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Août 2013, dans le préfabriqué du squat de la rue Mouron. Soirée avec les Syriens, on a mangé ensemble, on discute en buvant le thé. Certains sont là mais l’esprit ailleurs. Ils ont appris qu’un bombardement avait eu lieu près de chez eux, en Syrie. Ils passent coup de téléphone sur coup de téléphone à la famille et aux amis, pour avoir des nouvelles et s’assurer que tout le monde est en vie.

Janvier 2015, Occupation Galou, le squat de l’impasse des Salines. La discussion avec les Syriens porte sur les attentats de Paris. « Nous sommes coincés entre Bachar el-Assad et Daech, qui sont d’accord pour détruire la révolution syrienne, et l’Europe qui nous rejette. En Syrie, Daech tue tous les jours. »

Fin octobre 2015, dans le bidonville de Calais. Les familles kurdes irakiennes sont inquiètes. Le froid et l’humidité s’installent, les enfants tombent malades. Des parents réfléchissent à demander l’asile.

9 novembre 2015, dans le bidonville de Calais. À la suite des tensions qui ont eu lieu sur l’autoroute, la police a gazé la partie du bidonville où habitent les familles. Personne n’a pu dormir, les enfants ont été gazés comme les adultes, sans avoir rien fait et sans pouvoir rien faire. Plus personne n’envisage de demander l’asile dans un pays où la police gaze les enfants.

14 novembre 2015, devant les bidonvilles de Calais et de Grande Synthe, près de Dunkerque, les exilé-e-s organisent des rassemblements en hommage aux victimes des attentats de Paris. Beaucoup de réfugié-e-s syrien-ne-s et kurdes y participent. Un exilé afghan a écrit cette déclaration « Les attentats de Paris hier étaient horribles… Ce n’est pas juste, dans aucune religion. Ce n’est pas l’humanité, et les réfugiés à Calais sont particulièrement contre ça parce que nous avons avons déjà eu cette mauvaise expérience dans notre propre pays, c’est pour cela que nous sommes ici. Nous avons besoin de paix et nous nous sentons vraiment au côté des victimes et nous sommes avec elles. »

https://calaismigrantsolidarity.wordpress.com/2015/11/14/the-refugees-are-weeping-with-the-french-people/

Nuit du 14 au 15 novembre, rue des Garennes, à proximité du bidonville, la police fait sa rafle quotidienne pour envoyer dans les centres de rétention aux quatre coins de France (voir ici, ici et ). Un exilé afghan arrêté témoigne au téléphone : « On n’est pas des terroristes. On a fuit les terroristes. Nous avons quitté notre pays à cause des terroristes tu sais. »

 

 

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