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Pendant une semaine entière à Coulogne, à Côté de Calais, des militants d’extrême-droite ont manifesté jour et nuit devant un squat, ont injurié, menacé de viol et de mort les habitants et les personnes venues en soutien, sur place et sur internet, ont caillassé la maison et parfois les personnes se trouvant dans la court, ont lancé des cocktails molotov, ont essayé de forcer la porte pendant la nuit.

Tout cela sous les yeux de policiers qui laissaient faire, et qui répondaient si on les interpelait sur ce point qu’il n’y avait pas de trouble à l’ordre public.

Tout ceci intervient dans un contexte où les habitants d’un autre squat à Calais poursuivent l’État en justice pour voie de fait, suite à leur expulsion sans jugement par la police le 10 janvier. Le préfet a fait par deux fois reporter le procès par des artifices de procédure.

Tout se passe donc comme si le préfet adressait aux habitants de squats le message : « si vous contestez les expulsions illégales par la police, l’extrême-droite se chargera du boulot. » La violence d’extrême-droite comme continuation du harcèlement policier par d’autres moyens.

Aujourd’hui Sauvons Calais a obtenu une victoire : les habitants du squat de Coulogne ont quitté les lieux, parce qu’ils étaient en danger. Ses militants ont pu constater qu’elle pouvaient agir en toute impunité. Ils sont disponibles pour une nouvelle action.

Il est temps d’interpeler Manuel Valls, ministre de l’intérieur, qui est venu à Calais en décembre et qui affiche faire campagne contre l’extrême-droite : approuve-t-il cette utilisation de militants d’extrême-droite pour expulser des occupants de squats quand la police ne peut pas intervenir ?

Il est temps d’interpeler Yann Capet, député socialiste et candidat à la mairie de Calais, pour savoir s’il s’agit là de la politique du gouvernement pour chasser les contestataires – comme en Grèce où un chanteur engagé peut être assassiné en pleine rue par des militants de l’Aube dorée sous les yeux de policiers qui n’interviennent pas.

S’il s’agit d’une politique du gouvernement, nous sommes à la veille d’élections, et nous saurons nous en souvenir.

S’il s’agit d’une déviance d’un préfet, celui-ci doit être sanctionné.

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