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Cette après-midi dans la cour de l’occupation Galou, le squat de l’impasse des Salines. Des matelas blancs délimitent trois côtés d’un rectangle et servent de banquettes. À l’intérieur, des tapis. On se déchausse pour y entrer. Quelques exilés sont assis là, discutant ou pensifs. Quelqu’un sert du thé. Les uns et les autres passent saluer et échanger quelques mots.

Un exilé soudanais qui habitait le squat est mort hier vendredi en fin de journée, cette cérémonie toute simple se fait à sa mémoire.

Une histoire bête d’alcool et de bagarre qui a entrainé sa mort dans le canal.

Une histoire qui rappelle la place que prend parfois l’alcool dans la vie de certains exilés, restés bloqués trop longtemps à Calais, et demandeurs d’asile dans l’incertitude d’une procédure trop longue. L’incertitude l’avenir, la dureté de la vie à la rue, et puis dans le long temps vide de l’attente les souffrances du passé qui remontent, ce qui a été vécu au pays et ce qui a été vécu sur la route.

Rien n’est proposé, ni en terme de soutien psychologique ni en terme d’activité, pour construire quelque chose pendant ce long temps passé à Calais ou pour se reconstruire. Et ni la question de l’alcool ni ce que sa consommation quotidienne peut signifier ne sont pris en compte.

 

Pentax Digital Camera

Le 14 mars dernier, cérémonie en hommage à Saney Berhay, retrouvé le même jour mort dans le canal. Une autre histoire où se mêlaient l’alcool et le désespoir.

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