIE)
L’arrêt immédiat des déportations vers tous les pays, en Europe comme ailleurs.
Nous attendons de tou.te.s les exilé.e.s qu’ils et elles luttent partout en France contre l’oppression et l’injustice et contre les pratiques de la police dans la rue. A la population française : vous qui avez fait cette révolution que l’on étudie dans les livres d’histoires, reprenez-la ! Nous remercions la population de son soutien, qui, contrairement à son gouvernement, nous montre sa solidarité. L’administration de la fac utilise la carotte et le bâton dans les négociations. Les un.e.s disent qu’ils vont nous donner un autre endroit dans la fac, les autres nous menacent à mots couverts de faire entrer la police. Nous demandons aux étudiant.e.s et aux professeur.e.s de l’Université Paris 8 de nous soutenir dans nos revendications. Nous les remercions et leur demandons de rester totalement avec nous, jusqu’au bout. Nous nous joignons à la lutte des étudiants sans-papiers de l’Université.

A nos ami.e.s mort.e.s en traversant la mer,
A nos ami.e.s suicidé.e.s,
A nos ami.e.s mort.e.s à cause des frontières,
A nos ami.e.s mort.e.s dans le désert,
A nos amies violées en Libye,
Nous ne vous oublions pas. »

Les migrant.e.s de Paris 8

 

27540431_179382116155819_4794293647300613571_n

Risque d’expulsion vers le Soudan / CRA de Metz

La politique d’expulsion vers le Soudan continue (voir ici, ici, ici, ici, ici, ici , et ). Il s’agit cette fois d’une personne enfermée au centre de rétention de Metz.

M. a été renvoyé de Hollande, car demandeur d’asile en France. Sa demande rejeté, mais peu importe, Dublin est appliquée.
Ils se trouve maintenant en rétention depuis quelque jours, il risque l’expulsion a tout moment.

 

Ce que vous pouvez faire :

Interpeller le ministre de l’intérieur pour demander de stopper l’expulsion :

sec.immigration@interieur.gouv.fr

Écrire un message ou téléphoner au préfet de la Moselle, Didier Martin, auteur de la décision d’expulsion, pour lui demander de l’annuler :

formulaire de contact : http://www.moselle.gouv.fr/Contactez-nous

pref-webmestre@moselle.gouv.fr

Téléphone : +33 3 87 34 87 34

E-mail : didier.martin@moselle.pref.gouv.fr

 

Voici le communiqué de ses ami.es:

« Notre ami n’est pas un cas isolé… Mais pour nous, ce n’est pas un numéro… A son arrivée en France il y a près de deux ans, il demande l’asile… Il se fait opérer parce qu’il souffre d’une défaillance rénale… Mais sa demande d’asile est refusée et accompagnée d’un oqtf… Il quitte la France et interrompt les soins dont il a besoin… Il débarque alors en Belgique, il ne connaît toujours pas ses droits… Il souhaite plus que jamais rejoindre l’Angleterre où il pense pouvoir trouver refuge et protection… une terre d’asile qui serait bien méritée… Il dort chez nous et partage notre vie familiale tout en courant après le bonheur… il revient à chaque fois épuisé, parfois meurtri, battu par la police ou par la mafia qui sévit sur les parkings… Il se refait opérer d’urgence, après bien des bataiĺles, parce qu’il risque une septicémie… il aurait fallu lui retirer la sonde placée plus d’un an avant. On lui en replace une provisoire… Ses ennuis avec la police belge et la peur d’être expulsé si une nouvelle demande d’asile n’aboutit pas lui font continuer sa course vers un rêve de plus en plus inaccessible! Il se fait arrêter en Hollande et est incarcéré à Rotterdam… pendant un mois… il souffre et développe une nouvelle infection mais avec ce qu’il lui reste de dignité, il refuse d’être emmené aux urgences menotté… il a mal… il est beau… il est digne… Il ne se nourrit plus comme il devrait… il perd des forces et doucement baisse les bras… Lors de nos visites, il nous sourit pour faire bonne figure mais nous voyons les larmes qu’il essaie de cacher… Aujourd’hui il a été renvoyé en France et est incarcéré au centre de rétention de Metz… Il a introduit une nouvelle demande d’asile qui a très peu de chance d’aboutir parait-il… Préparons-nous au pire nous dit-on! Un retour au Soudan signifierait pour lui la mort… … parce qu’il est très malade et parce que si il a quitté son pays, sa famille, ses racines c’est à cause des menaces qui pesaient sur lui, d’un danger réel de mort, il est activement recherché sous la dictature! … et certainement pas pour profiter d’une Europe bien lamentable… Mais tant qu’il y aura de l’espoir, nous nous battrons à ses côtés… Nous ne l’abandonnerons pas… « 

Encore un mort.

