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Un homme pousse la porte du bureau de l’association intervenant dans un centre de rétention, quelque part en France. Ce n’est pas pour lui qu’il vient. Il raconte (*) :

« J’ai été arrêté à Calais dans un camion. Les policiers ont emmené les adultes au poste de police et ont laissé partir les enfants. J’ai été séparé de mon jeune frère. Il a 12 ans, il ne connaît personne à la « jungle », il n’a pas de téléphone, je suis inquiet pour lui. Est-ce que vous pouvez faire quelque chose ? »

Les associations calaisiennes reçoivent régulièrement des messages de ce genre, transmis par les associations s’occupant du soutien juridique dans les centres de rétention partout en France, où on disperse les exilés arrêtés à Calais. Les policiers séparent au faciès les adultes d’avec les mineurs, embarquent les premiers et relâchent les seconds pour ne pas s’embêter avec les procédures. Et les jeunes se retrouvent seuls.

Ces messages se multiplient avec les rafles devenues quotidiennes depuis la visite du ministre de l’intérieur à Calais la semaine dernière (voir ici, ici, ici, ici, ici et ).

« J’ai été séparé ma petite sœur. Elle a quinze ans. Je suis très inquiet de la savoir seule dans la « jungle » ».

« Ma femme et mon fils de quatre ans habitent dans tel endroit de la « jungle ». J’aimerais avoir de leurs nouvelles, qu’ils sachent que je vais bien et que je vais bientôt revenir. »

De nombreux-ses exilé-e-s ont déjà connu l’enfermement, parfois pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, à d’autres moments de leur parcours.

 

(*) Ce billet est basé sur des situations réelles, mais les détails personnels ont été enlevés ou modifiés. Il ne s’agit en effet pas de mettre la vie des gens sur internet, mais de faire comprendre une situation.

 

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