Étiquettes

, , , , ,

La préfecture du Pas-de-Calais a saisi le tribunal administratif de Lille pour obtenir la destruction des commerces et restaurants créés par les exilé-e-s dans le bidonville de Calais. Est aussi visé le Kids Restaurant, qui fournit des repas gratuits à 150 mineurs isolés. L’audience aura lieu demain mercredi à 8h30.

Un rassemblement de soutien est prévu à 8h30 devant le tribunal, 5 rue Geoffroy de Saint Hilaire à Lille.

https://goo.gl/maps/cTqkGwXieLm

Les associations de soutien aux exilé-e-s viennent de publier le communiqué ci-dessous :

 

« Communiqué de presse

La Préfecture du Pas de Calais va ce mercredi 10 août au Tribunal Administratif pour demander l’autorisation de fermer les 72 restaurants de la jungle, et la remise en état des lieux, c’est-à-dire leur destruction. Elle argumente sur l’absence de respect des règles d’hygiène et de sécurité du public.

Les associations signataires déclarent que la fermeture, qui a déjà été ordonnée par la police entre le 19 et le 23 juillet, et qui concernait d’ailleurs tous les types de commerces (coiffeurs, épiceries…) et la destruction de ces restaurants ont déjà et auront des conséquences graves pour les personnes survivant dans le camp de Calais.

1-      Ces restaurants jouaient un rôle important dans l’alimentation du camp, complétant les repas distribués, au bout de longues files d’attente, par le Centre Jules Ferry et les associations d’aide aux migrants. Déjà, les associations ont dû augmenter leurs apports, et les files d’attente sont plus longues depuis quelques jours. Ces files sont la source la plus importante des tensions qui, sur ce camp surpeuplé, débouchent souvent sur des rixes ;

2-      Ces restaurants distribuaient en partie, ou totalement ( comme le Kid’ Restaurant, qui distribuait gratuitement des repas à 150 mineurs isolés) des repas gratuits aux migrants sans ressources ; ils hébergent aussi environ 250 personnes, qui seront sans-abri, car il n’y a plus de place pour installer de nouvelles tentes, il y a pénurie de tentes, et la préfecture interdit toute construction d’abris ;

3-      Le plan de fermeture et de destruction de la Préfecture est global : il concerne de fait tous les autres types de commerces ; il est argumenté par des manquements sanitaires attribués à l’ensemble des restaurants, sans distinction aucune ; il s’adresse à des supposés propriétaires ou gérants non désignés nommément, de restaurants non désignés individuellement, même si certains respectaient peu ou prou la réglementation ; [on ne peut pas critiquer « certains » sans les nommer, à défaut on a l’impression qu’on parle de tous]

4-      La proposition par un certain nombre de propriétaires/gérants de restaurants de se conformer à la loi, concernant l’ouverture, l’accueil du public et les règles sanitaires, n’a pas reçu de réponses précises des autorités.

Cette opération, si le Tribunal Administratif se laisse convaincre par les raisons invoquées par la Préfecture, va accroître le manque de nourriture et les tensions sur le camp, et va donc aggraver les problèmes de sécurité qu’invoquent les pouvoirs économiques et politiques locaux comme raisons de démanteler le camp.

Par conséquent, les associations signataires demandent que ne soient pas détruits les commerces du camp. Elles demandent la tenue d’une table-ronde entre les autorités, les représentants des communautés de migrants et les associations, visant à proposer et appliquer les moyens d’assurer dans des conditions correctes, sur le plan sanitaire et dans la dignité, la sécurité alimentaire des personnes présentes sur le camp. Cette sécurité devrait être assurée par l’Etat, et non aggravée par lui comme elle risque de l’être.

 

La situation alimentaire du camp. Quelques données chiffrées (sur la base de deux repas par jour, chiffres d’avant la fermeture des restaurants)

–          Il y a plus de 7 000 personnes sur le site

–          Le centre Jules Ferry distribue, une fois par jour, 3 100 à 3 500 repas, et cela après trois à quatre heures de file d’attente (30 % des besoins)

–          Les 70 restaurants distribuent environ 850 repas gratuits par jour, et en vendent environ 1 500 (20 % des besoins)

–          Les cuisines associatives (Belgian Kitchen 1 000, Kitchen in Calais 1 000, Refugee Kitchen Community (Auberge des Migrants) 2 000, Ashram Kitchen 1 000, Kid’s restaurant 200) distribuent environ 40 % des besoins

–          Le reste est confectionné par les migrants eux-mêmes à partir d’achats dans les épiceries du camp et les commerces calaisiens, ou de vivres distribués ponctuellement par d’autres associations

La situation alimentaire est déjà tendue depuis environ trois mois, du fait de l’augmentation de la population et de la stagnation ou de la baisse des donations en vivres.

SIGNATAIRES : ACC Minorités visibles, Actes et cités, ACT & HELP, Auberge des migrants, Collectif fraternité migrants bassin minier 62, Emmaus Dunkerque, Itinérance Dieppe, Jungle books, Le Réveil Voyageur, Secours catholique, Utopia 56 »

 

 

Publicités