Un homme est mort lundi soir à Jabbeke (Belgique) suite à une interpellation de police sur un parking. Il a dû traverser l’autoroute E40 et a été percuté par un véhicule.

Un temps de commémoration est prévu ce soir à 18h30 au parc Richelieu à Calais.

C’est le deuxième mort de la frontière britannique en janvier 2018.

« Ce n’est pas un compte, c’est à chaque fois une personne qui est morte. »

 

A cause de la politique frontalière sont morts également depuis janvier 2017 :
S.,  un érythréen, meurt percuté sur la voie rapide à côté de Marck le 9 janvier 2018.

Jabar, un afghan père de deux enfants, meurt dans l’accident du camion dans lequel il se trouvait le 29 décembre 2017. Il essayait de rejoindre sa famille.

Abdullah, un mineur afghan de 15 ans meurt écrasé sur l’A16 à Calais le 21 décembre 2017.

Fisha, 22 ans, venu d’Érythrée, est mort le 3 aout 2017, écrasé sur l’autoroute par plusieurs véhicules après avoir sauté de la camionnette dans laquelle il était.

Omar, un mineur soudanais de 17 ans, a été écrasé le 22 juillet 2017 par le bus auquel il s’était accroché à Bruxelles.

Un conducteur polonais, est mort après avoir percuté un barrage sur l’autoroute, le 20 juin 2017.

Kim Le, exilé venu du Vietnam, s’est suicidé à l’hôpital, le mercredi 31 mai 2017.

Le mardi 2 mai 2017, un exilé est mort gare du Nord à Paris, brûlé par l’arc électrique formé par les caténaires sur le toit de l’Eurostar où il avait réussi à monter.

Un exilé afghan est mort suite à une tentative de passage le 11 mars 2017.

Johnsina, 20 ans, venu d’Éthiopie, est mort samedi  21 janvier 2017 vers 8h du matin, écrasé sur l’autoroute par plusieurs camions.

ALERTE à Norrent-Fontes

Un appel à soutien est lancé, devant la menace imminente d’expulsion du campement de Norrent – Fontes.

Un arrêté municipal a été affiché samedi matin par le maire et des gendarmes et
un recours a été déposé au Tribunal Administratif de Lille le jour même, mais les 79 personnes qui vivent là risquent d’être chassées dès lundi matin, sans qu’aucune solution adaptée leur soit proposée. Le bidonville est sous menace imminente de destruction.

Besoin de mobilisation :
Venez au campement soutenir les exilé-e-s !

Vous pouvez aussi eppeler et demander des comptes par téléphone, par fax ou par mail

Mairie de Norrent-Fontes (9h-12h / 14h-17h)
Téléphone: 03.21.02.04.23
Fax: 03.21.02.02.54
Mail: contact@norrent-fontes.fr
Bertrand Cocq, maire: 06.46.91.92.16.

Préfecture du Pas de Calais, Arras (9h-16h30)
préfet: Fabien Sudry
Téléphone: 03.21.21.20.00.
Fax: 03.21.55.30.30.

Sous Préfecture de Béthune (9h-12h / 13h30-16h)
Téléphone: 03 21 61 50 50
fax: 03 21 61 79 79
secrétariat du sous-préfet (Nicolas Honoré): 03.21.61.79.60.

Pour rappel:
Il y a des exilé-e-s de passage autour de l’aire de repos depuis la fin des années 90 (ils et elles tentent de monter dans les camions qui vont en Grande-Bretagne)
Le campement de Norrent-Fontes existe à cet endroit précis depuis 2008 d’après les autorités et fait l’objet d’un suivi de la prefecture et des services de polices.

