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Une quarantaine de personnes se sont rendues à côté du centre de rétention de Coquelles, près de Calais, où était prévue la manifestation contre les centres de rétention interdite par la préfète du Pas-de-Calais au nom de l’état d’urgence (voir ici, ici et ), avec un pique-nique et des banderoles. Pas seulement pour protester contre les centres d’enfermement et d’expulsion des étrangers, mais aussi exprimer leur refus que la liberté d’expression et de manifestation soit ainsi muselée.

La police a signifié l’arrêté d’interdiction aux personnes présentes et a procédé aux sommations d’usages pour disperser la manifestation. La plupart des participant-e-s se sont éloigné-e-s à ce moment-là, les personnes qui sont restées groupées ont été éloignées par la police de plus en plus loin sur un parking voisin. D’autres personnes sont arrivées entre temps. Il y a eu de nouvelles sommations, et avant la troisième sommation un manifestant qui s’éloignait a été arrêté. Pourquoi lui, pourquoi à ce moment-là, alors qu’il obtempérait à l’injonction de se disperser ? Provocation face à un groupe qui s’obstinait à ne pas être violent et ne donnait pas prise à la violence, simple bêtise, consigne d’en arrêter au moins un ?

La contre-manifestation annoncée par des groupes d’extrême-droite s’est résumée à six personnes arrivées très en retard, qu’on a failli ne pas remarquer, et auxquelles la police ne s’est pas intéressée.

Le manifestant arrêté ayant été transféré au commissariat central de Calais, un rassemblement de soutien s’est constitué devant. La personne arrêtée a été libérée en milieu d’après-midi. Par contre, un des participant au rassemblement, qui avait collé deux autocollants antifa sur un poteau, a été arrêté de manière musclée par trois agents de la BAC (ce qui veut dire Brigade Anti-Criminalité, ce qui situe à-peu-près la proportionnalité de l’action). Certains policiers du commissariat de Calais sont en effet très sensibles quand on touche à l’extrême-droite, et ça fait partie du problème. Sauf que la personne arrêtée s’est avérée mineure, l’interpellation et les suites dans le commissariat avaient été bien musclées, la sagesse policière a voulu qu’elle soit rapidement libérée.

Pour ce jour, les choses en sont restées là. Il n’est pas exclu néanmoins que des personnes puissent être convoquées ultérieurement pour leur participation à ce rassemblement interdit. Il convient donc de rester vigilant-e-s.

En attendant, vous pouvez toujours signer la pétition :

https://www.change.org/p/mme-fabienne-buccio-pr%C3%A9f%C3%A8te-du-pas-de-calais-pour-la-libert%C3%A9-d-expression-%C3%A0-calais

 

Ubu-Jarry

 

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