Mots-clefs

, , , , , ,

Commencées la nuit précédant la venue du ministre de l’intérieur à Calais (voir ici et ), les rafles avec envoi dans des centres de rétention aux quatre coins de France (voir ici, ici et ) se poursuivent sur une base quasi quotidienne. Avec à chaque fois autour de cinquante personnes par jour, envoyées par avion de l’aérodrome de Marck, à côté de Calais.

Ainsi arrivent dans les centres de rétention :

mercredi 21 octobre, 46 personnes à Nîmes

jeudi 22 octobre, 50 personnes au Mesnil-Amelot, en région parisienne

vendredi 23 octobre, 50 personnes à Toulouse – Cornebarrieu

dimanche 25 octobre, 47 personnes à Metz

lundi 26 octobre, 50 personnes à Marseille

mardi 27 octobre, 50 personnes à Nîmes, à nouveau

La série ne semble pas devoir s’arrêter.

Ce qui se passe ensuite n’est pas encore clair, et on manque de recul. Les personnes en rétention ont 48h pour saisir le tribunal administratif, l’audience a lieu dans les jours qui suivent. Et au 5e jour de rétention, le Juge des Libertés et de la Détention se prononce sur la prolongation de la rétention pour 20 jours supplémentaires (il se prononcera à nouveau le 25e jour sur une nouvelle prolongation de 20 jours, la durée maximale de rétention étant de 45 jours).

Il y a donc quelque chose d’important qui se joue sur le plan juridique pendant les cinq premiers jours, et on a pour l’instant des éléments seulement pour Nîmes (personnes arrivées mercredi) et Le Mesnil-Amelot (le jeudi). Et les choses se sont passées de manière très différentes.

Au Mesnil Amelot, 15 personnes ont été libérées par décision des juges (tribunal administratif et Juge des Libertés et de la Détention), 33 personnes ont été libérées parce que la préfète du Pas-de-Calais n’a pas demandé la prolongation de la rétention au-delà de cinq jours (mais alors pourquoi les avoir mis en rétention ?), mais la préfète a demandé le maintien en rétention de 2 Soudanais (pourquoi eux ?) qui devaient passer devant le Juge des Libertés et de la Détention aujourd’hui – on n’a pas encore le résultat du jugement. Donc ce matin 48 personnes avaient été libérées, et le sort de deux autres était incertain.

À Nîmes, c’est l’inverse, le Juge des Libertés et de la Détention a pris une ordonnance libérant 37 des personnes, et le procureur a fait appel. Le jugement en appel est revenu sur la décision et les personnes ont été maintenues en rétention.

Donc libérations au bout de cinq jours au Mesnil-Amelot, et appel d’un jugement pour maintenir les personnes en rétention à Nîmes.

Le jeu étant de faire peur, l’idée est peut-être de libérer des places en rétention pour y envoyer d’autres personnes, mais de maintenir quand même quelques personnes en rétention pour aboutir aussi à des expulsions. L’incertitude est aussi un ressort de la peur, peur d’être enfermé en rétention, peur d’être expulsé.

Les personnes libérées n’ont qu’une seule idée : revenir à Calais pour partir de France.

 

stop-deportations

 

Publicités