Après une destruction préfectorale irrégulière en 2012, le campement a été reconstruit avec l’aide de Médecins du Monde, de feu la région Nord pas de Calais et bien sûr des femmes et des hommes habitant le campement ou les environs.

Le bidonville est très précaire mais il est relativement paisible. Depuis 1 an l’aire de repos est surveillée nuit et jour, si les passages par cet endroit sont moins nombreux, c’est l’un des rares lieux de vie où les exilés ne se font pas gazer, frapper, humilier.
(Calais, Paris, Bruxelles,…)

image

 

Vers une accélération du « tri » des personnes

Le soleil est revenu. Il sèche les affaires détrempées, celles qui n’ont pas été jetées dans la benne municipale mercredi 31 Aout, lors de l’opération policière sous le pont Mollien.
Le soir même, certains exilés étaient déjà revenus du lieu où ils avaient été emmenés, une destination inconnue d’eux même à 2h de Calais. Ils rapportent : « pas dans une ville, mais un lieu au milieu de nulle part ».

Il s’agit en fait d’un CAES : un Centre d’Accueil et d’Etude des Situations administratives, en périphérie de Bailleul ou de Belval. Ce nouveau dispositif d’état constitue une 1ère étape dans le « tri » des exilés avec examen accéléré de leur situation administrative. Un séjour à la durée limitée avant un transfert vers un CAO 
ou un PRAHDA.  L’état n’est pas clair sur les motifs qui conditionne le placement dans l’un ou l’autre de ces centres.
Des mobilisations existaient déjà autour des CAO (voir ici).
De nombreuses inquiétudes se forment autour des PRAHDA, ces centres semi-ouverts destinés aux Dublinés qui pourraient y être assignés à résidence avec l’obligation de pointages, facilitant ainsi leur renvois vers d’autres pays Européens ou vers le pays d’origine.
Voir l’article de Passeurs d’hospitalités : des CAO au PRAHDA
Voir l’article de La Cimade DUBLIN : vers un durcissement.

Dans la continuité du président Macron, le Préfet du Pas de Calais a annoncé vendredi 25 Août qu’il n’y aurait plus d’exilés à la rue cet hiver. En Septembre, l’état semble prêt à nous offrir quelques surprises.

On peut donc s’attendre à une accélération des rafles et des procédures de « tri ».

Aux exilés raflés, on avait pourtant donné le choix entre le CAES et le centre de rétention. Avant hier soir, ils étaient au moins une petite dizaine à avoir quitté le dispositif, pour revenir dormir dans les rues sans même un sac de couchage, confisqué par la police.
Ça n’est donc pas la perspective de déposer une demande d’asile en France qui motive nos voyageurs, mais certainement le fait de pouvoir prendre une douche à #Calais. #Douchespourtous #appeldair

souslepont

#humanitéfermeté

(Via la cabane juridique, publié ce matin)

Ce matin dès 8h00 a eu lieu une opération « humanitaire/policière » #humanitéfermeté au quai de la gendarmerie à Calais. Neuf fourgons de C.R.S., des officiers de la PAF et des agents de l’Office Français d’Immigration et Intégration, étaient présents pour opérer l’expulsion de la quarantaine d’exilés dormant sous le pont. Ces derniers ont pu choisir entre un hébergement temporaire loin de Calais (22 personnes) ou une interpellation (au moins 9 personnes dont des mineurs isolés).
Alors qu’elle observait l’opération sur le quai opposé, une bénévole a été interpellée, placée en garde à vue pour rébellion, puis libérée cet après midi. 

Pour rappel, les expulsions continuent à Calais, les affaires des exilé-e-s et leurs couchages sont confisqués, dégradés ou détruits. Ce soir, il pleut encore.
Les observateurs-ices sont toujours les bienvenu-e-s.

 


 

Continuellement la mairie de Calais s’oppose à la présence des indésirables en centre ville, refuse ouvertement la décision du Conseil d’Etat, et annonce tout faire pour voir cesser les distributions de nourriture du centre ville. L’interdiction a pourtant été levée par le Tribunal Administratif de Lille.

Le dispositif de mise à l’abris fonctionne de façon opaque.
Aucune information concernant les départs des bus n’est donnée, pas même aux personnes exilées : ni les heures et lieux de départs, ni les destinations ne sont connues.

