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On a pu souligner les analogies entre le Centre de Sangatte et le bidonville de Calais, ainsi que les limites de ces analogies. Le Centre de Sangatte, de 1999 à 2002, camp de réfugié sous un hangar, hors du droit commun, où ont été regroupé-e-s les exilé-e-s à l’écart de la ville. En 2015, une plate-forme de services de jour (douches, repas, soins infirmiers, informations sur l’asile et l’aide au retour) et un lieu de mise à l’abri de femmes et d’enfants à côté d’un terrain où sont contraints de se regrouper les exilé-e-s, à l’écart de la ville, et un gigantesque bidonville qui se construit là. Un camp de containers, de capacité insuffisante, s’implante là tardivement. Certains ont pu parler d’un « Sangatte du pingre ».

En 1999, l’État ouvre le Centre de Sangatte après plusieurs lieux d’hébergements éphémères, reconnaissant ainsi la durabilité de la présence des exilé-e-s dans le Calaisis. En 2015, l’État n’assume pas totalement la reconnaissance de l’état de fait, d’où le bidonville. Dès janvier 2016 il annonce sa destruction.

En 2002, la fermeture du Centre de Sangatte suivie de la destruction du hangar qui l’abritait ouvre une alternance politique et marque l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur, étape de son ascension vers la présidence de la république. En 2016, la destruction du bidonville et la fermeture des structures qui le jouxtaient (centre Jules Ferry et camp de containers), qui avaient été mis en place par le même gouvernement l’année précédente, marque la fin du quinquennat Hollande, dont la non-candidature à sa propre succession marque l’échec.

Dans les deux cas, le démantèlement et la destruction ouvrent sur une politique reposant sur le déni de la présence des exilé-e-s et la violence exercée face à leur présence bien réelle.

 

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