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Calais, port du continent le plus proche du Royaume-uni, concentre quelques 95% du trafic poids-lourds et des passagers hors-avion entre le continent et les îles britanniques. C’est donc le lieu de concentration le plus important des personnes bloquées à la frontière britannique et tentant de rejoindre le Royaume-uni en se cachant dans ou sous des camions. Mais des gens tentent de passer cette frontière plus ou moins sporadiquement de la Bretagne aux Pays-bas, et notamment en Belgique.

La présence d’exilé-e-s à Ostende https://goo.gl/maps/yZSNGiqx9xS2 est connue depuis 2007 – 2008. Un service social, le CAW, a développé depuis 2008 un accueil de jour, une information sur les droits et un accès aux soins, conformément à sa vocation d’aide aux sans-abris. L’action de la police s’est accompagnée de nombreuses violences rappelant la situation à Calais, alors que le nombre d’exilé-e-s, fluctuant, est resté moindre.

En 2013, la liaison ferry s’est arrêtée. Après un temps de latence, la présence des exilé-e-s à Ostende a pratiquement disparu, preuve que ce n’est pas l’existence d’un accueil mais celle de possibilités de passage qui explique la présence des exilé-e-s. Calais le démontre aussi, où les personnes sont plus nombreuses malgré le non-accueil et un niveau de violence particulièrement élevé.

À Zeebruges https://goo.gl/maps/QK3KPSgFRAn , la présence d’exilé-e-s est moins visible, des bivouacs à l’occasion de tentatives de passage, les personnes ne séjournant pas sur place.

Par ailleurs, des exilé-e-s essayent de monter dans des camions allant à Calais sur les parkings des autoroutes belges. Pas de campements permanents, mais des bivouacs occasionnels pour une ou deux nuit.

Avec l’augmentation de la pression policière à Calais et dans le Dunkerquois, plus d’exilé-e-s tentent leur chance à Zeebruges et aux Pays-bas, avec une forte mobilité le long du littoral.

La présence des exilé-e-s est discrète, mais les bourgmestres (les maires selon la terminologie française) des communes touristiques du littoral belge s’affolent et interpellent le gouvernement, qui lui-même interpelle le gouvernement français. Deux lieux se dégagent, Furneshttps://goo.gl/maps/4yCZ5sbhQZ92  avec son parking autoroutier, Zeebruges https://goo.gl/maps/QK3KPSgFRAn et son port. Mais les fantasmes amènent une mobilisation des élus sur toute la côte, qui monte vite au gouvernement et à l’international. Et la presse belge, principalement francophone (alors que le littoral est en Flandre), s’empare de la question (paradoxalement, ce sont surtout des groupes et associations néerlandophones qui interviennent à Calais et Grande-Synthe, près de Dunkerque, sans le faire sur le littoral belge).

http://www.levif.be/actualite/belgique/migrants-les-bourgmestres-de-la-cote-demandent-du-renfort/article-normal-449875.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20160127.REU4322/la-belgique-presse-la-france-de-prendre-des-mesures-a-calais.html

Concrètement, à Zeebruges, une quinzaine d’exilés iraniens dorment sans abris près d’une église à l’ouest de la ville où quelques voisins apportent un minimum d’aide pour manger ou pouvoir prendre une douche. Environs 80 exilés viennent au repas du soir, certain se dormant dans un parc alentour. Le prêtre a ouvert quelques jours son église pour ces personnes puissent dormir à l’abri, mais la municipalité lui a ordonné de la fermer. Un nombre plus important de personnes de nationalités diverses se trouveraient à l’est de la ville, sans soutien. La police recense les personnes, et combat toute installation de tentes, ce qui met les personnes dans une situation de grande précarité, et les rend également peu visible.

On retrouve en Belgique la même politique de traque aux abords de la frontière britannique qu’en France, avec des contrôles au faciès et des arrestations dans les trains menant au littoral ou dans le tram parcourant celui-ci d’une frontière à l’autre. Si la politique d’externalisation des contrôles migratoires britanniques sur le sol belge sont encore mal connue, on peut constater des symptômes analogues à ceux qu’on trouve en France.

Les bourgmestres des communes du littoral belge pourraient pendant qu’il en est encore temps méditer la leçon du pourrissement de la situation à Calais, et opter pour des politiques d’accueil pacifiées et respectueuses des droits.

 

Port Zeebruges légerVue du port de Zeebruges.

 

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