Les personnes expulsées ont donc le choix entre monter dans un bus vers une destination inconnue ou un placement en rétention. Tenant à distance les témoins, quelques soutiens présents sur place. Ceci constitue plutôt une mesure d’éloignement qu’une invitation à la remise en question d’un projet migratoire…
Ajoutons à cela que les demandes d’asile ne peuvent plus se faire à Calais.

10 mois après l’évacuation de la Jungle, la politique visant à décourager et invisibiliser les personnes continue de prévaloir sur une politique intelligente d’accueil, respectueuse des droits fondamentaux et des projets des personnes exilé-e-s.

Les associations annoncent aujourd’hui plus de 700 exilé-e-s présents autour de Calais.

quai
Photo : campement du Quai de la Gironde, été 2014

Un mort jeudi soir

Étiquettes

, , , ,

 

La violence frontalière ne prend pas de vacances.

Fisha, 22 ans, venu d’Érythrée, est mort jeudi dernier 3 août vers 23h40, écrasé sur l’autoroute par plusieurs véhicules après avoir sauté de la camionnette dans laquelle il était. C’est le septième mort connu à la frontière britannique en 2017.
« Ce n’est pas un compte, c’est à chaque fois une personne qui est morte. »

http://www.lavoixdunord.fr/200432/article/2017-08-04/un-migrant-meurt-percute-sur-l-a16

Un rassemblement de solidarité a eu lieu aujourd’hui à 18h30 à Calais, comme après chaque décès.

A cause de la politique frontalière sont morts également cette année :
Omar, un mineur soudanais de 17 ans, a été écrasé le 22 juillet par le bus auquel il s’était accroché à Bruxelles.

Un conducteur polonais, est mort après avoir percuté un barrage sur l’autoroute, le 20 juin.

Kim Le, exilé venu du Vietnam, s’est suicidé à l’hôpital, le mercredi 31 mai

Le mardi 2 mai, un exilé est mort gare du Nord à Paris, brûlé par l’arc électrique formé par les caténaires sur le toit de l’Eurostar où il avait réussi à monter.

Un exilé afghan est mort suite à une tentative de passage le 11 mars.

Johnsina, 20 ans, venu d’Éthiopie, est mort samedi  21 janvier vers 8h du matin, écrasé sur l’autoroute par plusieurs camions.

 

«Nous, Calaisiens, ne nous reconnaissons pas dans ce discours de rejet»

Depuis l’expulsion, à l’automne 2016, du plus grand bidonville d’Europe, Calais a vu revenir des centaines de personnes souhaitant, pour la plupart, aller en Angleterre. Ces enfants, ces femmes et ces hommes se trouvent dans une situation d’extrême précarité. Quotidiennement traqué.e.s par les forces de l’ordre, ils n’ont pas accès à leurs droits.
Le Défenseur des Droits en a attesté, le 14 juin dernier, et a dénoncé par communiqué « des atteintes aux droits fondamentaux » des personnes migrantes « d’une exceptionnelle et inédite gravité » sur le littoral Nord Pas-de-Calais.

Le 16 juin, des personnes exilées et des associations, épuisées de leurs appels sans réponse auprès de l’Etat, ont saisi le tribunal administratif lui demandant d’ordonner à l’État de mettre en place des dispositifs permettant l’accès aux droits fondamentaux des exilé.e.s. Une audience, à laquelle a assisté la Maire de Calais, s’est tenue au TA de Lille le 21 juin.

Le 26 juin, le tribunal a ordonné la mise en place de dispositifs tels que l’accès à des points d’eau, douches et latrines, à des maraudes pour les mineur.e.s, et une suppression des entraves à l’action des associations (harcèlement policier, verbalisation des bénévoles).

La Maire de Calais, soutenue par la majorité du conseil municipal, a réagi le jour-même en annonçant qu’elle refusait d’appliquer la décision de justice, et déclaré que, pour elle, les exigences formulées étaient inacceptables. Un appel a été déposé au Conseil d’Etat, par la Mairie de Calais et la Préfecture, le 6 Juillet 2017.

