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Mercredi 2 novembre, les mineurs (garçons, les filles partiront le lendemain) montent dans les bus qui vont les emmener vers des Centres d’Accueil et d’Orientation pour Mineurs Isolés Étrangers (CAOMIE – voir ici et ). Ils ne savent pas où le bus les emmène, ou n’ont pas compris le nom de la ville ou du village où se trouve se centre. On ne leur a pas non plus expliqué ce qui allait se passer là-bas, à part qu’on leur a dit qu’on les emmenait dans des centres d’où ils allaient partir pour le Royaume-uni. À preuve du sérieux de cette promesse, deux personnes présentées comme des représentant-e-s du Home Office les accompagnaient dans chaque bus.

Personnes qui étrangement ne portaient pas marqué « Home Office » sur leur veste fluo, mais la mention vague « Official UK ». Et surtout personnes qui se sont volatilisées à l’arrivée dans les centres, où rien ou pas grand’ chose n’est expliqué aux jeunes sur la suite, et surtout sur la suite des procédures leur permettant d’accéder légalement au territoire britannique. Alors les jeunes, habitués aux roueries des autorités européennes, doutent.

Certains ne doutent pas très longtemps. La route se faisant longue dans une direction diamétralement opposée à celle menant au Royaume-uni, d’un groupe envoyé à Marseille un seul restait dans le bus à l’arrivée.

D’autres attendent un peu pour voir. Ainsi les quarante emmenés précédemment à Sion ne se sont pas attardé sur la vue imprenable sur la campagne lorraine ni sur le souvenir des rêveries de Barrès contemplant la ligne bleue des Vosges du haut de la colline inspirée. En deux jours, presque tous étaient partis.

Certains appellent les bénévoles avec lesquel-le-s qu’ils connaissent pour leur faire part de leurs doutes, trouver une écoute, demander un conseil. Comme ce groupe d’une vingtaine de jeunes qui vendredi soir se baladaient dans Nancy, qui avaient des tickets pour aller manger au restaurant universitaire, et n’avaient aucune idée de ce qui allait advenir d’eux.

Ce que les jeunes vont devenir, le gouvernement n’en sait rien non plus et improvise de la manière la plus totale, ainsi qu’il le dit lui même dans un communiqué triomphatoire du 2 novembre à la suite d’une rencontre au sommet avec des représentants des collectivités territoriales : « Le Premier ministre a informé les départements de France que l’Etat assurera la responsabilité et le coût de la prise en charge des mineurs le temps de l’évaluation de leur situation et qu’une négociation sera ouverte avec les départements sur la prise en charge du coût de ces mineurs une fois entrés dans le dispositif de droit commun de l’aide sociale à l’enfance. Il a, dans ce cadre, sollicité le concours bienveillant des départements pour la pleine réussite de cette opération qui permettra de vider définitivement le campement de Calais et de veiller à une prise en charge digne des mineurs non accompagnés. » Rien en fait n’a été prévu pour que les mineurs qui ne seront pas acceptés au Royaume-uni, ça dépendra du « concours bienveillant » des départements qui sont « sollicités ».

Vous pouvez télécharger le communiqué du gouvernement ici.

Côté britannique, les associations font remonter qu’aucun transfert vers le Royaume-uni ne serait prévu ce week-end ni probablement la semaine prochaine, même pour les jeunes ayant qui avaient déjà constitué leur dossier avant l’expulsion.

On est sans nouvelles pour l’instant des mineures envoyées dans des CAOMIE, et sans indications quant au sort des mineur-e-s envoyé-e-s dans les CAO adultes.

 

giorgio-de-chirico-the-enigma-of-the-oracleGiorgio de Chirico : L’Énigme de l’oracle.

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