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Les tentatives d’expulsion vers le Soudan se sont multipliées ces derniers mois, les expulsions effectives aussi, mais les libérations aussi, parfois très rapides, lors des premiers recours qui sont faits au début de l’enfermement en centre de rétention, ou plus tardivement, parfois de haute lutte.

Quelques exemples de personnes pour lesquelles nous avions lancé une alerte ces derniers mois, et qui ont été libérées.

Ainsi, Monsieur Yousouf, arrêté à Ouistreham (qui est le port maritime de Caen, avec des liaisons ferry vers le Royaume-uni) et enfermé au centre de rétention de Rennes pour être expulsé vers le Soudan. Il a été libéré parce qu’il a demandé l’asile lorsqu’il était au centre de rétention, et que le préfet n’a pas fait les démarches nécessaires au maintien de l’enfermement pendant la durée d’examen de sa demande.

Le parcours de Mohamed Yacoub témoigne de l’acharnement particulier de la préfecture du Pas-de-Calais. Accueilli dans un foyer pour mineurs, donc reconnu comme tel, il choisit de reprendre la route vers le Royaume-uni. Arrêté à Calais, il se déclare majeur, croyant être libéré plus vite. Il est placé en rétention pour être expulsé vers le Soudan. Pour contourner la jurisprudence des tribunaux du Pas-de-Calais qui annulent les décisions d’expulsion vers les pays comme le Soudan, il est transféré au centre de rétention de Oissel, près de Rouen, où les tribunaux jugent différemment. Malgré tout, il est finalement libéré. La préfète du Pas-de-Calais, passant par-dessus la décision du tribunal, prend un nouvel arrêté de placement en rétention et l’envoie cette-fois à Plaisir, dans les Yvelines. Le tribunal administratif de Versailles annule ce nouvel arrêté au nom de l’autorité de la chose jugée par le tribunal de Rouen. Mohammed Yacoub est donc libre, et choisit de demander l’asile en France.

À Marseille, Ahmad Ali, qui avait échappé à l’expulsion en refusant d’embarquer dans l’avion (voir ici et ), vient d’obtenir l’asile en France. Il est encore poursuivi pour ce refus d’embarquement (voir ici et ), qui est un délit en droit français (« soustraction à une mesure de reconduite à la frontière »), mais sa reconnaissance comme réfugié met en lumière à la fois la légitimité de ses craintes en cas d’expulsion, qui l’ont conduit à refuser d’embarquer, et l’illégitimité de son placement en rétention alors qu’il venait d’arriver en France et n’avait pas eu matériellement le temps ni la possibilité de demander l’asile.

Un message que font circuler les personnes qui le soutiennent :

« Pour celles et ceux qui ont suivi l’affaire de «Ali Ahmad», soudanais  rencontré par Al Manba au CRA de Marseille où la France tentait de  l’expulser après lui avoir réfusé le droit a une demande d’asile dans  des conditions avec au moins une façade équitable, cherchant a  l’expulser par deux fois au Soudan puis à le condamner pour refus  d’obtempérer à une décision de justice, maintenu sous contrôle  judiciaire dans l’attente du rendu de son jugement le 19 juin (la  procureure ayant requis 3 mois fermes, 10 ans d’interdiction de territoire & placement en CRA à la levée d’écrou en vue d’une nouvelle  expulsion) …

Ce même «Ali Ahmad» vient d’être reconnu réfugié par la CNDA !

La CNDA fait un pied de nez à toutes ces décisions obtues des juges  administratifs et judiciaires, à l’OFPRA expéditive en centre de  rétention,

La poursuite pénale va sans doute en prendre conséquence et tomber …

Un peu d’espoir, et un encouragement à continuer à se mobiliser et  soutenir les personnes même dans les impasses les plus profondes de  cette république,

HURRIYA ! »

 

Wilhelm Hammershol : Intérieur.

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