Des citoyen.ne.s calaisien.ne.s ont décidé de réagir…

« Nous sommes Calaisiens, Calaisiennes. Nous sommes indigné.e.s par les déclarations de Mme Bouchart, qui prétend parler au nom de tou.te.s les habitant.e.s de Calais, alors que son discours n’est empreint que d’un mépris de l’humain. Nous ne nous reconnaissons pas dans ce discours de division et de rejet.

Mercredi 21 Juin, certain.ne.s d’entre nous étions aussi présent.e.s à cette audience au Tribunal administratif, pour témoigner du traumatisme récurrent que subissent des personnes en exil dans notre ville.

Nous n’acceptons pas de voir ces gens, qui ont fui la guerre ou la misère, dans cette situation indigne de précarité et de maltraitance. Nous avons un cœur et une conscience. Nous refusons qu’ils.elles dorment dans la rue, dans les bois. Nous voulons que cesse cette chasse à l’Homme. Nous voulons qu’ils.elles puissent être informé.e.s de leurs droits, puissent être pris.e.s en charge pour ceux.celles qui le souhaitent, puissent passer légalement la Manche, puisque c’est leur projet, ou puissent demander l’asile. Nous voulons que l’article 13 de la déclaration universelle des Droits de l’Homme, et que les droits fondamentaux soient respectés.

Nous pensons aux riverain.e.s qui doivent eux.elles aussi subir la violence de cette politique de non-accueil mise en œuvre depuis 20 ans, politique qui oblige des milliers de personnes à supporter l’insupportable et les Calaisien.ne.s à en être témoins.

Invoquant le traumatisme vécu par les Calaisien.ne.s et l’économie en difficulté, Natacha Bouchart pointe les dommages qu’elle a elle-même engendrés en choisissant une politique non-hospitalière.

La réelle cause de l’économie en déclin et de l’impact négatif qui affecte Calais, c’est la désinformation : Calais n’est pas en guerre malgré ce que la municipalité, le gouvernement et certains médias essaient de vous faire croire.

La Justice a décidé que l’Etat et la ville devaient mettre en place un minimum pour les exilé.e.s présent.e.s dans le Calaisis : des points d’eau, l’accès à des douches, à des toilettes. Elle a demandé aux autorités de ne pas entraver le travail des associations. Or, Mme Bouchart dit qu’elle ne respectera pas cette décision, qu’elle juge « inacceptable » ! Quel exemple donné aux citoyen-ne-s de Calais et d’ailleurs !

Ce qui est inacceptable, c’est la manière dont Mme Bouchart, la municipalité entière et le gouvernement gèrent ou plutôt ne gèrent pas cette situation.

Ce qui est inacceptable, c’est la violence que créent cette frontière, les barrières et les barbelés, cette omniprésence policière.

Nous pensons aussi aux trop nombreux.ses mort.e.s, aux accidents et à tous les autres incidents sur la rocade autoroutière provoqués par la fermeture de la frontière.

Mme Bouchart le sait, Calais représente un point stratégique par sa situation géographique. Calais sera toujours un point de passage, personne ne peut déplacer cette ville. Alors les gens avec ou sans papiers qui souhaitent se rendre en Angleterre arriveront toujours à Calais, c’est un non-sens de l’ignorer.

Nous demandons que le droit à la liberté de circulation pour tou.te.s, garanti par l’article 13 de la déclaration universelle des Droits de l’Homme, soit enfin appliqué.

Nous voulons que le gouvernement et la municipalité trouvent des solutions pour que Calais ne soit plus une impasse, pour enlever ces grillages qui défigurent la ville, pour arrêter de dépenser en vain des centaines de millions d’euros en forces de police, barrières, caméras, projecteurs, drones, hélicoptères, vigiles, grillages, pour les consacrer à l’accueil et à des dépenses utiles à la ville de Calais et à ses citoyen.ne.s. »

Signataires habitant.e.s de Calais et CAC :

