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La gale est une maladie contagieuse due à un petit parasite, le sarcopte, qui se glisse sous la peau et y pond ses oeufs. N’importe qui peut l’attraper, mais la promiscuité et les mauvaises conditions d’hygiène favorisent sa transmission. Il en existe des formes d’infection plus ou moins contagieuses. Le traitement doit se faire en deux fois à une semaine d’intervalle, en raison de la résistance des oeufs. La transmission pouvant se faire par le linge, il est nécessaire de traiter les vêtements et la literie (un lavage à 60° est suffisant). Le temps d’incubation étant de trois semaines en moyenne, il faut aussi traiter les personnes de l’entourage, qui peuvent être porteurs sans manifester encore les symptômes.

Vous pouvez trouver plus d’information ici :

http://www.ameli-sante.fr/gale/quest-ce-que-la-gale.html

http://dermato-info.fr/article/La_gale

http://www.inrs.fr/eficatt/eficatt.nsf/%28allDocParRef%29/FCGALE?OpenDocument

Ce qui est simple à traiter dans des conditions de vie ordinaires devient plus compliqué dans des conditions comme celles des campements d’exilés. La situation d’exclusion créée par les pouvoirs publics éloigne les personnes des structures de soin, même s’il existe à Calais une structure dédiée aux personnes sans protection sociale (la PASS, Permanence d’Accès aux Soins de Santé; mais elle est située à une heure de marche du centre-ville), et même si les associations essayent de faire le lien. Les conditions de vie, le manque de tentes et de couvertures, favorisent la transmission de la gale et d’autres maladies contagieuses (dormir serrés dans un tente, partager les mêmes couvertures…) La mobilité des personnes rend difficile le traitement en deux phases séparées d’une semaine. La plupart d’entre elles n’ont ni vêtements et couvertures de rechange ni possibilité de les laver à l’eau chaude.

En 2009, la gale avait déjà connu un fort développement. Devant l’inertie des pouvoirs publics, Médecins du Monde et Médecins sans Frontières avait préparé avec les associations locales un plan de traitement de l’ensemble des exilés à Calais. Pour empêcher l’action des associations, la préfecture avait alors improvisé une opération de traitement dans des conditions très peu satisfaisantes. Quelques semaines plus tard, les campements et squats étaient détruits et les personnes dispersées aux quatre coins de la France.

En 2011, pendant la guerre de Libye, des Africains de l’est qui fuyaient ce pays étaient arrivés à Calais, et certains étaient porteurs de la gale. Le squat où ils habitaient a été évacué et les personnes dispersées.

Nous constatons à nouveau en ce moment un développement de la gale. Les associations ont saisi il y a plusieurs semaines l’Agence Régionale de Santé (ARS) qui a pris note, dit qu’elle réfléchit, qu’il faut faire quelque chose. On attend.

Les volontés d’expulsion qui se manifestent dans les médias à l’occasion de la campagne électorale sont inquiétant. Disperser des personnes porteuses d’une maladie contagieuse rend impossible de les soigner et multiplie les occasions de contagion, et c’est un vrai problème de santé publique.

 

Male_and_female_sarcoptes_scabiei

 

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