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Au tournant des mois de mars et d’avril 2015 s’est produit une déchirure. Bien sûr, elle n’a pas été faite d’un coup, il y avait eu l’appel de la maire de Calais à dénoncer les « squats de migrants », la modification du règlement intérieur de certains équipements publics, médiathèque, piscine, pour en exclure les personnes appelées « les migrants » en exigeant la présentation d’un pièce d’identité et d’un justificatif de domicile. Mais c’est au tournant des mois de mars et d’avril 2015 que les autorités ont regroupé par la menace une population dispersée dans plusieurs lieux de l’agglomération dans un seul lieu à l’écart de la ville, de l’autre côté de la rocade autoroutière, séparant en deux groupes les personnes qui partageaient ce même territoire.

Alors, ce bidonville qui s’est construit sur ce terrain de relégation, s’est tissé d’une solidarité qui s’est déplacée là-bas, et s’est élargie très au-delà de Calais. Au point que ce n’est pas le bidonville que les autorités veulent aujourd’hui détruire, mais cette solidarité.

Mais la ville, elle, s’est retrouvée appauvrie. Cette ville où pendant des années nous nous étions croisé-e-s, ignoré-e-s, côtoyé-e-s, rencontré-e-s parfois, où sédentaires ou voyageurs nous avions été voisins.

Il faut parfois des artistes pour réhabiter la ville, dire l’absence et rendre la présence à nouveau possible. Pas grand’ chose, de courts messages écrits par des exilé-e-s, quelques vieilles chaussures, déposés au fil de la ville.

 

« « Pas Pieds » in Calais / Performance artisviste Romeuf & Prugnard

A partir des messages récoltés auprès des « hommes en marche » dans la Jungle de Calais. »

 

Si vous ne les avez pas croisés, vous pouvez les retrouver en photo ici :

https://www.facebook.com/pinktao.gram/media_set?set=a.10153942066680853.1073741830.663055852&type=3

 

Pas Pieds 1

Pas Pieds 2

Pas Pieds 3

Pas Pieds 4

 

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