Mathilde Annebicque, Lucy Bastien, Jérôme Baude, Adelaide Belleau, Hayate Bibaoui, Betty Bossart, Jason Brebion, Isabelle Brillard, Juliette Cappe, Martine Castellan-Dujovnic, Barbara Chevalier, Jacqueline Chretien, Benjamin Danon, Anne Dekeister, Virginie Delrue, Philippe Demeestère, Monique Denoeux, Mileva Devos, Martine Devries, Medhi Dimpre, Julia Druelle, Louise Druelle, Nathalie Dudek, Sylvie Dufossé, Julie Dupont, Jean-Pierre Duwat, Lou Einhorn, Marga Esco, Emy Fiolet, Jean-Luc Fiolet, Patricia Fiolet, Laetitia Fontaine, Perrine Fusil, Julie Garrigue, Georges Gilles, François-Marie Guennoc, Mylène Herbez, Céline Hermel, Perrine Hudson, Marie-Pierre Huygues, Jean-Philippe Istace, Sylvie Jacqmin, Séverine Joly, Maya Konforti, Nell Labit, Alexandra Lambec, Mandy Lambec, Teddy Lambec, Jean-Philippe Lannoy, Cathie Lay-Gilbert, Jean-Robert Lay, Véronique Leclercq, Grégory Lefebvre, Jeyson Legrix, Carine Lemaire, Magalie Lemaitre, Aline Le Rouzic- Leclerc, Laurent Maameri, Matthieu Marsan, Aude Martin, Patricia Martin , Dominique Mégard, Claudine Moine, Caroline Ndaye, Sandra Nedjar, Valérie Noel, Emeric Obry, Francis Peduzzi, Renaud Perrin, Jason Ponthieu, Aurélie Pruvost, Thierry Rat, Bellinda Régnier, Dominique Richard-Multeau , Marie-Claire Richard-Multeau, Céline Roger, Nadine Rubanbleu, Dominique Ruelle, Sylvain de Saturne, Marie-Caroline Serret, Marie-France Szymkowiak, Renaud Till, Julien Tribalat, Sébastien Tribalat, Lucile Trenel, Blandine Vasseur, Pauline Vasseur, Marie-France Vertu, Gilles Wallet, Pascale Wallet, Christine Willot, Fabienne Yon


Ils ne sont pas Calaisien.ne.s, mais partagent notre indignation :

