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Un lundi comme un autre au bidonville, mais aussi le jour de départ de l’ultimatum d’une semaine que la préfète du Pas-de-Calais a donné aux habitant-e-s pour partir de la moitié sud de celui-ci avant sa destruction, prélude à la destruction totale.

Quelques résidus de neige rappellent la nuit de giboulées et d’orage qui vient de s’écouler. Les effets de la fatigue et du froid sont sensibles. La journée va s’écouler entre pluie, neige fondue, grêle et éclaircies. La boue est omniprésente.

Près de la rocade, dans le no-mans-land créé lors de la précédente expulsion partielle (voir ici, ici et ), des engins de chantier s’affairent, sans qu’on voie clairement à quoi pour l’instant, sauf à créer de l’inquiétude avant l’expulsion annoncée.

À l’École laïque du chemin des Dunes, l’une des écoles du bidonville, les conversations roulent autour de l’expulsion à venir. Des journalistes et des personnes en soutien passent, discutent, se réchauffent autour d’un thé ou d’un café. Les classes ont aussi lieu, comme chaque jour. Créée pour répondre à la demande demande d’adultes, souvent en demande d’asile, l’école accueille aussi des familles grâce aux liens qu’elle a noué avec les familles. Et parce que l’État n’assume pas son obligation de scolarisation des enfants de 6 à 16 ans.

Dans l’enceinte de l’école se trouve aussi la clinique de Gynécologie sans frontières, dont la présence montre aussi la carence de l’État par rapport à la situation sanitaire, en particulier des femmes, dont la présence était peu prise en compte jusqu’à ce que des militant-e-s du mouvement No Border ouvrent un squat pour les femmes et enfants en 2013.

Dans le voisinage immédiat, une cuisine collective, un lieu de distribution de vêtements vaquent à leurs occupations habituelles.

À 14h, le sous-préfet arrive au centre de service pour les exilé-e-s Jules Ferry pour y rencontrer des représentants des « communautés » d’exilé-e-s. Il n’y rencontre personne, les associations ayant refusé de collaborer à l’expulsion et de lui préparer sa réunion. Situation typique de l’attitude de l’État, qui considère les associations soit comme un relais au service de sa politique, soit comme des ennemies.

Le nouveau président, Les Républicains, du Conseil régional, tournicote aussi par là, avant d’aller à la conférence de presse qu’il organise à la mairie en fin d’après-midi.

Un peu plus tard, pour ne pas repartir bredouille, le sous-préfet arpente le bidonville avec des bottes encore immaculées qui montrent qu’il s’est jusque-là déplacé en voiture. Des personnes de l’École laïque l’apostrophent au passage et l’entraînent dans la cour de l’école. Il y fait du déminage, promet que l’école ne sera pas détruite, il a bien vu qu’il y avait là un sujet médiatique. Sauf que le problème ce ne sont pas les murs de bois et de bâche de l’école, c’est qu’elle ne rime à rien si on rase tout les alentours, c’est que ce qui compte ce ne sont pas les murs mais toute la dynamique sociale qui s’est mise en place de ce lieu comme autour d’autres lieux dans le bidonville. Sauf que c’est bien cette solidarité que l’État veut détruire.

À côté de l’école, une église en cours de reconstruction. Lors de la précédente expulsion partielle, celle du no-mans-land, les autorités avaient promis d’épargner l’église et la mosquées. Le jour venu, elles les ont rasées.

 

Terrassement légerTravaux de terrassement dans le no-mans-land, près de l’entrée du bidonville.

École 2

École légerL’École laïque du chemin des Dunes.

Église légerJuste à côté de l’école, l’église rasée au cours de la précédente expulsion partielle du bidonville, en cours de reconstruction.

Distrib vêtements légerEn face de l’école, un lieu de distribution de vêtements.

Ashram légerUn peu plus loin, la cuisine collective Ashram.

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