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« Ils ont détruit cinq ans de travail pour sortir les gens des jungles » constate un militant. Les squats évacués, le lieu de distribution des repas occupé, et d’autres expériences qui les ont précédés étaient en effet des lieux précaires, mais aussi des lieux de vie sociale, ouverts sur leur environnement, autour desquels se sont tissés des solidarités, à l’abri des violences policières. Ce qui s’est passé le 2 juillet, c’est le retour aux « jungles ».

Des exilés s’accrochent au centre-ville, quitte à dormir à la belle étoile sous la pluie. Ils craignent d’être rackettés par les passeurs s’ils vont dans les « jungles » de la périphérie. La police municipale confisque les couvertures et les effets personnels dans les parcs.

Dimanche matin, une paroissienne demande au curé du Fort Nieulay que des exilés qui ont passé la nuit sans tente sous la pluie puissent s’abriter dans l’église le temps que la pluie cesse. Refus. Le discours du pape à Lampedusa n’est probablement pas arrivé à toutes les oreilles.

Samedi soir, deux militants de No Border ont été agressés dans un bar par une dizaine de militants d’extrême-droite. Les appels à la violence de Sauvons Calais se concrétisent. Le groupe d’extrême-droite s’est constitué en milice se donnant pour but officiel de protéger les maisons des Calaisiens qui partent en vacances et pourrait être squattées. Tout cela s’affiche sur internet, sous le regard des autorités.

Dimanche soir, toujours plus de monde à la distribution de repas. De nombreux bénévoles sont présents aussi. Un groupe électrogène alimente des prises pour recharger les téléphones portables ainsi qu’une sono. Des gens dansent au son des musiques du monde.

 

Pentax Digital CameraUne banderole à la manifestation du 31 mai 2014, qui a suivi les expulsions du 28 mai.

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