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Une fin d’après-midi ensoleillée. Quelques personnes jouent au football avec une balle de tennis. D’autres sont dans la cuisine aménagée dans une cabane désertée, autour du feu – le soleil d’avril reste frais quand on vient du Soudan. On s’installe en dehors de la cabane enfumée pour boire le thé.

Le campement a l’air dévasté depuis le passage des bulldozers le 8 avril, avec ses quelques tentes et cabanes restant sur la dalle grattée par les engins et ses monticules de déchets laissés là par la prétendue opération de nettoyage du site. Il est encore un peu tôt, mais plus tard vers le soir et surtout la nuit, les rats, qui étaient peu visibles avant l’opération de « nettoyage », vont apparaître et se multiplier.

Ce campement est une création des expulsions du 28 mai et du 2 juillet 2014, lorsque les squats et campements du centre-ville ont été évacués et leurs habitant-e-s refoulé-e-s à la périphérie (à l’exception de l’ouverture du squat Galou en centre-ville). Mais les principalement des Soudanais ont habité au même endroit, aux alentours ou guère plus loin à l’ouest de la ville depuis des années.

Avec ses kilomètres de grillages, l’accès au périmètre du Tunnel sous la Manche n’est pas contrôlable par un groupe quelconque de passeurs, c’est traditionnellement une zone de passage gratuite où tout le monde peut venir essayer sa chance. D’où l’enjeu de se maintenir à proximité, pour éviter qu’un autre groupe prenne la place, et peut-être essaye d’instaurer un péage.

 

Pentax Digital CameraUne des cabanes restées debout.