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Un cour de français se termine dans la cour de l’ancienne usine Galloo occupée depuis dix jours par des exilés et leurs soutiens.  Beaucoup de monde est rassemblé tout autour, des habitants du squats, mais aussi des exilés habitant les campements de la périphérie, qui viennent l’après-midi se laver, recharger leur portable, profiter d’un moment de répit, voir des amis. Les tables et les chaises apportées par Emmaüs participent à la convivialité de l’espace. L’équipe de cuisine a fini de préparer le repas, chacun va chercher une assiette – sauf les personnes qui respectent le jeûne du ramadan, qui partageront elles le repas à la tombée de la nuit. Plus loin des bâtiments, Médecins du Monde installe une troisième grande tente pour accueillir les nouveaux venus, des exilés se lavent ou lavent leurs vêtements.

C’était un jour un peu particulier pour l’occupation Galou. Onze personnes, exilés et soutiens, avaient donné leur identité comme habitants du lieu et étaient convoqués au tribunal d’instance ce matin dans la cadre d’une procédure en référé (en urgence) pour décider d’une expulsion éventuelle. Une cinquantaine de personnes étaient rassemblées devant le tribunal en soutien. Le jugement est mis en délibéré, et sera rendu jeudi après-midi. Encore deux jours de suspens pour savoir si le lieu risque une expulsion immédiate ou s’il y aura un délais.

L’audience a duré plus d’une heure, suite à quoi la juge s’est rendue sur les lieu constater par elle-même, accompagnée par les avocats des deux parties (propriétaire et habitants). Cela tranche heureusement avec les habitudes du tribunal d’instance de Calais. D’habitude, un huissier vient constater l’occupation du lieu et demande en français leur identité à des exilés qui ne comprennent pas. Comme l’identité des habitants n’est pas établies, ils ne sont pas convoqués au tribunal et le jugement se fait sans débat contradictoire. Les juges reprennent un quasi copié-collé de la requête du propriétaire, même s’ils n’ignorent pas le contexte calaisien et les droits des habitants des squats, demandeurs d’asile, mineurs, personnes en détresse sociale, droits qui devraient pondérer leur jugement.

Un autre procès avait lieu cet après-midi, au tribunal de grande instance de Boulogne/Mer. Il y a deux mois la police fait irruption dans un squat. Le délais de flagrance est passé, différentes preuves dont un contrat EDF l’attestent. Peu importe, les personnes présentes sont arrêtées, placées en garde-à-vue, puis libérées sans charges. Sauf deux militants qui ont refusé le prélèvement de leur ADN et de leurs empreintes digitales, ne voulant pas être fichés en raison de leur engagement. Journée chargée au tribunal, à 21h ils n’avaient pas encore comparu.

 

Pentax Digital Camera

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