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Les associations dénoncent depuis longtemps les violences dont sont victimes les exilé-e-s. Mais c’est entre 2009 et 2011 que les militants du mouvement No Border ont fait un travail suivi concernant les violences policières. Témoignages, photos, vidéos, documents divers : le Défenseur des Droits tout nouvellement nommé a été saisi sur la base d’un dossier fournit, qu’il a mis un peu plus d’un an à analyser et à conforter par des enquêtes de terrain. La décision qu’il a rendu à l’automne 2012 était accablante pour le gouvernement et la police. Le ministre de l’intérieur de l’époque, Manuel Valls, a nié en bloc et en détail.

En janvier 2015, c’est Human Right Watch qui publie les résultats d’une enquête de terrain sur les violences policières, qui n’ont pas cessé (voir ici et ). Là encore, le ministre de l’intérieur, qui s’appelle maintenant Bernard Cazeneuve, nie en bloc et en détail. Vingt-et-une associations lui répondent, un groupe de Calaisien-ne-s saisissent à nouveau le Défenseur des Droits de faits concernant la période 2012-2014, documentés par No Border et par d’autres acteurs. D’autres éléments sont apportés par des associations comme Médecins du Monde. Le Défenseur des Droits a cette fois rendu un rapport plus global sur la situation des droits des exilé-e-s à Calais, auquel le ministre de l’intérieur a répondu de sa manière habituelle, à quoi le Défenseur des Droits a eu la patience de répondre point par point (voir ici, ici et ).

Maraudes auprès des exilé-e-s, clinique dans l’enceinte du bidonville, puis du centre Jules Ferry à proximité, Médecins du Monde, rejoint par Médecins sans Frontières, sont à une place privilégiée pour constater les effets physiques et psychologiques des violences. Le point d’information juridique créé dans le bidonville par l’Appel de Calais permet lui de faire intervenir des juristes.

Les violences policières n’ont pas cessé. Mais l’apparition de Sauvons Calais à l’automne 2013, puis d’autres groupes d’extrêmes-droites, a été suivie d’une augmentation des agressions contre des exilé-e-s, mais aussi contre des personnes engagées à leurs côté, dont les pouvoirs publics semblent à peine commencer à prendre la mesure.

C’est dans ce contexte que l’Appel de Calais invite à une conférence de presse

demain vendredi 12 février à 11h

au Centre juridique, à côté du théâtre (grand dôme blanc), bidonville de Calais

Voici le communiqué de l’Appel de Calais :

 

« Appel à la Presse

Nous, le Centre juridique installé au coeur du bidonville de Calais (créé à l’initiative de l’Appel des 800, fort de plus de 50 000 signataires), vous convions à une conférence de presse, le vendredi 12 février à 11h dans nos locaux pour vous informer de la montée inquiétantes des agressions gravissimes dont sont victimes les migrants tant de la part de milices que de la police.

Dans le cadre des nos consultations juridiques (plusieurs centaines), nous ont été rapportées de nombreuses plaintes et témoignages (une cinquantaine impliquant plusieurs centaines de victimes) que nous entendons soumettre à la justice dans les plus brefs délais. Au cours de cette conférence de presse, nous vous dévoilerons, cas à l’appui, les lieux, les méthodes employées par les agresseurs et la gravité des blessures subies par les migrants contastées par le corps médical et par nous-mêmes.

L’ampleur des agressions, la nature de leurs auteurs et l’urgence de la situation expliquent la réactivité que nous vous demandons.

Lieu: Centre juridique, à côté du théatre (grand dôme blanc), bidonville de Calais

Date: Vendredi 12 février

Heure: 11h

Contact presse: Marianne Humbersot, chef de mission, 0033 758196857 »