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Cet après-midi, une cérémonie symbolique était prévue dans le no-mans-land créé par la destruction d’une partie du bidonville. Il s’agissait d’une minute de silence, puis de parcourir le no-mans-land en semant des graines de fleurs, comme réponse symbolique à la violence.

Voici ce qui était annoncé sur la page facebook de l’Auberge des Migrants :

https://www.facebook.com/LAuberge-des-Migrants-358496450338

« Contre la destruction des lieux de culte et de vie

Ce dimanche à 13h, une cérémonie symbolique est organisée sur le lieu de l’église et de la mosquée récemment détruites…minutes de silence suivies d’une marche dans la zone des 100m, sur laquelle étaient installés des centaines de lieux de vie…. Amenez des graines de fleurs sauvages qu’on sèmera pendant qu’on marche… »

Concrètement, un peu plus d’une trentaine de personnes se recueillent un moment avant de marcher sur la zone détruite en semant des graines.

À la hauteur du pont de la route de Gravelines, des CRS viennent vers le groupe, et demandent de stopper, le temps de recevoir des ordres. Le groupe stoppe. Des minutes s’écoulent, le temps de remonter et redescendre la voie hiérarchique. Le groupe fait demi-tour. Quatre fourgons de CRS arrivent alors, dont le contenu avec casque et bouclier se colle au groupe qui obtempérait calmement, et le suit jusqu’à l’entrée du bidonville. Les ordres seraient venus du sous-préfet de Calais.

Au-delà de l’anecdote, nous ne sommes pas sur la voie publique, un peu comme des gens qui feraient un barbecue dans un jardin et que la police viendrait chasser; des personnes marchant dans le calme en semant des fleurs, le trouble à l’ordre public est difficilement caractérisée; le ministre a bien dit que les rassemblement seraient interdits à Calais, mais aucun arrêté de portée générale n’est venu donner une portée juridique à son propos. On est donc dans un régime où la parole du ministre, puis celle du sous-préfet, ont force de loi en l’absence de toute base légale. Prenons le temps de relire Hannah Arendt pour avoir des outils qui nous permettent de penser à quel endroit nous sommes de la pente que nous dévalons.

L’état d’urgence, un climat dans lequel l’État pourrait s’affranchir de toute légalité ?

 

Semences légerUn gobelet de semences devant les débris de la destruction d’une partie du bidonville.

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