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Alors que la température baisse dangereusement, des habitant-e-s de Calais ouvrent leur porte. Les dispositions légales obligeant l’État à ouvrir des lieux de mise à l’abri pour les personnes à la rue, quelque soit leur situation administrative et leur nationalité, ne sont pas respectées, au nom d’un objectif déconnecté de la réalité, « 0 migrant à Calais ». Heureusement que la solidarité est vivace.

Les appels xénophobes à s’occuper d’abord de « nos » SDF, français, se heurtent à la réalité. Mercredi 11 janvier, c’est une personne sans domicile de nationalité française qui a été retrouvée morte sous un abri-bus du quartier du Virval. Les xénophobes au grand cœur avaient dû l’oublier. La réalité, ce n’est pas les « SDF français » plutôt que les « migrants », la réalité des politiques publiques et des coupes budgétaires, c’est ni pour les « SDF français » ni pour les « migrants ».

http://www.nordlittoral.fr/14606/article/2017-01-11/un-sdf-retrouve-sans-vie

Dans un tract national sensé répondre à un communiqué concernant les violences policières, l’UNSA police reprend cette rhétorique xénophobe : « Alors que des dizaines de français, quels que soient leur origine, sexe ou religion, meurent chaque année de faim, de maladie ou de froid, dans l’indifférence la plus totale, l’UNSA Police s’interroge sur la propension qu’ont ces associations à défendre en priorité les clandestins… » Mais dans une ville dont les rues sont sillonnée jour et nuit par des patrouilles de police, on peut mourir dans la rue.

http://police.unsa.org/IMG/pdf/2017-01-12_compresse_violences_imaginaires_associations.pdf

 

Un texte d’un bénévole calaisien circule sur le net. Lisons-le :

« Hier soir, en quittant du boulot vers 18h30, avec ma collègue et bien couverts, gros manteaux, bonnets, écharpes et gants, nous nous dirigeons vers la voiture en grelottant de froid. Garée depuis le matin 7h, nous nous rendons compte qu’il a gelé en plein jour; les vitres de la voiture en témoignent. Alors, dans le froid, nous pulverisons de la bombe anti gel sur les vitres et commençons à les gratter. Aussi, une fois installés à bord du véhicule, nous nous rendons compte que malgré l’excellent entretien de la voiture de ma collègue , il a aussi gelé à l’intérieur. Alors nous grattons aussi les vitres à l’intérieur. Peu à peu, la visibilité apparaît et nous commençons peu à peu à ressentir la chaleur dans l’auto. Sur la route, j’aperçois pas mal de personnes qui préparent leur voiture à la nuit en installant des cartons sur le pare brise.
Ouf ! Nous rentrons chez nous !

Et puis, je repense au problème du mal logement ou du pas de logement du tout .
Je repense à cet homme que nous avons vu allongé mort la semaine dernière ! Je repense aux gens comme lui, aux exilés, bref je repense sans distinction aucune à toutes les personnes qui n’ont pas l’occasion de se réchauffer en se grattant la peau après avoir utilisé un spray antigel. Eux n’ont que le carton , et encore …
Je repense à des choses vues et revues : la police et des sociétés de construction , enfin, de démolition, répondant souvent aux ordres fous et dégradant des dirigeants du pays et de la ville ou n’agissant aussi souvent que de leur propre chef , détruisant des abris , des tentes, arrachant des couvertures des mains d’ Êtres humains.

À Calais, le concept  » zéro migrant » est né. Mais dans les faits, ils sont là ! Alors!
Qu’attend on pour construire la solidarité ?
Qu’ attendent les autorités de la ville pour réclamer sans délai la mise en place de mesures concernant un plan grand froid sans tâche ? Ce n’est pas en occultant une situation qu’elle s’arrange.
Réclamons des actions ! Décrochons nos téléphones , envoyons des emails , des fax, dérangeons nous et demandons l’ouverture d’un abri au moins pour l’hiver. Contactez vos mairies, préfectures … Osons leur demander ! Osons dire qu’en tant que citoyens, nous ne voulons plus cautionner ces actes, nous ne voulons plus être témoins de l’assassinat des gens des rues ! »

 

schaedeleer-hiverValerius de Schaedeleer : Hiver.

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