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LA QUINZAINE DES PASSEURS D’HOSPITALITÉS

Du 8 au 26 janvier 2016

On ne demande pas ce que les CalaisiEn-ne-s pensent. De temps en temps on en met en lumière un ou une dans les médias, censé-e représentatif-ve en fonction de schémas préfabriqués. Mais ce que pensent les gens en général on ne sait pas bien.

L’image qui est donnée de ce week-end des 23 et 24 janvier est par contre nettement binaire. Le samedi, une manifestation des « pro-migrants », principalement venu-e-s de l’extérieur, de Paris ou de Lille, ou des exilé-e-s du bidonville, « dégénérant » en « débordements » à la fin à cause des « No Borders ». Le dimanche, en nombre à-peu-près équivalent, la manifestation des Calaisiens pour leur ville, apolitique mais dont la maire de Calais, Les Républicains, prend le rôle de vedette devant les médias, et conviviale, mais les personnes personnes venant distribuer des tracts parlant de solidarité entre exilé-e-s et population locale sont éjectées par le service d’ordre. Malgré un appel initial plutôt ouvert, cette manifestation peut être présentée comme « anti-migrants ».

Qu’importe ce que pensent les Calaisien-ne-s, ce qui ressort, c’est l’opposition entre « nous », les gens « d’ici », regroupés derrière « notre » maire, et « eux », les « migrants » agités par « l’ultragauche ». Et ces représentations finissent par imprégner l’imaginaire et par organiser réellement la société.

Dans un contexte où les associations traditionnelles de soutien aux exilé-e-s ont délaissé leur ancrage dans le tissu social de la ville et ne s’adressent plus à la population que par médias interposés. Comme si la solidarité pouvait fonctionner sans le soutien de la population.

Figure de sortie de week-end : à la fin de la manifestation du samedi, des exilés suivis par des soutiens ont réussi à entrer dans le port et à monter sur un bateau à quai ; les six exilés poursuivis pour ça passeront un mois un prison dans l’attente de leur procès ; deux français poursuivi pour pour avoir « facilité » leur montée sur le bateau attendront leur procès en liberté ; des militants d’extrême-droite ont insultés des manifestants avant de les menacer d’un fusil : pour eux il n’y a pas de poursuites. Dura lex mais nique ta mère.

Des nouvelles de Calais sur le blog Passeurs d’hospitalités (page 2) et sur l’audioblog (page 6).

Téléchargez La Quinzaine des Passeurs d’hospitalités 06-26-01-2016.