Abderrahman, M. Adam, M. Aleadine, Charles Alunni philosophe, Anne-Claude Ambroise-Rendu professeure d’Histoire, Jean-Pierre Améris cinéaste, Richard Andry directeur de la photographie, président de l’AFC, Jean-Christophe Angaut maître de conférences de philosophie ENS, Mathilde Annebicque, Etienne Balibar philosophe, professeur émérite (philosophie), Chrystel Barbieux, Luc Battiston cinéaste, Jacques Belin, Houria Bentouhami maîtresse de conférence en philosophie, Emmanuelle Bercot comédienne cinéaste, Elisabeth Bernard (Act and Help), Magali Bessone professeure de philosophie, Manuel Bienvenu développeur SIG, Abdallah Bihorel, Brigitte Bonnefoy-Clerc, Isabelle Bonura, Catherine Boskowitz metteure en scène, Dominique Bourgeois, Alain Bourgois, Sylvain Bourmeau journaliste, enseignant, Jean-Pierre Boutoille, Miriam Bovi chercheuse en sociologie et philosophie politique, Geneviève Brisac écrivaine, Isabelle Broué cinéaste, Michel Broué mathématicien, Robin Campillo réalisateur, Laurent Cantet cinéaste, Caroline Casadesus artiste lyrique, Martine Castellan-Dujovnic, Caroline Champetier directrice de la photographie, Stéphane Chatelain, Claudine Chevalier, Laurent Chevallier cinéaste, Christine Citti comédienne, Collectif Lille Nouvelle Jungle, Jean-Louis Comolli cinéaste, Catherine Coquio professeure de littérature, Catherine Corsini cinéaste, Lionel Crusoé, Gonzague Cuvelier, Nadia Daam journaliste, Émilie Deleuze cinéaste, Pauline Desablens, Anne Devarieux maître de conférence HDR philosophie, Guillaume Dezecache, Ariane Doublet cinéaste, Anne-Marie Dransart (Eux C’est Nous), Miguel Drollet, Patricia Duchesne enseignante, Morgane Dujmovic, Edika dessinateur, Annie Ernaux écrivaine, Emmaüs Dunkerque, Abbas Fahdel cinéaste, Jules Falquet MCF HDR en sociologie, CEDREF-LCSP, Frédéric Farrucci cinéaste, Éric Fassin sociologue, Philippe Faucon cinéaste, Pascale Ferran cinéaste, Sidonie Flahaut, Marina Foïs comédienne, Dan Franck écrivain, Costa-Gavras cinéaste, Denis Gheerbrant cinéaste, Françoise Ghestin, Stéphanie Girerd scénariste, réalisatrice, Claudia Girola enseignante-chercheure-anthropologue, Fabienne Godet cinéaste, Anne Gorouben, Marie Goupy philosophe, Maître de conférence,  Ninon Grangé MC-HDR en philosophie, Anouk Grimberg comédienne, Robert Guédiguian cinéaste, Henri Guette, Manon Hagnéré, Ourdia Hamadache, Adèle Haenel comédienne, Cyrille Hanappe (Actes et Cités), M. Hashem, M. Hassan, Groupe IAM artistes, M. Idriss, Agnès Jaoui comédienne, cinéaste, Céline Jouin maître de conférence en philosophie, Nicolas Klotz cinéaste, Jan Kounen cinéaste, La Cabane Juridique, Serge Lalou producteur, Chantal Lamarre, Jimmy Lambec, Françoise Lambelin, Romain Lay, Françoise Lefait, Alain Lefebvre, Nolwenn Lemesle cinéaste, Louis-Do de Lencquesaing comédien cinéaste, Anne-Sophie Ligniert, Jacques Ligniert, Michelle Ligniert, Alexandra Limousin, Camille Louis philosophe, Seloua Luste Boulbina philosophe, Regina Mantanika philosophe, Yann Manzi, Gwenael Margollet, François Marthouret comédien, Jean-Louis Martinelli metteur en scène, Paul Marques Duarte cinéaste, Corinne Masiero comédienne, Patricia Mazuy cinéaste, Claudine Menu, Denis Merklen sociologue, professeur des universités, Agnès Merlet cinéaste, Christophe Mileschi professeur des universités, Guillaume Mille, Estelle Miramont doctorante contractuelle en sociologie, M. Mohammed, Dominik Moll cinéaste, Gérard Mordillat cinéaste, Sarah Moon photographe, Yolande Moreau comédienne, François Morel comédien chanteur, M. Mustafa, Alfredo Naccari, Georges Navet professeur émérite, Olivier Neveu universitaire ENS, Julie Obrecht, Corine Pagny, Rithy Panh cinéaste, Arnaud des Pallières cinéaste, Marc Paquien metteur en scène, Nathalie Paul, Elisabeth Perceval cinéaste, Antonin Peretjatko cinéaste, Elise Pestre maître de conférence, Nicolas Philibert cinéaste, Julien Pitinome, Laurent Piton, Alain Policar, Centre de recherche politique de Sciences-Po (Cevipof), Mathieu Potte-Bonneville philosophe, Franck Prevost, Martin Provost cinéaste, Anne Querrien co-directrice de la revue Multitudes, Valérie Ranwez, Michèle Ray Gavras productrice, Olivia Régnier, Eric Reinhardt écrivain, Matthieu Renault enseignant chercheur en philosophie (RUSF), Brigitte Rouan comédienne cinéaste, Dominique Ruelle, Christophe Ruggia cinéaste, président de l’ADRC, Eric Salomé, Michèle Santoussi professeure, M. Sattar, Céline Sciamma cinéaste, Julien Selleron cinéaste, Claire Simon cinéaste, Dany Simon, Patrick Sobelman producteur, Véronique Soufflet, Marion Stalens cinéaste, Virginie Stidier, Benjamin Stora, historien, Nan Suel, Frédérico Tarragoni maître de conférence en sociologie, Etienne Tassin professeur de philosophie, Bertrand Tavernier cinéaste, Gaelle Téqui Cormley (Act for Ref), Pascal Tessaud cinéaste, Philippe Torreton comédien, Patrick Vauday professeur des universités, Nathalie Verdier journaliste, Pauline Vermeren philosophe, Karin Viard comédienne, Thomas Vincent cinéaste, Dominique Wiel

FullSizeRender