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Ouvert en fin de matinée par des militant-e-s du mouvement « Salut ô toit », le bâtiment qui avait autrefois accueilli le foyer d’hébergement d’urgence « Le Moulin blanc » a rapidement été bloqué par la police. Il a été évacué en milieu d’après-midi. Les personnes qui étaient à l’intérieur ont été arrêtées et sont encore en garde-à-vue en fin de journée.

Mais ce bâtiment a aussi une histoire par rapport aux questions d’hébergement des exilées à Calais. En 2013, des membres du mouvement No Border avaient ouvert un squat pour les femmes et les enfants, boulevard Victor Hugo, dans une maison abandonnée (voir ici, ici et ). Entre la fermeture du Centre de Sangatte en 2002 et maintenant, ça a été le seul cas où une occupation ne s’est pas terminée par une expulsion sèche. Une négociation avait eu lieu avec l’État, et une association d’insertion, Solid’R, avait été missionnée pour reprendre la gestion du lieu.

Comme il fallait rendre la maison du boulevard Victor Hugo à sa propriétaire et que le lieu était de toute façon trop petit, une autre solution avait été envisagée, et l’ancien « Moulin blanc » avait été loué. C’est au moment de l’emménagement qu’un voisin qui avait le bras long avait protesté auprès du préfet et de la mairie. Et tout a été stoppé. À Calais, un raciste un peu influent et qui ne veut pas de « migrants » dans son voisinage peut bloquer un projet d’hébergement, même quand un bail est signé entre un propriétaire et une association missionnée par l’État.

Du coup, ce sont les locaux de l’accueil de jour du Secours catholique qui ont été réquisitionnés, et celui-ci a eu moins d’une semaine pour en déménager.

Ceci pour rappeler que c’est grâce au mouvement No Border qu’il y a aujourd’hui encore une mise à l’abri d’une partie des femmes et enfant, qui est maintenant à l’intérieur du centre Jules Ferry, à proximité du bidonville, et gérée d’une manière contestable par l’association La Vie active, missionnée par l’État.

Et pour montrer comment les choses se passent, quand pour une fois une issue positive est recherchée.

Ce matin, ce sont des voisins qui ont appelé la police. D’autres ont fait monter des CRS chez eux pour qu’ils puissent mieux voir ce qui se passait dans l’immeuble occupé.

 

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