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L’évacuation des 1800 mineurs qui sont hébergés dans le camp de containers est prévue pour demain. La procédure retenue est qu’ils vont être envoyés dans des CAOMIE (Centres d’Accueil et d’orientation pour Mineurs Isolés Étrangers) un peu partout en France. De là, ceux que le Home Office aura choisi pourront rejoindre le Royaume-uni, les autres resteront en France. Comme ils ont été triés au faciès comme mineurs en dehors de toute procédure légale, rien ne dit que l’Aide Sociale à l’Enfance du département où ils seront les reconnaîtra comme tels. Coupés des associations qui suivaient leur situation, ils seront sans soutiens indépendants si l’administration met des obstacles à l’accès à leurs droits.

Mais sont aussi à l’extérieur du camp de containers des mineurs, qui dorment dehors, et dont les autorités ne disent pas ce qu’ils vont devenir. Une rafle est possible pour les emmener de force dans des centres et les faire disparaître du paysage.

Mais l’incertitude pèse sur tout le monde, et personne ne fait vraiment confiance aux autorités, même après le passage aujourd’hui d’agents du Home office. Il y a maintenant ceux de l’intérieur des containers qui ont un bracelet avec le numéro de leur bus, et ceux de l’extérieur qui n’en ont pas. Dormir dehors pour les uns et dormir dans des conditions dégradées pour les autres, le camp de container étant prévu pour 1500 personnes et ne semblant plus vraiment entretenu, comme le montre cette vidéo :

 

Des tensions étaient déjà palpables devant les containers ces jours derniers. Elles ont éclaté ce soir en se cristallisant entre Afghans et Érythréens. La police a déployé un canon à eau, sans l’utiliser, un peu gazé, puis emmené les Érythréen dans l’église du bidonville, ce qui permettait de séparer les deux groupes mais ne correspond guère à une mesure légale de mise à l’abri. Les Érythréens ont rompu le cordon de police pour retourner en découdre, ont été encerclé par les policiers et ramenés à l’église. La nuit risque de rester tendue. Et la matinée de demain compliquée, puisque sont entrés dans les  containers des Afghans et d’autres sans les fameux bracelets des bus, et qu’en sont sortis des Érythréens sans bracelets.

Comme quoi la violation des droits et le stockage des personnes dans l’incertitude de leur avenir engendre la violence – comme si souvent à Calais et ailleurs.

L’évacuation des containers aura donc lieu demain, probablement sans que des témoins puissent accéder et voir ce qui se passe, et sans garantie quant à l’avenir des personnes qui seront emmenées dans les bus.

Les femmes et les enfants qui sont dans le lieu de mise à l’abri du centre Jules Ferry seront évacué-e-s d’ici la fin de la semaine, certaines rumeurs disant demain, d’autres jeudi ou vendredi. Là aussi des mineures, qui seraient emmenées dans des CAOMIE et dont certaines pourraient, en fonction le choix Home Office, pouvoir rejoindre légalement le Royaume-uni.

Selon les premières informations, certains CAOMIE se seraient déjà vidés de leurs occupants, qui auraient repris la route.

 

bus-mineursLe document distribué aux personnes à l’intérieur du bidonville. En gras une menace qui signifierait que la législation européenne ne s’appliquerait plus à Calais…

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